Rénovation : "Les acteurs locaux ont une carte à jouer", estime Hellio
Aux côtés d'autres professionnels du bâtiment, Hellio participe à la Tournée Rénov'acteurs qui, pour sa seconde édition, quadrillera la France du 19 mars – le lancement a eu lieu à Strasbourg – au 2 juillet – Dax accueillera la dernière manifestation. Au gré des 17 étapes, les organisateurs souhaitent sensibiliser entreprises et exécutifs locaux sur la diversité des modèles économiques de la rénovation énergétique, aussi bien pour le résidentiel collectif que pour les sites tertiaires et les équipements sportifs et culturels.
Bureaux d'études, assistants à maîtrise d'ouvrage, industriels et acteurs de l'énergie sont donc conviés à échanger avec des représentants de la Banque des Territoires (qui porte le programme ÉduRénov), de l'Observatoire national des bâtiments (ONB) ou encore de VTI. "On ne peut pas accomplir de rénovation énergétique sans traiter sérieusement la ventilation", a commenté Éric Fraisse, le directeur général du fabricant de solutions de ventilation.
Selon lui, "isoler un bâtiment sans réfléchir au renouvellement de l'air, c'est prendre le risque de créer de nouveaux désordres et de dégrader la qualité de l'air intérieur". Un constat que partage Louis-Marie Gillier, responsable commercial pour l'habitat collectif chez Hellio, qui détaille à XPair les modalités de ces rencontres axées sur la diversité des financements et des solutions.
XPair : De quel constat est partie la seconde édition de la Tournée Rénov'acteurs ?
Louis-Marie Gillier :
Ces sujets sont toujours d'actualité dans les assemblées générales, c'est pourquoi nous intervenons auprès des syndics pour aider les copropriétaires à mieux saisir les subtilités et les mécanismes de la transition énergétique du bâtiment, comme l'évolution des fiches CEE (Certificats d'économies d'énergie).
"D'une région à l'autre, les réalités diffèrent, les conditions climatiques aussi, les marchés également, de même que les logiques politiques et budgétaires. C'est pourquoi il est nécessaire d'accompagner les pouvoirs publics en place, les opérateurs privés ainsi que le consommateur d'énergie."
Les raisons poussant les propriétaires à passer à l'acte sont nombreuses : l'interdiction de location des passoires thermiques, les économies sur les factures d'énergie, la valorisation du bien immobilier... Les "stop and go" étant cependant très fréquents en la matière, nous devons informer les ménages et les syndics, ainsi que les AMO sur des sujets plus complexes.
Les contraintes étant donc en constante évolution, notre but, en tant que tiers de confiance et prestataire externe, est d'inviter les particuliers et les professionnels à prendre du recul sur le sujet, en actant certes le besoin ou l'envie de rénover le parc, mais en sachant exactement où, quand et comment se situer vis-à-vis des travaux.
Souscrivez-vous au discours estimant que la balle de la politique de la rénovation est désormais dans le camp des collectivités et plus vraiment dans celui de l'État ?
L.-M. G. :
D'une région à l'autre, les réalités diffèrent, les conditions climatiques aussi, les marchés également, de même que les logiques politiques et budgétaires. C'est pourquoi il est nécessaire d'accompagner les pouvoirs publics en place, les opérateurs privés ainsi que le consommateur d'énergie.
Donc oui, Hellio s'inscrit véritablement dans cette logique selon laquelle les clés du problème sont dans les territoires : les acteurs publics et privés locaux ont une carte à jouer et des aides locales existent déjà. Il faut s'en saisir et aller à la rencontre des gens !

La carte des étapes de la Tournée Renov'acteurs à laquelle participe Hellio. © Hellio
Si chaque région et collectivité a sa propre réalité de la rénovation, on ne peut donc pas aborder le problème de la même façon entre une métropole et une ville moyenne, voire un village...
L.-M. G. : La tournée s'arrêtera dans des villes de toutes tailles, des grandes agglomérations comme des petites villes, pour avoir une vision globale sur la situation. Elle devrait en réalité s'étendre jusqu'à la fin de l'année afin de couvrir l'ensemble du territoire.
"Dans les régions rurales, la difficulté réside dans le fait de trouver des acteurs qui peuvent se déplacer pour réaliser des diagnostics ou des travaux, car les prestations des professionnels sont plus complexes et/ou plus onéreuses quand ils doivent se rendre chez des particuliers habitant des lieux isolés."
Clairement, les accompagnements sont très différents selon les typologies de villes et les pouvoirs politiques en place. Car ce n'est pas tant une question de taille d'agglomération mais bien d'engagement politique, certaines villes étant très proactives sur ces questions et impulsant le mouvement, par exemple en créant un réseau, en proposant des aides locales incitatives…
On constate une différence entre les villes ayant la volonté de faire et celles qui ne l'ont pas. L'enjeu de ces rencontres est donc d'aller dans des territoires reculés, qui peuvent éventuellement parfois avoir une peur du changement, ou du moins une défiance à l'égard de ces sujets.
Dans ces régions, la difficulté réside dans le fait de trouver des acteurs qui peuvent se déplacer pour réaliser des diagnostics ou des travaux, car les prestations des professionnels sont plus complexes et/ou plus onéreuses quand ils doivent se rendre chez des particuliers habitant des lieux isolés.
Les acteurs ont parfois du mal à être réactifs dans certains territoires. Dans les centres anciens, les difficultés à entreprendre des travaux se cristallisent aussi sur des problématiques patrimoniales ou d'aménagement, comme le stationnement. Il faut donc avoir toutes les cartes en main pour accompagner cette transition.
Avez-vous volontairement choisi la date du 19 mars, durant l'entre-deux tours des élections municipales, pour lancer la tournée ?
L.-M. G. : La volonté de mobiliser les pouvoirs publics a toujours été très forte et nous sommes soutenus par de nombreuses personnalités politiques, comme le député Lionel Causse, qui accueillera d'ailleurs le point d'orgue de la tournée le 2 juillet à Dax.
Cela a du sens que l'évènement s'élance pendant les deux tours des élections municipales car il permettra de sensibiliser à ces questions aussi bien les exécutifs reconduits que les nouvelles équipes. On n'est pas sur la même dynamique en fonction des configurations politiques.
Dans un contexte d'attrition des finances publiques, d'où doivent venir les financements de la rénovation énergétique ?
L.-M. G. : Il y a deux grandes dynamiques : le financement des opérations par geste, qui mobilise les CEE ou certaines aides locales (pour la prise en charge du DTG – Diagnostic technique global – par exemple), et les subventions publiques qui peuvent être complétées par des aides privées, comme les CEE. Tous les acteurs œuvrent pour combler ou s'additionner aux financements parfois insuffisants, particulièrement les établissements bancaires, qui peuvent proposer des éco-prêts à taux zéro ou des prêts collectifs.
Je pense aussi à Vasco, une start-up qui contribue au financement lors de rénovations ambitieuses, ce qui permet à des ménages modestes de s'engager dans leur projet sans être contraints de revendre leur logement par la suite. Avec d'autres, nous essayons donc de mettre en avant le tiers financement car les acteurs de la rénovation doivent le moins possiblement freinés sur le nerf de la guerre. Pour cela, ils peuvent faire appel à un écosystème existant et porteur d'un grand nombre de solutions, déjà en mesure de répondre au cas par cas aux besoins des ménages.
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