Legrand met les watts sur les data centers
À l'image d'autres acteurs, Legrand se branche sur le marché des centres de données... depuis déjà un certain temps. Le spécialiste historique des interrupteurs compte parmi sa huitaine de filiales une entité baptisée Legrand Data Centers Solutions (LDCS), dont le directeur pour la France, Sébastien de Bazin, a présenté à la presse l'activité de sa structure lors d'une visite du Campus Legrand à Bagnolet (Seine-Saint-Denis).
LDCS est en charge de la commercialisation pour le marché français des solutions pour les centres de données et salles blanches. Et sa part dans la croissance du groupe ne cesse de progresser : Legrand, qui emploie 38.000 salariés dans 90 pays et dispose de 115 sites industriels et points de vente dans 170 pays, affichait un chiffre d'affaires groupe 2025 de 9,5 milliards d'euros, répartis entre 38 % pour l'Europe et 42 % pour les Amériques, les 20 % restants étant captés par le Sud global. Les USA constituent son premier marché, fortement tiré par... les data centers.

Des chemins de câbles proposés par Legrand dans son offre pour data centers, dans la salle d'exposition de son campus à Bagnolet (Seine-Saint-Denis). © Corentin Patrigeon pour XPair
Alimentation électrique, refroidissement et connectivité
Et la tendance n'est pas près de s'arrêter : rien que depuis janvier 2026, Legrand a réalisé quatre acquisitions, uniquement dans le domaine des data centers (DC) : TES, une société britannique spécialisée dans les conteneurs de puissance quasi-exclusivement dédiés aux DC ; Keydak, spécialiste chinois des racks ; le brésilien Greenforty ; et Krastos Industries, une entreprise américaine fabriquant des armoires de puissance pour DC. "Le DC reste avant tout un bâtiment", rappelle Sébastien de Bazin.
"Nos clients annoncent de plus en plus des constructions de data centers tout en voulant aller de plus en plus vite. Nous proposons donc de la construction modulaire avec des conteneurs de puissance contenant l'essentiel de la chaîne électrique, assemblés en usine puis raccordés pour pouvoir ensuite construire un DC sous 12 à 18 mois. En 2025, Legrand a procédé à une dizaine d'acquisitions dont au moins une demi-douzaine dans les DC, ce qui prouve que cette activité contribue à notre croissance externe."
Pour les équipes de LDCS, un DC a besoin de résoudre trois problématiques : l'alimentation électrique continue et de qualité, le refroidissement car les serveurs génèrent beaucoup de chaleur, et la connectivité par la fibre. Des transformateurs fabriqués par l'italien EDM, acquis il y a 20 ans, aux armoires de distribution ou TGBT (tableaux généraux basse tension), en passant par les gaines à barre (ou canalisations électriques préfabriquées), sans oublier les onduleurs ou solutions ASI (pour alimentation sans interruption), le fabricant limougeaud est en mesure d'apporter une réponse sur l'ensemble de la chaîne de valeur d'un centre de données.

Legrand propose aussi des solutions de production et de distribution d'énergie jusqu'à 6.300 A. © Corentin Patrigeon pour XPair
Croissance des besoins en froid
"Nous sommes historiquement implantés dans la distribution électrique, mais nous avons racheté il y a trois ans une société proposant des solutions de refroidissement de haute densité. Nos équipements sont désormais connectés à des outils de production d'eau glacée car les grosses unités de climatisation sont peu efficaces pour refroidir des serveurs", détaille le patron de LDCS.
La filiale est consciente que les data centers vont être de plus en plus puissants, donc de plus en plus gourmands en énergie, et auront donc de plus en plus besoin de refroidissement. "D'ici 3-4 ans, un DC pourrait accueillir 1 gigawatt de puissance", avance Sébastien de Bazin.
"Des annonces ont eu lieu sur l'installation de 3.000 à 4.000 MW supplémentaires au cours des prochaines années. Tous les projets ne se feront pas mais beaucoup sont lancés. Tous sont consommateurs d'énergie et nous avons les solutions pour : Legrand est aujourd'hui capable de fournir l'intégralité des équipements pour DC, sauf le faux-plancher !"

La température intérieure d'un centre de données est généralement d'environ 20 °C, car un serveur qui a trop chaud s'arrête de fonctionner, même s'il est conçu pour travailler jusqu'à 28 °C. En théorie, un DC pourrait donc tourner à 27 °C. © Corentin Patrigeon pour XPair
Vers un PUE de 1,5... voire de 1 ?
L'évolution des besoins en froid est scrutée de près par les équipes de LDCS : la température intérieure d'un centre de données est généralement d'environ 20 °C, car un serveur qui a trop chaud s'arrête de fonctionner, même s'il est conçu pour travailler jusqu'à 28 °C. En théorie, un DC pourrait donc tourner à 27 °C.
"La température est à la fois un choix de l'exploitant et une demande du client", reprend Sébastien de Bazin. "Les calculs de haute densité vont générer plus de chaleur donc il faudra dimensionner des climatisations de plus grande capacité."
"Dans un DC d'1 MW, on aimerait qu'1 MW aille vers l'informatique, mais on a actuellement un PUE (Power Usage Effectiveness, ou indicateur d'efficacité énergétique) de 2, c'est-à-dire que 500 kilowatts partent vers les serveurs et les 500 autres vers les services (climatisation, sécurité...). L'objectif de tout fabricant et de tout opérateur est de réduire le PUE, en visant idéalement 1, autrement dit que 100 % de la puissance soit dédiée aux serveurs, ce qui est aujourd'hui techniquement impossible. Pour un DC efficace, on espère déjà parvenir à un PUE autour de 1,5."
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