Municipales : S&P déplore que la QAI soit la "grande absente des programmes"

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 18 mars 2026
© iStock/tiero
Une salle de classe dans une école municipale.
COLLECTIVITÉS. À l'occasion des élections municipales, l'industriel spécialisé dans les solutions de ventilation a sondé des responsables politiques de tous bords sur les enjeux liés à la qualité de l'air intérieur... et constate que le sujet passe assez souvent à la trappe.

"La qualité de l'air intérieur passe encore trop souvent sous les radars. Pourtant, c'est notre santé qui est en jeu au quotidien." Le constat dressé par Léandre Roumagnac, maire de Villariès en Haute-Garonne, et relayé par Soler et Palau France, montre que la ventilation est "la grande absente des programmes" politiques. À l'occasion des élections municipales, l'industriel spécialisé dans les solutions de traitement de l'air a sondé des responsables de tous bords sur les enjeux liés à la QAI.

Alors que le coût annuel de la pollution de l'air est estimé à 19 milliards d'euros par l'OQEI (Observatoire de la qualité des environnements intérieurs), et que Santé Publique France considère qu'elle provoque 40.000 décès prématurés chaque année, les débats semblent ignorer cette problématique, dont les conséquences à l'échelon local sont pourtant loin d'être négligeables. "Sept millions d'élèves fréquentent chaque jour les 45.000 écoles françaises, où plus de 9 salles de classe sur 10 dépassent les recommandations de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) en particules fines", pointe S&P.

Rénovation doit rimer avec ventilation

Au-delà des crèches et établissements scolaires, les équipements sportifs, les EHPAD (Établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou encore les bâtiments administratifs sont eux aussi concernés par la dégradation de l'air intérieur et ses répercussions, qui peuvent aller d'une baisse de la concentration ou de maux de tête, à des troubles respiratoires plus sévères, voire à des maladies chroniques. Pour la directrice marketing et communication de S&P France, Marion Boisset, "on ne peut pas faire reposer la QAI sur un simple geste humain".

D'après elle, "les fenêtres ne sont ni ouvertes au moment opportun ni à la fréquence nécessaire pour des raisons évidentes de confort thermique. Il est de la responsabilité des collectivités de mettre en place des solutions pérennes et automatisées." Afin de combler cet "angle mort" des politiques publiques sanitaires, et à l'heure où de nombreuses écoles sont rénovées dans le cadre du programme national Édurénov', le fabricant appelle les exécutifs locaux à ne pas perdre de vue que, "sans renouvellement d'air maîtrisé, l'amélioration thermique, paradoxalement, dégrade la QAI".

Obligations réglementaires

D'autant que la réglementation impose déjà, avec le décret du 27 décembre 2022, une surveillance renforcée de la QAI dans les ERP (établissements recevant du public), quand le décret tertiaire fixe pour sa part des objectifs de réduction des consommations énergétiques. Mais les élus interrogés reconnaissent qu'il manque de moyens et d'accompagnement : "On ne sait pas toujours ce qui est obligatoire, à quelle échéance et avec quels moyens financiers", admet la maire de Choisey, dans le Jura, Hélène Thévenin. "Il y a encore beaucoup de travail de sensibilisation à faire auprès des élus."

Alors que le second tour des élections municipales se tient ce 22 mars, S&P France propose aux candidats et élus "trois engagements" : la réalisation d'un audit de QAI des bâtiments publics, l'intégration systématique de la ventilation dans les projets de rénovation énergétique, et la formation des élus et services techniques à ces enjeux ainsi qu'aux solutions existantes. Selon l'industriel, les systèmes double-flux les plus performants permettraient de récupérer "jusqu'à 92 % d'énergie" et génèreraient "20 à 30 % d'économies sur les besoins de chauffage ou de rafraîchissement".


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