Pompes à chaleur : "Le problème n'est pas la capacité industrielle mais l'accompagnement de la demande"

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 20 juillet 2026
© iStock/olrat
Le ministère de l'Économie et des Finances.
POLITIQUE. Le ministre de l'Industrie Sébastien Martin a réuni la filière CVC à Bercy afin d'étudier la manière dont sa production de PAC pourrait monter en puissance, dans un contexte où la multiplication des canicules fait bondir la demande en solutions de rafraîchissement.

La filière CVC aura-t-elle les moyens de rafraîchir les Français qui suffoquent sous les vagues de chaleur successives ? C'est pour tenter de répondre à cette question que le ministre de l'Industrie Sébastien Martin a réuni les acteurs des équipements thermiques ce 20 juillet à Bercy, dans un contexte où la multiplication des canicules fait bondir la demande en solutions de rafraîchissement, et que l'offre asiatique constitue pour l'heure quasiment le seul débouché sur le marché.

À l'issue de son entrevue avec les industriels du génie climatique, le locataire de Bercy a d'abord commencé par rappeler que l'outil industriel en la matière est déjà bien implanté dans l'Hexagone. "Nous avons des savoir-faire très importants, une base industrielle très importante dans notre pays, qui sait produire des équipements thermiques produisant aussi bien du chaud que du froid", a affirmé Sébastien Martin.

Remplacer les radiateurs par des ventilo-convecteurs et des planchers chauffants-rafraîchissants

Et de citer l'exemple "des équipements tertiaires et industriels, des grandes surfaces, des services publics, des grands bâtiments", des segments de marché sur lesquels "un peu plus de 5.000 salariés travaillent dans plusieurs grandes entreprises françaises et sont capables de produire des unités de pompes à chaleur, et donc de climatiser des grands lieux collectifs".

Après avoir décidé de faire de la PAC l'alpha et l'oméga de la rénovation énergétique et de l'électrification du bâtiment, le Gouvernement entend donc développer les capacités de production des constructeurs vers les modèles air-eau réversibles afin d'arroser l'ensemble du parc. D'après le ministre, "cela peut se faire dès lors qu'on remplace nos radiateurs par des ventilo-convecteurs, des équipements qui vont utiliser l'eau qui a été rafraîchie pour produire de l'air froid. Ou bien quand on a des planchers chauffants-rafraîchissants : de la même manière, la PAC pourra faire circuler de l'air froid et donc produire de la fraîcheur dans ces équipements."

Paris veut aussi s'attaquer à la domination écrasante des fabricants asiatiques sur la PAC air-air, considérée comme un marché "à accompagner et à structurer puisqu'on parle d'une grosse dizaine de milliers d'unités qui sont produites en France, quand le marché français aujourd'hui est autour de 800.000, et en Europe quasiment de 9 millions". Industriels et pouvoirs publics ont donc convenu d'ouvrir trois chantiers pour rectifier le tir.

"Il s'agit de produire mais ensuite il s'agit d'installer"

D'abord, plancher sur les évolutions réglementaires "qui seraient nécessaires pour faciliter l'installation de PAC air-air mais surtout le déploiement de ces outils industriels". Ensuite, pousser "les outils financiers incitatifs", tel que le crédit d'impôt industrie verte. Enfin, structurer l'ensemble de la filière CVC, du fabricant à l'artisan, "puisqu'il s'agit de produire mais ensuite il s'agit d'installer".

Dès la rentrée de septembre, la DGE (Direction générale des entreprises) se penchera avec les constructeurs sur ces trois dossiers, a indiqué Sébastien Martin. "Nous sommes loin de partir de rien dans notre pays", a encore insisté le ministre. "La question maintenant est de travailler pour conforter ces équipements, pour continuer à mettre des équipements produits en France", en construction comme en rénovation.

Interrogé sur la manière d'atteindre l'objectif fixé par l'Équipe de France de l'électrification de produire 1 million de pompes à chaleur par an en France d'ici à 2030, quand la production actuelle tourne autour de 400.000, avec une pointe possible à 500.000, le locataire de Bercy a néanmoins tenu à recentrer le débat. "Le problème n'est pas tellement la capacité industrielle, le problème est l'accompagnement de la demande."

Ajoutant : "C'est d'ailleurs la raison pour laquelle le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a maintenu les aides MaPrimeRénov' sur les PAC et que, dans le cadre des rénovations globales, une PAC est quelque chose d'extrêmement intéressant." L'explosion des ventes de climatiseurs mobiles – importés de Chine – suite aux canicules successives, présentée par l'exécutif comme "une réponse très conjoncturelle", doit donc être remplacée par "une vraie réponse structurelle", à savoir permettre au plus grand nombre de Français d'installer une PAC réversible.


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