"La PAC est stratégique" : le Gouvernement adoube une filière dans les starting-blocks

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 20 mai 2026
© Corentin Patrigeon pour XPair
Maud Bregeon, ministre de l'Énergie et porte-parole du Gouvernement, lors de la Journée de la pompe à chaleur, le 20 mai 2026 à Paris.
MARCHÉ. La filière de la pompe à chaleur espère faire du plan gouvernemental d'électrification un tremplin pour sa technologie dont les ventes sont en berne. Conviée à la Journée de la PAC organisée par l'AFPAC, la ministre de l'Énergie a appelé à opérer "une transition culturelle" en matière de confort thermique.

C'est l'heure de la consécration pour la pompe à chaleur. Du moins, c'est ce qu'espèrent les professionnels de cette filière sous les feux de la rampe depuis la présentation du plan gouvernemental d'électrification des usages, réunis ce 20 mai à Paris à l'occasion de la Journée de la pompe à chaleur, organisée par l'Association française pour la pompe à chaleur (AFPAC).

Fabricants, prescripteurs et installateurs se sont ainsi donné rendez-vous pour échanger autour des derniers développements de cette technologie appelée à prendre du galon dans le contexte actuel de crise énergétique engendrée par le conflit au Moyen-Orient.

La PAC "au cœur" du plan d'électrification

Pour François Deroche, à la tête de l'AFPAC, "les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus de 7 millions de PAC sont installées en France, en résidentiel comme en tertiaire, soit "un parc significatif témoignant de la maturité de la technologie". Le responsable estime que la PAC fait aujourd'hui l'objet d'un "consensus large" et qu'elle est appelée, en étant "au cœur" du plan d'électrification, "à devenir la solution" pour décarboner le chauffage des bâtiments.

"La PAC n'est pas une option parmi d'autres, elle est le pilier central de l'efficacité énergétique."

- François Deroche, président de l'Afpac

Celui qui occupe aussi le poste de directeur marketing de Daikin France reconnaît cependant que l'ambition industrielle affichée "suppose une filière structurée, crédible". C'est pourquoi cette dernière mise sur le lancement du Cepac, le Centre d'expertise des pompes à chaleur, pour incarner "un lieu de référence technique et de montée en compétences des installateurs, fondé sur des données et des expertises".

Et ce n'est pas la ministre de l'Énergie et porte-parole du Gouvernement, Maud Bregeon, qui va lui donner tort. Invitée à la tribune de l'évènement, la représentante de l'exécutif a clairement assumé le choix des pouvoirs publics en faveur de tous les segments de cette technologie, des unités air-eau aux systèmes géothermiques en passant par les configurations air-air.

Retrouver de l'élan

"Au-delà du choix d'une technologie, c'est bien le choix d'une stratégie dont il est question. La PAC est stratégique, pour le pouvoir d'achat des Français et pour une transition vers une économie bas-carbone. Le contexte international le rappelle avec force : nous dépendons encore trop des combustibles fossiles importés. Et cette crise n'est pas la dernière que nous traverserons", a déroulé la locataire de Bercy.

Rouage majeur du plan d'électrification, la pompe à chaleur a ainsi été une nouvelle fois présentée comme "une technologie mature et éprouvée", chiffres de l'étude de l'Ademe (Agence de la transition écologique) à l'appui.

"Chaque chaudière fossile installée aujourd'hui crée une dépendance pour les 20 prochaines années."

- Maud Bregeon, ministre de l'Énergie

"Nous sommes le premier pays européen en termes de capacités de déploiement. Mais la dynamique a ralenti : 180.000 PAC air-eau ont été installées en 2024 contre 300.000 en 2023. Nous avons perdu de l'élan. Il faut donc réimpulser de la confiance pour atteindre 1 million de PAC installées en 2030. Nous devons accélérer, grâce aux aides significatives mises en place par le Gouvernement", a poursuivi Maud Bregeon.

La ministre a aussi profité de l'occasion pour tacler les "nombreuses fausses informations" qui circuleraient sur la PAC, notamment sur leurs nuisances sonores, tout en reconnaissant que "le principal frein reste le coût d'investissement".

"Pas 1 € d'argent public" pour les systèmes autres qu'électriques

Le lancement de "l'offre intégrée", assimilée à une sorte de leasing (location longue durée) pour les PAC à l'image du leasing existant pour les véhicules, devrait permettre, d'après la ministre, à un ménage modeste voire très modeste de "rembourser chaque mois l'investissement de la PAC", en bénéficiant "d'une offre clés en main d'une durée de trois ans, avec une facture unique et sans hausse".

Lancé en avril dans la foulée du plan d'électrification, l'appel à contributions sur cette offre devrait céder sa place à un appel à projets début juin, "pour une sélection en juillet et un lancement au plus tard en octobre". De même, Maud Bregeon a confirmé que "les aides CEE (Certificats d'économie d'énergie) à l'acquisition de PAC seront conditionnées à partir du 1er septembre à des critères de préférence européenne".

Autant d'éléments qui doivent permettre à la pompe à chaleur de "remplacer rapidement la chaudière à gaz en France". Car c'est bien "une transition culturelle" que les pouvoirs publics veulent opérer en matière de confort thermique : "Chaque chaudière fossile installée aujourd'hui crée une dépendance pour les 20 prochaines années. Pas 1 € d'argent public ne doit soutenir l'installation ou la rénovation d'un système fossile, ce serait un contre-sens", a prévenu la locataire de Bercy.


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