Chauffage : la filière pellet présente un plan alternatif pour décarboner la chaleur

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 21 juillet 2026
© iStock/Rafa Jodar
Illustration du remplissage d'une chaudière biomasse avec des granulés de bois.
BIOMASSE. Alors que MaPrimeRénov' ne pourra plus financer l'installation de chaudières et poêles à granulés de bois en monogeste au 1er septembre, l'association Propellet publie une dizaine de mesures censées accélérer la transition énergétique du chauffage, en complément du plan d'électrification.

Vent debout contre la fin de MaPrimeRénov' (MPR) pour l'installation de chaudières et poêles à granulés de bois en monogeste prévue au 1er septembre 2026, la filière du pellet a décidé de présenter son propre plan alternatif de décarbonation de la chaleur. Par la voix de Propellet, l'association nationale des professionnels du chauffage au granulé de bois, une dizaine de propositions ont ainsi été publiées pour insister sur l'aspect renouvelable et compétitif d'une énergie déjà déployée dans 2 millions de foyers – sur 7,5 millions se chauffant au bois – et 3.000 chaufferies collectives.

"On ne peut pas dire qu'une énergie a sa place dans la PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie) et supprimer, la même année, les aides qui permettent aux Français d'y accéder", fustige son délégué général, Éric Vial. Selon lui, l'alternative proposée par la filière repose sur "des solutions concrètes pour que la sortie des énergies fossiles ne se fasse pas au prix de l'exclusion de millions de foyers". Les aides MPR en faveur des systèmes à granulés de bois ont déjà été rabotées de 30 % une première fois en 2024, puis encore de 30 % en 2025.

En 2026, le dispositif a été supprimé pour les chaudières biomasse, et cette suppression devrait s'étendre aux poêles à la rentrée de l'automne. La valorisation des CEE (Certificats d'économies d'énergie) pour les chaudières biomasse a en parallèle été divisée par trois durant l'été 2025. "Cette trajectoire budgétaire entre en contradiction directe avec la PPE 3, qui reconnaît explicitement la nécessité de soutenir, au moyen d'aides ciblées, le remplacement des appareils bois anciens par des équipements modernes ainsi que la substitution des chauffages carbonés par des solutions renouvelables", interpelle Propellet.

Garantir "une vraie comparaison des solutions"

Pour l'association, "cette question se pose avec d'autant plus d'acuité que la pompe à chaleur, seule solution désormais soutenue en monogeste, n'est pas pertinente pour tous les bâtiments ni pour tous les climats : réseaux de chauffage haute température, contraintes de raccordement électrique, configuration du bâti ancien, zones rurales isolées..." D'où ses 10 propositions "transversales" articulées autour de la décarbonation de trois parcs bâtis – résidentiel, tertiaire et public – et de la neutralité carbone du secteur industriel.

Les professionnels du pellet préconisent donc de refaire du chauffage au bois performant une priorité dans la PPE, tout en privilégiant les usages performants de la biomasse forestière et en rétablissant "une équité de traitement" dans les aides publiques à la rénovation du chauffage. En complément, les financements issus des fiches CEE pour les chaudières biomasse pourraient être revalorisés, et l'audit énergétique pourrait évoluer de sorte à garantir "une vraie comparaison des solutions".

Intégrer la filière pellet aux instances de l'État

Propellet demande par ailleurs de relancer une campagne nationale sur le bon usage et le remplacement des appareils anciens. De même, elle plaide pour que la filière du chauffage au granulé de bois soit intégrée aux instances consultatives et décisionnaires de l'État. Elle recommande enfin d'accompagner les différents secteurs en créant des offres dédiées au remplacement des chaudières fossiles, aussi bien en résidentiel individuel que collectif, que dans les bâtiments publics et tertiaires, et qu'auprès des industriels pour les inciter à remplacer leurs installations au gaz ou au fioul.

"La France a besoin d’un plan d’électrification. Elle a aussi besoin d’un plan de décarbonation de la chaleur. Non pas pour opposer les solutions, mais pour réussir la sortie des énergies fossiles au plus vite dans toute la diversité des usages réels. Chauffage électrique, PAC, réseaux de chaleur et granulé de bois ont vocation à être mobilisés selon les besoins réels de chaleur, les territoires et les contraintes techniques, et non selon des arbitrages budgétaires de court terme", conclut Propellet.


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