Canicule : au CHU de Montpellier, le plafond remplace la climatisation
Un plafond pour remplacer la climatisation.
Pour Thierry Estienne, chargé de la rénovation et de la prescription chez Thermacome, l’opération est significative : "Avec 137 chambres, nous sommes sur un chantier hospitalier important. Jusqu’ici, nous étions plutôt sur des opérations d’une dizaine de chambres." Le principe est proche de celui d’un plancher chauffant : des tubes intégrés dans des dalles en polystyrène revêtues d’aluminium font circuler de l’eau chaude en hiver et de l’eau rafraîchie en été.
Mais la pose au plafond permet d’obtenir "jusqu’à deux fois plus de capacité de rafraîchissement qu’un plancher", explique Thierry Estienne. Le système diffuse l’essentiel de la chaleur ou de la fraîcheur par rayonnement, sans soufflage d’air. Dans des chambres accueillant des personnes âgées ou fragiles, cet aspect est central.

Les collecteurs dans les placards techniques alimentant les chambres du futur pôle médical. © Thermacome
Une centrale de traitement d’air reste nécessaire
"Le domaine hospitalier impose des conditions d’hygiène plus sévères. Depuis le Covid, les établissements sont encore plus attentifs à ces questions", souligne-t-il. L’absence de ventilateur et de courant d’air limite la remise en suspension des poussières, allergènes et micro-organismes. Elle évite aussi les filtres à entretenir.
Le confort ressenti constitue l’autre enjeu. Pour des patients souvent allongés et sensibles à la climatisation, la fraîcheur est perçue directement par le corps, sans zone froide ni souffle désagréable. L’intégration au plafond libère par ailleurs les murs et le sol pour les équipements médicaux et les déplacements.
Le plafond ne remplace toutefois pas totalement le traitement de l’air. Une centrale de traitement d’air (CTA) reste nécessaire pour renouveler l’air et retirer l’humidité. "Environ 90 % du travail de rafraîchissement est assuré par le plafond. La CTA vient compléter le dispositif et garantir la qualité de l’air intérieur", précise Thierry Estienne.

La pose d'un plafond chauffant-rafraîchissant doit aussi prendre en compte les rails servant à lever les patients. © Thermacome
Une réponse aux canicules et aux contraintes énergétiques
L’eau utilisée, comprise entre 16 et 18 °C en été et à basse température en hiver, améliore le rendement des pompes à chaleur. "La climatisation doit aussi condenser l’humidité de l’air, ce qui consomme de l’énergie. Avec le rayonnement, le confort est meilleur sans avoir besoin de pousser les consignes", affirme Thierry Estienne. Or, rappelle-t-il, "un degré supplémentaire en chauffage représente environ 7 % de consommation en plus".
Enfin, le système répond aux contraintes d'un chantier hospitalier. Cent mètres carrés peuvent être posés en une journée par deux personnes, sans temps de séchage et sans réseau de gaines volumineux. En rénovation, il peut aussi être installé pièce par pièce. Un atout alors que les vagues de chaleur obligent les établissements de santé à revoir leur confort d’été. L’ouverture du nouveau pôle médical est prévue au second semestre 2027.
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