MaPrimeRénov' : nouveau coup de rabot pour plusieurs gestes à partir de la rentrée

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 29 juin 2026
© iStock/Bilanol
Des travaux d'isolation dans le cadre du chantier de rénovation énergétique d'une maison.
POLITIQUE. Le dispositif d'aide à la rénovation énergétique va voir une part de son budget gelée à compter du 1er septembre, réduisant ainsi les gestes éligibles. Plusieurs acteurs dénoncent "un signal désastreux" après une canicule historique qui a durement éprouvé les logements.

La nouvelle tombe mal après deux semaines d'une canicule historique qui a illustré l'impréparation de notre parc résidentiel à la surchauffe estivale. Dans la foulée de l'annonce du rabotage de 163 millions d'euros du Fonds vert, un dispositif censé aider les collectivités territoriales à financer leurs projets de transition écologique et d'adaptation au changement climatique, le Gouvernement confirme geler 284 millions d'euros de l'enveloppe de MaPrimeRénov'.

D'après Effy, l'aide sera ainsi limitée aux rénovations d'ampleur et à quelques gestes "simples" à compter du 1er septembre 2026. Concrètement, seront exclus les travaux d'isolation (toiture, combles aménagés ou aménageables, fenêtres), la biomasse (poêles à bois et à granulés, inserts) ainsi que l'eau chaude sanitaire seule (systèmes solaires combinés et autres gestes de chauffage seuls). En revanche, seront maintenus l'installation de pompes à chaleur air-eau et eau-eau (chauffage seul ou chauffage + ECS), le raccordement aux réseaux de chaleur, l'audit énergétique, la dépose de cuves à fioul ainsi que le dispositif Mon accompagnateur rénov' (Mar).

"Après des mois de stop-and-go et de pilotage à vue, c'est un nouveau signal désastreux envoyé à la rénovation énergétique. En prétendant préserver le budget de MPR, le Gouvernement prend le risque de provoquer une ruée de demandes de dernière minute sur les travaux bientôt exclus, avec à la clé un nouvel engorgement du dispositif aussi prévisible que contre-productif", regrette Audrey Zermati, la directrice stratégie du délégataire CEE.

"Si cet arrêt devait être confirmé, il devient urgent que le dispositif des Certificats d'économies d'énergie prenne rapidement le relais", poursuit la responsable, ajoutant qu'"au moment où les vagues de chaleur rendent de nombreux logements invivables, permettre aux Français d'isoler, de mieux chauffer, de rafraîchir et de moins consommer relève de l'urgence nationale".

"Urgence nationale"

Constat partagé par les artisans de la rénovation énergétique. Invité sur France Info, le président de la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment), Jean-Christophe Repon, a lui aussi taclé l'annonce de l'exécutif : "Cette décision relève uniquement d'un choix budgétaire et n'a pas été prise dans l'intérêt des Français. C'est une aberration climatique."

Selon l'organisation, peu de ménages auront les moyens de financer une rénovation globale, et le message envoyé aux particuliers est d'autant plus "paradoxal" que les deux vagues de chaleur que la France a connu depuis la fin mai témoignent d'un besoin urgent d'adapter le bâti.

"En pleine canicule, les Français doivent pouvoir entendre qu'ils ont encore la possibilité d'isoler et de ventiler leur logement avant d'aller plus loin. L'installation des PAC que le Gouvernement ne cesse de privilégier, ne peut intervenir que dans un second temps. Il faut d'abord commencer par isoler avant d'envisager de changer d'énergie", affirme la Capeb sur LinkedIn.

La réduction du budget de MPR passe d'autant plus mal auprès des entreprises que l'artisanat du bâtiment a déjà subi une perte de 1,5 % de son activité en rénovation énergétique depuis plus de deux ans.


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