Mitsubishi Electric entend bien continuer à briller sur le marché de la pompe à chaleur

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 3 juillet 2026
© Corentin Patrigeon pour XPair
De gauche à droite, l'équipe dirigeante de Mitsubishi Electric France : Christophe Haury, directeur division chauffage et climatisation ; Éric Pellerin, directeur général ; Christel Mollé, directeur des affaires publiques ; Pierre-Yves Raketamanga, directeur marketing marché résidentiel ; et Florian Houel, chef de produit senior.
STRATÉGIE. La filiale française de la marque nippone a déroulé sa feuille de route stratégique dans un contexte politique et économique favorable aux solutions électriques. Elle juge l'objectif d'un million de PAC tenable bien qu'ambitieux, et attire l'attention sur d'autres problématiques.

Les trois diamants comptent bien préserver leur éclat sur le marché français. Présent dans l'Hexagone depuis 50 ans, Mitsubishi Electric, 550 salariés au compteur, a rencontré la presse en ce début juillet pour dérouler sa feuille de route stratégique dans un contexte politique et économique favorable aux solutions électriques.

L'occasion, aussi, de mettre sur les points sur les "i" après les débats, parfois enflammés, sur la climatisation, relancés lors de la canicule historique qui a fait suffoquer la France fin juin. "Une pompe à chaleur réversible est un seul produit, faisant du chaud l'hiver et du rafraîchissement l'été", rappelle d'emblée Éric Pellerin, directeur général de la filiale française de la marque nippone.

Soulignant que ses équipes avaient répondu présent à l'invitation du président de la République Emmanuel Macron d'intégrer l'Équipe de France de l'électrification avec l'objectif de produire 1 million de PAC en 2030, le responsable a reconnu que "beaucoup de questions théoriques, voire caricaturales" ont été récemment posées.

"Une nouvelle réalité climatique" du bâtiment

Il était alors devenu visiblement nécessaire de "remettre du concret" dans ce dossier brûlant. "On vient de subir une vague de chaleur très intense, ce qui nous a rappelé que nous devions nous repositionner sur des questions fondamentales comme l'adaptation de nos logements, de nos lieux tertiaires et plus largement de nos lieux de vie, car il y a une nouvelle réalité climatique", déroule Éric Pellerin.

D'après lui, s'ajoutent aux enjeux climatique et énergétique – la réduction de la dépendance aux combustibles fossiles, responsables de l'effet de serre réchauffant notre planète – des enjeux économique et social. "L'adaptation au dérèglement climatique est un enjeu, c'est pourquoi la PAC est devenue essentielle."

Sauf que l'industriel japonais, à l'image de ses concurrents, est bien conscient que le déploiement de cette technologie mature risque de se heurter à un manque de bras chez les installateurs, à des problèmes de qualité de pose et de durabilité de l'installation... et à une instabilité des aides proposées par les pouvoirs publics.

Des unités air-eau produites en Tchéquie et destinées à la France

"Les PAC air-eau ont été clairement pénalisées par les 'stop and go' des dispositifs d'aide à la rénovation énergétique", ajoute le directeur général. Déjà présent sur le continent européen avec des usines en Écosse, en France, en Italie et en Turquie, Mitsubishi Electric estime être en bonne position pour le lancement des bonifications CEE (Certificats d'économies d'énergie) conditionnées au "made in Europe".

"Le chauffage-rafraîchissement doit bien sûr s'inscrire dans une rénovation globale, mais il faut aussi pouvoir gérer les priorités dans le budget d'un ménage."

- Éric Pellerin, directeur général de Mitsubishi Electric France

"Pas besoin donc de réorganiser notre production", affirme Éric Pellerin, d'autant que des projets sont dans les tuyaux. "On produira des PAC air-eau en République tchèque avant janvier 2027 dans une usine existante, dont l'objectif sera de couvrir les besoins du marché français."

Tenir la cadence risque néanmoins de ne pas suffire. "Il y a un besoin d'acculturation sur les PAC. L'objectif d'un million d'unités produites est ambitieux, il n'y a pas cette demande pour l'instant. On peut cependant penser qu'elle va augmenter d'ici à 2030. Je fais confiance aux industriels pour se tenir prêts", analyse le directeur général.

2 millions d'installateurs à trouver pour poser 1 million de PAC

Avant de nuancer : "Là où je suis parfois dubitatif, voire inquiet, c'est sur la capacité à les installer : 1 million de PAC, c'est 2 millions d'installateurs. Il va falloir les trouver. C'est pourquoi il doit y avoir une vision globale sur le sujet, qui touche l'industrie mais aussi la politique du logement, la formation…"

Sur ce point, Mitsubishi Electric dit pouvoir compter sur ses centres de recherche et développement à Nanterre et à Rennes, ainsi que sur "l'écosystème" qu'il a créé au fil du temps avec ses distributeurs et installateurs. Un dispositif que le fabricant juge aujourd'hui "essentiel" pour assurer le contact quotidien avec les utilisateurs finaux.

Si la marque aux trois diamants reconnaît que "la PAC n'est pas la panacée", elle ne conçoit pas pour autant que cette technologie soit exclue de la transition énergétique du secteur du bâtiment, à un moment où les appels à massifier les rénovations d'ampleur se multiplient, tout comme ceux pour conserver les monogestes dans MaPrimeRénov'"La problématique du chauffage-rafraîchissement doit bien sûr s'inscrire dans une rénovation globale, mais il faut aussi pouvoir gérer les priorités dans le budget d'un ménage", conclut Éric Pellerin.


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