Transition : les installateurs refusent le "prosélytisme énergétique" et sonnent la mobilisation

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 4 juin 2026
© Corentin Patrigeon pour XPair
Le président du Synasav, Éric Hernandez, lors du congrès 2026 du syndicat à Paris.
VERBATIM. Lors de son congrès 2026, le Syndicat des entreprises de maintenance en génie climatique (Synasav) a plaidé pour une complémentarité intelligente entre énergies et systèmes. Pour les installateurs, la bataille de la transition énergétique se gagnera si la filière fait bloc.

"Les défis sont nombreux mais les opportunités le sont tout autant." Ces mots prononcés par Cyril Radici, le directeur général du Synasav (Syndicat des entreprises de maintenance en génie climatique), en ouverture du congrès 2026 de l'organisation, ce 4 juin à Paris, résument l'état d'esprit d'une filière qui se veut combattive malgré les vents contraires.

Une philosophie réaffirmée quelques minutes plus tard par le président du syndicat, Éric Hernandez, qui a listé les nombreux chantiers auxquels sont confrontés les installateurs et mainteneurs : objectifs climatiques, contraintes réglementaires, évolution des dispositifs d'aide à la rénovation énergétique – qui "changent plus vite que les températures extérieures" –, difficultés de recrutement, besoin de formation...

"Encore 11 millions de chaudières à entretenir"

Et pourtant, les entreprises de maintenance ont été présentées comme "indispensables à la transition énergétique". Créé en 1966, le Synasav souffle logiquement sa soixantième bougie en cette année 2026. Après avoir rendu hommage aux neuf présidents qui se sont succédé avant lui, Éric Hernandez s'est félicité que ses adhérents puissent aujourd'hui traiter d'un large panel de sujets.

"Nous parlons aujourd'hui pilotage énergétique, thermodynamique, qualité de l'air intérieur, réseaux de chaleur, intelligence des équipements et nouvelles énergies. Mais le cœur de notre métier est le service rendu aux Français, aux bâtiments, à la performance énergétique réelle, à la planète." Le discours du dirigeant du Synasav rejoint ainsi celui des responsables du CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment).

"Nous sommes toutes énergies, tous systèmes et tous territoires : chaudière, solaire, PAC, biomasse… Notre ligne est claire : pas de dogme, pas de prosélytisme énergétique. Parce qu'un bon système est un système adapté au bâtiment, au budget, au territoire et surtout au client", a souligné Éric Hernandez.

Ces derniers, lors de la Journée de la recherche du centre qui se tenait plus tôt dans la semaine, ont clamé la nécessité de faire de la mesure de la performance énergétique réelle la priorité absolue. En revanche, alors que les pouvoirs publics ne jurent plus que par l'électron et la pompe à chaleur, les installateurs, eux, se veulent plus ouverts d'esprit.

"Malgré le plan d'électrification, nous avons encore 11 millions de chaudières à entretenir", a poursuivi Éric Hernandez. Tout en reconnaissant que "le marché de la PAC reste massif malgré les turbulences ; ce n'est plus un marché émergent mais un équipement de masse, et qui dit équipement de masse dit suivi dans le temps et qualification des intervenants".

"Nous avons besoin d'une filière unie"

L'occasion d'insister une nouvelle fois sur le triptyque brandi régulièrement par le Synasav pour bénéficier d'une installation efficace : un bon dimensionnement, une bonne installation et un bon entretien. L'organisation appelle notamment à l'instauration d'un contrôle annuel obligatoire des PAC – contre tous les deux ans actuellement, et sur le modèle des chaudières à gaz – et à la mise en place d'un certificat de conformité sur la qualité de l'installation.

Autant de propositions qui font dire au syndicat que la maintenance "fait partie de la transition énergétique", qui ne pourra être effective "que si elle est acceptable pour les Français". C'est-à-dire qu'elle devra être en mesure de proposer "des solutions confortables et fiables, et des professionnels compétents et de confiance".

Face à un parterre composé d'entrepreneurs du génie climatique, d'industriels, de bureaux d'études et d'associations du secteur, Éric Hernandez a conclu en sonnant la mobilisation : "Les besoins sont immenses, le parc à rénover est colossal, les attentes sociétales progressent et les enjeux de confort d'été s'imposent. Nous avons besoin d'une filière unie car la transition se construira ensemble."


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