Pompes à chaleur : le cadre normatif ne suffit plus à former toute une filière
Depuis plusieurs années, la formation autour des pompes à chaleur s’est structurée autour d’un objectif légitime : sécuriser les installations, homogénéiser les pratiques et accompagner la montée en puissance d’une technologie devenue centrale dans la transition énergétique. Sur le papier, le modèle semblait vertueux. Sur le terrain, il montre aujourd’hui ses limites.
- des installateurs certifiés mais en difficulté sur les dimensionnements,
- des erreurs hydrauliques répétées,
- une dépendance excessive aux préconisations constructeur,
- et une perte progressive de la culture technique globale.
La formation devient alors une obligation administrative, et non un levier de progression professionnelle.
La formation spécialisée : un besoin identifié, une émergence bloquée
"L’innovation et la progression technique viennent souvent du terrain, des installateurs qui expérimentent, corrigent, adaptent. Lorsque ces profils ne trouvent pas d’espace de formation adapté, la compétence collective stagne."
Des méthodes de formation à repenser en profondeur
- descendante,
- théorique,
- déconnectée du retour chantier,
- organisée autour de ceux qui "savent déjà",
- et surtout attractive si remboursée, ce qui neutralise totalement l’effet attendu.
Ce fonctionnement crée un effet pervers : l’accès à la montée en compétence devient implicitement réservé aux "gens autorisés", à ceux qui appartiennent déjà aux bons réseaux ou aux bons circuits.
Et la méthode Qualiopi qui s’occupe de tout sauf du contenu est grandement responsable. Il n’y a qu’à voir les aberrations sur l’accessibilité, qui relève tous les défis de la pesanteur. "- Qu’avez-vous prévu pour les personnes à mobilité réduite dans le cadre de votre formation à l'installation de capteurs solaires ? - Bah rien, avez-vous déjà vu des gens en fauteuil roulant sur une toiture ?"
Revenir à l’objectif initial : former pour mieux installer
- passer d’une formation de conformité à une formation de compétence,
- valoriser les parcours spécialisés,
- ouvrir l’accès aux savoirs techniques avancés,
- accepter que la formation puisse aussi remettre en question les pratiques établies.
Former ne doit pas servir à reproduire un modèle existant. Former doit permettre de le faire évoluer.
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