Entre MaPrimeRénov' et le RGE, le bâtiment oscille entre colère et satisfaction
Des messages contradictoires : voilà ce qu'une majorité de professionnels du bâtiment pensent des coups de rabot sur le Fonds vert et MaPrimeRénov' décidés par le Gouvernement, quand le même exécutif évoque de nouvelles mesures d'adaptation à la surchauffe estivale après deux semaines d'une canicule historique.
La CAPEB (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment) juge ainsi que la suppression de nombreux gestes éligibles à MPR à compter du 1er septembre relève d'"un choix budgétaire incompréhensible", alors que les deux dernières vagues de chaleur ont illustré l'impréparation du parc bâti.
"Le pire ennemi de la rénovation, ce n'est pas le monogeste. C'est l'absence de travaux. Si l'on demande aux Français de tout faire d'un coup, beaucoup renonceront tout simplement à rénover leur logement. Il faut leur permettre d’entrer dans la rénovation par un premier geste utile, puis de poursuivre dans le temps", déclare Jean-Christophe Repon, à la tête de la confédération.
Le "vingtième changement de cap" sur MPR "en trois ans"
Et de regretter que la "réponse d'équipement", en l'occurrence la pompe à chaleur air-eau privilégiée par les pouvoirs publics, se fasse "au détriment des gestes qui réduisent les besoins", tels que les travaux d'isolation ou l'installation de systèmes de ventilation et de protections solaires.
La FFB (Fédération française du bâtiment) voit elle aussi dans cette approche "à contre-sens" une forme de renoncement sur les ambitions énergétiques et environnementales de la filière, ainsi qu'une "absence totale de stratégie" en matière de politique du logement.
"Cette décision privera les ménages modestes d’une rénovation énergétique abordable car sans moyens face au coût excessif d’une rénovation globale de leur logement. Les travaux par étapes s’avèrent le seul chemin possible vers un logement plus économe en énergie. Cette décision mettra également en difficulté des milliers d’artisans et entrepreneurs du bâtiment qui subissent, pour la vingtième fois en trois ans, un changement de cap sur MPR", fustige la fédération.
Une réforme du RGE "indispensable"
Il est toutefois un motif de satisfaction pour les deux organisations : la publication au Journal officiel de l'arrêté du 23 juin 2026 modifiant les critères de qualification au dispositif RGE (Reconnu garant de l'environnement). De son côté, la CAPEB rappelle qu'avec "seulement 54.000 entreprises RGE pour répondre aux besoins de rénovation de près de 5 millions de passoires thermiques, il était indispensable de lever ces obstacles".
C'est visiblement chose faite puisque la confédération se félicite de trois évolutions "majeures". D'abord, le fait que la VAE (Validation des acquis de l'expérience) permettra dorénavant d'obtenir la qualification "grâce à trois chantiers audités conformes". Ensuite, la pérennisation de l'attestation chantier, qui permet "aux entreprises non titulaires du RGE de réaliser des travaux aidés via une procédure simplifiée, avec un audit systématique".
Enfin, la simplification de la procédure pour les entreprises réalisant moins de 10 chantiers par an, qui ne feront désormais l'objet que "d'un seul audit sur quatre ans par famille de travaux". Des mesures également saluées par la FFB, qui dit rester néanmoins sur ses gardes quant au fait que "ces nouvelles voies d'accès préservent la qualité des travaux réalisés et ne soient pas détournées par des écodélinquants".
Son président, Frédéric Carré, considère qu'"à force de changer les règles, les gouvernements successifs ont découragé les particuliers, désorganisé les entreprises et toute la filière". Selon lui, "les objectifs de la transition énergétique dans le bâtiment ne seront pas atteints", d'où son appel à "retrouver du sens" dans les décisions des pouvoirs publics.
Lire aussi
-
Contre l'inconfort d'été, la filière CVC défend deux leviers
-
Pompes à chaleur : le cadre normatif ne suffit plus à former toute une filière
-
Rénovation : le calendrier parlementaire du projet de loi "relance logement" s'accélère
-
Inconfort d'été : 50 % des logements seraient des bouilloires, selon cette étude
Sélection produits
Contenus qui devraient vous plaire
- ANTHROPY THERMO CONSEILS
Ingénieur Conception Junior CVC BET 92 F/H
- Domino RH Staff Nice
