Canicule : mobilisation générale pour rafraîchir les écoles
Faute d'anticipation suffisante, l'heure est à la réaction. La canicule historique qui plombe la France illustre l'impréparation de nombreux bâtiments à la multiplication et à l'intensification des vagues de chaleur, à commencer par les établissements scolaires. Plusieurs entreprises et organisations ont ainsi annoncé des dizaines de millions d'euros d'investissements pour aider les écoles à s'équiper en systèmes de rafraîchissement, les records de mercure qui se succèdent ces derniers jours les obligeant à fermer leurs portes.
Des primes forfaitaires chez EDF
C'est le cas d'EDF, qui met en place un fonds d'aide doté de 80 millions d'euros et dont la mise en œuvre sera assurée par l'association Je passe à l'électrique. Destiné aux crèches, écoles, collèges, lycées et centres de loisirs communaux, ce dispositif se décompose en deux primes forfaitaires.
La première, valable jusqu'au 30 septembre 2026, prévoit un financement de 400 € par ventilateur, brumisateur, climatiseur mobile et fixe, "dans la limite de 10 équipements par établissement et d'une enveloppe totale de 40 M€" d'après l'énergéticien national, qui espère aider "plus de 10.000 établissements (...) à financer plus de 100.000 équipements".
La seconde, applicable jusqu'au 30 juin 2027, fléchera 10.000 € pour installer des pompes à chaleur air-air réversibles dans 4.000 établissements, "en complément des dispositifs du programme Édurénov' porté par la Banque des territoires", et là aussi pour un total de 40 M€.
Les filiales d'EDF Dalkia et Izi by EDF indiquent en outre avoir "engagé des actions pour adapter les bâtiments aux nouvelles réalités climatiques et répondre aux besoins croissants de confort thermique des Français, en accompagnant les collectivités et les particuliers dans la rénovation énergétique, l'isolation et le déploiement de solutions de chauffage et de rafraîchissement plus durables", sans plus de précision.
Déploiement de la méthode low-tech du programme ACTEE
En parallèle, le programme ACTEE (Action des collectivités territoriales pour l'efficacité énergétique) de la FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies) et la Banque des Territoires (filiale de la Caisse des dépôts) débloquent pour leur part 50 M€ pour épauler 12.500 écoles dans leur adaptation à la surchauffe estivale.
Les établissements concernés bénéficieront ainsi d'un diagnostic gratuit des travaux à réaliser, d'un montant unitaire moyen de 4.000 €, et d'un forfait d'aide "pour les 2.500 écoles les plus durement touchées", d'un montant de 15.000 €, le tout étant censé s'articuler avec le Fonds vert. "Notre objectif est de proposer des solutions simples, opérationnelles et rapides pour que les écoles les plus impactées puissent engager leurs travaux avant l'été 2027", indique Antoine Saintoyant, le directeur de la Banque des territoires, évoquant "un enjeu crucial, de santé publique et de continuité de l'action éducative".
L'objectif d'ACTEE est de déployer sa méthode low-tech, combinant protections solaires, ombrières, brasseurs d'air, dispositifs de ventilation et autres solutions améliorant le confort en agissant simultanément sur la température et sur le ressenti thermique. "Des capteurs pourront être installés afin de mesurer l'effet des travaux réalisés, de nourrir les usages et de renforcer la sensibilisation de la communauté éducative au confort d'été", précisent les deux organisations.
"Massifier cette approche" avant "l'été 2027"
L'offre repose sur le programme de "recherche-action" lancé l'été dernier par ACTEE, qui instrumente une trentaine d'écoles pilotes afin de mesurer l'effet de systèmes low-tech pour l'adaptation à la chaleur. "La méthode s'appuie sur la combinaison de trois leviers : protéger (protections solaires, brise-soleil), rafraîchir (brasseurs d'air, permettant de -2 à -3 °C de ressenti pour 100 fois moins d'énergie qu'une climatisation) et aérer la nuit (jusqu'à 8 °C d'écart entre intérieur et extérieur au petit matin)."
De premiers résultats témoignent d'une adaptation plus que réussie, notamment dans une école maternelle de Grabels, dans l'Hérault, qu'XPair est justement allé visiter. Globalement, ACTEE met en avant un gain de 5 à 10 °C de confort dans les salles de classe des établissements participants, sans recourir à la climatisation, et pour un coût compris entre 10.000 et 40.000 € par école.
"Nos mesures sur le terrain le montrent : avec des aménagements simples et des investissements modiques (protections solaires, brasseurs d'air, ventilation nocturne), nous pouvons faire gagner jusqu'à 7 °C de confort ressenti dans une salle de classe", affirme le directeur du programme, Guillaume Perrin. Pour lui, "l'enjeu, aujourd'hui, est de massifier cette approche" en prévision des futures et inéluctables vagues de chaleur.
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