Réorganisé, Interclima 2026 veut s'inscrire "dans un collectif et dans une dynamique"

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 4 février 2026
© RX Global / Division Construction 2025
La dernière édition du Mondial du Bâtiment, en 2024, avait enregistré une hausse de sa fréquentation de 15 %, dont plus de 25.000 visiteurs étrangers provenant de 70 pays bien que "majoritairement issus d'une bande méditerranéenne".
RENDEZ-VOUS. Uniclima et RX France, les organisateurs du salon tricolore du génie climatique, ont dévoilé le nombre d'exposants inscrits à date ainsi que les principales thématiques autour desquelles s'articuleront leurs solutions.

Un vent de changement soufflera sur l'édition 2026 du Mondial du Bâtiment, du 28 septembre au 1er octobre à Paris. À commencer par son nom : l'évènement s'intitulera désormais Paris Builders Show (PBS) afin de mettre davantage l'accent sur son visitorat international tout en fédérant l'ensemble des acteurs du bâtiment, de l'énergie et du cadre de vie.

De plus, quatre salons se partageront cinq halls du parc des expositions de la Porte de Versailles : nonobstant les traditionnels Batimat pour le gros-œuvre et le second-œuvre, Idéobain pour le sanitaire et Interclima pour le génie climatique, le forum Renodays se tiendra simultanément mais seulement sur deux jours, et avec un périmètre élargi à la rénovation globale des bâtiments (performance, confort d'usage, adaptation, numérique, circularité…).

En ayant choisi comme thématique "Le bâtiment en mouvement", les équipes de PBS expliquent vouloir favoriser les rencontres et les retours d'expériences de la "communauté des bâtisseurs" tout en mettant en avant des solutions "concrètes et efficaces", et en valorisant les innovations portées par le secteur. Sur ce point, des trophées seront de nouveau décernés, particulièrement en génie climatique mais aussi dans plusieurs nouvelles catégories, tel que l'appareillage électrique.

Momentum politique

Alors qu'ils attendent 135.000 visiteurs français et étrangers, les organisateurs affirment aussi mettre le paquet sur l'accueil de ces derniers, notamment via des conférences bilingues, un espace de réseautage de 200 m² (situé sur Interclima), des parcours de visite dédiés ainsi qu'une tournée internationale, le Builders Roadshow, pour promouvoir l'évènement au-delà de l'Hexagone mais aussi s'inspirer de ce qui marche ailleurs.

"Avec une relance du neuf qui est maintenant actée, il y a beaucoup de choses nouvelles en 2026, comme le statut du bailleur privé ou les CEE (Certificats d'économies d'énergie) même si on a encore du mal à y voir clair ; les objectifs de décarbonation sont donc théoriquement à la hausse."

- Pierre-Louis François, président d'Interclima

Même si "nous avons la chance d'avoir un véritable savoir-faire français, reconnu", souligne Jean-Philippe Guillon, le directeur de Paris Builders Show. "C'est un rendez-vous qui a lieu tous les deux ans mais c'est un rendez-vous communautaire." Une dimension qui devrait encore être renforcée avec le lancement du Builders Club, dans l'idée "de faire vivre cette communauté entre deux éditions".

Par ailleurs, s'ajouteront aux quelque 500 conférences de l'édition 2026 un grand oral politique car l'évènement "aura la chance d'être positionné entre les élections municipales et l'élection présidentielle, et nous inviterons donc les candidats des principaux partis politiques pour leur poser des questions sur la construction, la rénovation, la transition…"

L'enjeu est donc de taille. Pour rappel, la dernière édition du Mondial du Bâtiment, en 2024, avait enregistré une hausse de sa fréquentation de 15 %, dont plus de 25.000 visiteurs étrangers provenant de 70 pays bien que "majoritairement issus d'une bande méditerranéenne".

"Arriver à construire et à rénover moins cher, et le faire ensemble"

Pour l'heure, l'intérêt des acteurs du CVC pour Interclima, organisé par RX France et Uniclima (Groupement français des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques) et qui se tiendra cette année dans le pavillon 7.3, semble être au rendez-vous : 208 exposants sont déjà inscrits, dont 70 % qui reviennent et 64 nouveaux venus, et avec une parité parfaite entre les entreprises tricolores et les marques étrangères, soit 78 % de la surface d'exposition déjà vendus.

L'évènement pourrait ainsi être l'occasion de faire passer un message, d'après Pierre-Louis François, le président d'Interclima. "Sur 2025, on peut se dire que le second semestre a été moins mauvais que le premier, ce qui mérite d'être mentionné car au printemps dernier beaucoup d'actions ont été menées avec les pouvoirs publics et cela nous a permis d'obtenir quelques mesures de simplification (comme MaPrimeRénov') à partir de septembre", analyse-t-il.

Ajoutant : "Avec une relance du neuf qui est maintenant actée, il y a beaucoup de choses nouvelles en 2026, comme le statut du bailleur privé ou les CEE (Certificats d'économies d'énergie) même si on a encore du mal à y voir clair ; les objectifs de décarbonation sont donc théoriquement à la hausse. Il faut en même temps arriver à construire et à rénover moins cher car les budgets des particuliers comme des professionnels sont contraints, et l'idéal est de le faire ensemble."

Sur Interclima, six univers pour trois thématiques

Interclima 2026 se structurera autour de six grands univers : les énergies renouvelables ; les générateurs et systèmes de production d'eau chaude ou d'eau froide ; les énergéticiens et le financement des travaux ; la ventilation et la qualité de l'air intérieur ; le confort, la distribution hydraulique, la régulation et le pilotage ; les outils et services.

"Nous sommes convaincus que nous arriverons à montrer concrètement comment les acteurs se positionnent sur la SNBC 3 (Stratégie nationale bas-carbone)."

- Stanislas Lacroix, président d'Uniclima

Autant d'exposants dont les solutions s'inscriront dans trois thématiques : la décarbonation, le confort d'usage et la technologie. "Il y aura des temps forts avec des villages (chaudières biomasse et solaire thermique) et zones (solutions tertiaires) dédiés, un espace start-up, des conférences et débats sur les thématiques actuelles, comme les data centers et le confort d'été", précise Jean-Philippe Guillon.

Les organisateurs veillent aussi à intégrer Renodays à PBS sans marcher sur les plates-bandes d'Interclima, et font à ce titre le distinguo entre Interclima, qui est pensé comme un salon, et Renodays, qui se veut plutôt "un espace pédagogique", même si des industriels du CVC, du confort thermique ou de la GTB exposeront dans les deux pavillons.

"Nous avons besoin de toutes les configurations et de toutes les énergies"

"C'est important d'être dans un collectif, dans une dynamique pour apporter des équipements performants en vue de cet objectif de décarbonation. Nous sommes convaincus que nous arriverons à montrer concrètement comment les acteurs se positionnent sur la SNBC 3 (Stratégie nationale bas-carbone)", complète le président d'Uniclima, Stanislas Lacroix.

Et de prévenir : "Mais attention : au-delà de nos objectifs sur la pompe à chaleur, nous avons besoin de toutes les configurations et de toutes les énergies, et nous avons donc besoin de garder des chaudières, du biogaz, de l'hybridation. Le problème est qu'en face nous avons des injonctions paradoxales, la taxe carbone aux frontières en est un exemple qui nous préoccupe beaucoup. Nous disons donc aux pouvoirs publics : aidez-nous à ce que nos métiers soient encore faisables demain !"

Quoi qu'il en soit, la billetterie visiteurs du Paris Builders Show ouvrira en avril. "C'est une édition pleine de changements et avec une grande ambition. On considère qu'il y a déjà beaucoup de choses en place mais c'est le moment d'accompagner le bâtiment vers sa transformation", conclut Jean-Philippe Guillon. "Les espoirs qu'on avait pour 2026 s'amenuisent au fur et à mesure des discours qu'on entend, d'où l'intérêt de montrer que la filière est unie pour relever les défis."


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