Pac européennes, rénovation, taxe carbone : ces chantiers qui attendent l'industrie du CVC

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 6 février 2026
© Corentin Patrigeon pour XPair
STRATÉGIE. Les fabricants commencent l'année avec de nombreux dossiers réglementaires sur la table des discussions avec les pouvoirs publics. Tour d'horizon des bonnes et des moins bonnes nouvelles pour leur outil de production.

Un bilan 2025 "en demi-teinte" et de nombreux dossiers sur la table des discussions avec les pouvoirs publics. Après avoir présenté les ventes de l'année dernière par segment de produit, Uniclima, le Groupement français des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques, a également listé les sujets sur lesquels ses adhérents planchent en ce début d'année 2026.

Et notamment les espoirs qu'ils placent dans la SNBC 3 (Stratégie nationale bas-carbone), qui augure des jours heureux pour les fabricants de pompes à chaleur. Yves Fanton d'Andon, à la tête du Cetiat (Centre technique des industries aérauliques et thermiques) et en charge de l'innovation et des affaires publiques du Groupe Atlantic, se "félicite" de ce texte qu'il voit comme "un projet très structurant". Certes, le document doit encore franchir quelques étapes avant d'être définitivement validé mais sa trame actuelle semble satisfaire les acteurs du génie climatique.

"C'est un document de référence fixant pas mal d'objectifs, notamment en décarbonation et en Pac, qui permettra aux industriels du CVC de se projeter en termes d'investissements et de production", assure le responsable, soulignant l'objectif d'installation de 8,8 millions de Pac à horizon 2030. "La pente est de plus en plus raide pour l'atteindre, car cela veut dire de réaliser 850.000 installations de Pac par an, mais que met-on dans cette enveloppe ? S'il s'agit des unités air/eau, on est loin du compte."

La préférence européenne, une "très bonne nouvelle"...

C'est pourquoi les représentants d'Uniclima appellent les pouvoirs publics à faire preuve d'une bonne dose de pragmatisme pour rééquilibrer cette ambition. "Il va falloir un accompagnement fort", confirme Yves Fanton d'Andon. "La SNBC prévoit de sortir le fioul à un horizon assez court et de réduire progressivement les installations gaz au profit des Pac et des solutions biogaz."

"Nous sommes convaincus que les solutions hybrides doivent jouer leur rôle partout car on ne peut pas mettre des Pac partout : il y a des contraintes techniques, d'installation, d'acoustique, de coût d'équipement mais aussi de coût d'accès à la puissance électrique." - Yves Fanton d'Andon, président du Cetiat

Le groupement industriel assure que les fabricants d'installations hybrides sont prêts à relever le défi. Pour autant, il regrette l'absence de certains sujets dans la version actuelle de la SNBC 3, comme le poids du renouvellement d'air dans l'efficacité énergétique, le solaire thermique ou la biomasse.

Là encore, la filière se dit pourtant prête à pousser ces solutions grâce à son outil de production. "Uniclima est une force de conception, de fabrication et d'expertise avec 87 usines en France employant 23.500 personnes", insiste son président, Stanislas Lacroix.

... mais la taxe carbone aux frontières, un "mécanisme technocratique"

Avec une telle "capillarité territoriale", ses adhérents ont accueilli comme une "très bonne nouvelle" l'annonce par Bercy de la préférence européenne appliquée aux bonifications CEE (Certificats d'économies d'énergie) pour les Pac. Les textes sont encore en consultation mais serait a priori concerné l'assemblage du circuit frigorifique sur le territoire européen, donc les unités extérieures pour les monoblocs, et les unités extérieures et intérieures pour les splits.

"On appelle de nos vœux que ce réglage ne soit pas uniquement français mais s'étende aux autres pays européens, dans un premier temps à l'ensemble des sujets air/eau dans le résidentiel collectif et le tertiaire, puis aux Pac hybrides, car il est important que toutes les technologies soient valorisées", précise Stanislas Lacroix.

Avant de hausser le ton : "Nous sommes cependant un peu chagrinés, voire agacés, de voir à quel point il y a des paradoxes entre ces annonces et des mécanismes technocratiques comme la taxe carbone aux frontières, qui consiste à taxer un certain nombre de matières premières comme l'acier entrant sur le territoire européen". Et d'illustrer : "L'intention est bonne mais le mécanisme est épouvantable. C'est un pousse-au-crime car un certain nombre de nos produits sont des tas de tôles."

Le surcoût lié à cette taxe carbone est estimé par Uniclima entre 5 à 10 % du prix du produit. Le groupement s'est évidemment mobilisé en conséquence. "Nous avons demandé à l'Europe d'inclure nos équipements dans cette liste mais nous n'avons pas été entendus pour l'instant". Affaire à suivre donc. La réouverture complète de MaPrimeRénov', annoncée par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, mettra peut-être un peu plus de baume au cœur des industriels du CVC.

Sur ce point, "nous demandons une ouverture pérenne du guichet", indique Camille Beurdeley, la déléguée générale du groupement. Tout en regrettant "les modifications répétées sur les fiches CEE", ses adhérents se disent "favorables à la création d'un parcours de rénovation par étapes". En conclusion, Stanislas Lacroix considère que "les intentions d'investissement sont toujours là, mais encore faut-il retrouver une confiance dans le marché qui les libèrera".


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