Malgré un contexte "toujours compliqué", Uniclima perçoit "un petit regain d'optimisme"

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 5 février 2026
© Corentin Patrigeon pour XPair
Uniclima a présenté le bilan 2025 de la filière génie climatique le 5 février 2026.
EN CHIFFRES. Le Groupement français des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques a présenté le bilan des ventes 2025 par segment de produit. Sans surprise, la réglementation a pesé sur certains équipements et en a favorisé d'autres.

La filière génie climatique est sous pression mais ne cède pas. Le Groupement français des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques, Uniclima, a présenté ce 5 février un bilan 2025 "en demi-teinte", selon les mots de son président Stanislas Lacroix. Des résultats qui peuvent toutefois s'apparenter à une relative performance alors que le climat des affaires dans le bâtiment "arrête de se dégrader", ce qui donne "un petit regain d'optimisme" aux industriels du CVC, à l'instar des transactions immobilières qui repartent dans l'ancien.

Malgré cela, le secteur évolue dans un "environnement toujours compliqué". Dans ce contexte, les fabricants placent leurs espoirs dans la SNBC 3 (Stratégie nationale bas-carbone), "qui fixe un cap nécessaire" selon Stanislas Lacroix.

Mais pour tenir l'objectif de la SNBC 3, "il faut une approche pragmatique : un mix de solutions, des indicateurs environnementaux robustes, une stratégie industrielle cohérente et des aides stables pour massifier la rénovation". Uniclima demande par conséquent aux pouvoirs publics de leur conférer "un cadre normatif clair qui apporte de la visibilité au marché".

Uniclima explique se baser sur deux indicateurs agrégés. Celui sur les générateurs de chauffage de la boucle à eau chaude (chaudières gaz, fioul et biomasse, pompes à chaleur air/eau, eau/eau et hybrides, et systèmes solaires combinés), avec une base 100 en 2019, a chuté à 77 en 2025. "On constate une érosion d'année en année due au non remplacement du parc. L'année dernière, le marché du neuf n'a encore pas soutenu cette activité en faisant baisser les solutions hydrauliques", commente Stanislas Lacroix.

L'indicateur ventilation (VMC simple-flux et double-flux, en résidentiel, collectif et tertiaire) s'en sort mieux : d'une base 100 en 2019, il a légèrement progressé à 101 en 2025. "Il se comportait mieux après le Covid mais a subi un tassement en 2025, le neuf et la rénovation n'y ayant pas été favorables", ajoute le président d'Uniclima.

Voici, par segment de produit, le bilan des ventes "sell-in" du groupement pour l'année 2025, c'est-à-dire les ventes en direct des industriels aux distributeurs et installateurs, qui doivent donc être distinguées des équipements réellement installés.

Les chaudières et le solaire thermique

Les chaudières gaz et fioul

© Uniclima

Le marché des chaudières gaz et fioul a baissé de 5,2 % en 2025 par rapport à 2024, cumulant 422.000 unités vendues, répartis presque à 50-50 entre neuf et rénovation, mais tout de même "près de 300.000 unités de moins qu'en 2021", alerte Jérôme Pradal, membre du bureau d'Uniclima. "La chaudière gaz est le plus souvent privilégiée dans les zones urbaines denses, tandis que le fioul reste majoritaire dans la ruralité."

Avec 359.000 unités, les équipements à condensation dominent les machines classiques (63.000). "Le gaz vert est progressivement injecté et permet de les inscrire comme solutions aux performances accrues et diminuant les émissions de carbone." En dépit des discours de la filière, l'hybridation demeure un marché de niche "en raison d'un environnement réglementaire encore contraint" bien que les acteurs continuent à miser sur ses qualités de décarbonation, "notamment sur la partie eau chaude sanitaire".

Les brûleurs gaz/fioul

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En 2025, le marché des brûleurs gaz et fioul a bondi de 13,8 %. Il demeure "avant tout un marché de remplacement de composants, principalement porté par la rénovation des chaudières existantes", explique Uniclima. "Le remplacement d'un brûleur permet en effet de prolonger la durée de vie des chaudières, tout en réduisant les émissions principalement de NOx (oxydes d'azote). À ce titre, le remplacement des brûleurs constitue un levier pragmatique de rénovation pour les installations existantes, dans un contexte de contraintes économiques fortes pour les ménages et les gestionnaires de bâtiments."

Les chaudières biomasse

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Ciblée par une réduction progressive des dispositifs d'aide (MaPrimeRénov', Coup de pouce...), la chaudière biomasse a réussi à s'octroyer une hausse de 3,7 % en 2025, atteignant 9.570 unités, avec dans le détail 1.650 chaudières à bûches, 7.480 chaudières à granulés, 270 chaudières mixtes et 170 chaudières à plaquettes. En comparaison à 2022 où le marché avait totalisé 41.980 unités vendues, la chute s'avère cependant plus que brutale.

Face à ces chiffres, "la filière bois-énergie et Uniclima appellent à un rééquilibrage des dispositifs de soutien, à une révision de la fiche CEE chaudière biomasse et à associer la chaudière biomasse à la Pac ou au solaire thermique, donc à hybrider", souligne Jérôme Pradal.

Le solaire thermique

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"En 2026, le marché reste confronté à de fortes incertitudes. On continue d'engager des travaux pour élaborer de nouvelles fiches CEE permettant l'hybridation avec la biomasse ou la Pac, et on reste aussi impliqué sur la feuille de route du solaire dynamique piloté par l'Ademe (Agence de la transition écologique)", d'après Jérôme Pradal.

En individuel comme en collectif, les chauffe-eau solaires dégringolent depuis 2023 : de 73.100 unités, les industriels sont tombés à 45.600 l'année dernière, dont 13.000 systèmes solaires combinés (-38,4 %), 17.000 Cesi (-4 %) et 15.600 Cec (-9,3 %).

Et d'assurer que "les opportunités sont là, notamment sur l'hybridation, et que nos industriels ont les technologies et les savoir-faire combinés pour adresser les enjeux d'efficience énergétique et de décarbonation".

Les pompes à chaleur

Les Pac air/eau

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"La Pac a été marquée en 2025 par 11 modifications de MaPrimeRénov' et l'attente d'un budget", analyse François Deroche, membre du bureau d'Uniclima et par ailleurs président de l'Afpac (Association française pour la pompe à chaleur). Ce qui n'a pas empêché la filière de vendre 179.377 Pac air-eau, soit une petite diminution de 1,8 % "et un signe de résilience du marché malgré un contexte chahuté".

Uniclima note un net rebond de 6 % sur les quatre derniers mois de l'année dernière et y voit potentiellement "un signe de reprise tangible". Dans le détail, le segment des monoblocs s'avère plus solide, tiré par les petites puissances qui représentent la moitié des ventes, quand les biblocs restent pénalisés par la chute du neuf, même si les puissances intermédiaires se maintiennent et pèsent un peu plus de la moitié du marché.

"Les effets du F-Gaz se reflètent pleinement dans les choix technologiques puisque les Pac au R290 (14 % du marché) ont enregistré une croissance de 41 %, avec une offre industrielle qui s'est élargie, et celles au R32, une croissance de 3 %", ajoute François Deroche.

Le groupement fonde également ses espoirs dans le nouveau calcul du DPE (diagnostic de performance énergétique) qui "fait gagner deux classes d'étiquettes" à 700.000 logements jusqu'alors considérés comme des passoires thermiques. De même, "les aides CEE sont fortement valorisées et les bonifications liées à la préférence européenne devraient inciter les ménages à s'équiper". En outre, "on voit que la Pac est au cœur de la SNBC 3" avec un objectif affiché de 8,8 millions d'unités installées d'ici à 2030. "Donc avec tout cela combiné, l'année 2026 devrait être positive", veut croire François Deroche.

Les Pac géothermiques

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Après une forte baisse en 2024, le marché des pompes à chaleur géothermiques perd encore 6,2 % en 2025, cumulant péniblement 2.513 unités. Il reste tiré par les petites puissances, des modèles davantage installés en lotissement ou en petit collectif.

Les Pac eau chaude sanitaire

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En 2025, le chauffe-eau thermodynamique (Cet) a continué à se rétracter de 10,1 %, la preuve selon Uniclima de l'absence de reprise dans le neuf et de la piètre forme de la rénovation. Bien qu'en baisse sur l'année entière, le segment bénéficie d'une amélioration sur les quatre derniers mois de l'année, "un signe encourageant de redressement".

Les Pac air/air

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L'année 2025 a été marquée par une forte saisonnalité, ce qui s'est retrouvé sur les commercialisations de Pac air/air : le 1er semestre était en recul alors que le 2nd semestre s'est avéré beaucoup plus dynamique, avec un pic de ventes en juillet et août. Sur l'année, le segment < 17,5 kW accuse une perte de 0,1 %, à 803.661 unités vendues.

"Les stocks élevés dans le négoce depuis 2023 ont pesé sur le marché jusqu'en 2025", complète François Deroche. Le segment > 17,5 kW enregistre pour sa part une belle progression de 9,3 %, cumulant 4.480 unités.

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S'agissant des DRV (débit de réfrigérant variable), les deux premiers quadrimestres étaient en recul mais le troisième a connu un rebond, néanmoins insuffisant pour contrebalancer le résultat à l'année, de -4,3 % à 35.031 unités. "Les grosses puissances dépassant les 50 kW sont vraiment en baisse et ce sont les puissances intermédiaires qui dominent. Les maîtres d'œuvre s'orientent vers une multiplication de petites entités pour répondre au besoin de puissance", décrypte François Deroche.

Là encore, on observe une "dynamique de migration" des fluides frigorigènes vers le R32 (+78 %, soit 14 % du marché). "L'industrie évolue et cela démontre sa capacité à intégrer ces contraintes, et celle des installateurs à s'orienter vers ces solutions. La révision de l'article CH35 n'a par contre pas encore porté ses fruits, il y a sans doute un travail de pédagogie à faire auprès de la filière."

La ventilation mécanique

La VMC simple-flux en logement individuel

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"Le marché de la ventilation est en léger repli mais sur un historique positif", affirme Stanislas Lacroix, notant au passage "une satisfaction sur l'efficacité du contrôle à la réception, le taux de non conformité ayant chuté de 70 % à 10 %".

Subsiste malgré tout "un sujet de qualité d'air intérieur et de maîtrise de la consommation : on pensait que la TVA à 5,5 % pousserait cette technologie mais elle est pénalisée par le DPE alors qu'un système hygroréglable divise par deux les pertes énergétiques".

La ventilation mécanique contrôlée simple-flux en logement individuel s'est ainsi repliée de 2,8 % en 2025, avec plus précisément -6,8 % pour l'autoréglable (538.050) et +3,8 % (362.737) pour l'hygroréglable.

La VMC double-flux en logement individuel

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Sur le double-flux, "il est désolant de voir qu'un produit efficace en QAI et en efficacité énergétique ne trouve pas plus sa place, que ce soit en neuf ou en rénovation, mais nous continuons à expliquer tout cela aux pouvoirs publics", embraye Stanislas Lacroix. Le segment de la VMC double-flux en logement individuel perd 5,5 %, atteignant 16.026 unités.

Les aérateurs motorisés et la ventilation mécanique en collectif et tertiaire

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Avec 410.113 unités vendues, le marché des aérateurs motorisés a connu une timide croissance de 0,4 %. "On a du mal à faire basculer ces équipements vers plus d'efficacité et de décarbonation mais leur marché reste stable", déclare le président d'Uniclima.

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Dans les secteurs du résidentiel collectif et du tertiaire, la ventilation mécanique reprend quelques couleurs : la simple-flux engrange 1,5 %, à 131.977 unités, et la double-flux 4,4 %, à 13.590 unités. "On n'est pas toujours sûr qu'il y ait une bonne compréhension des enjeux de QAI dans les écoles et sur les chantiers", relève toutefois Stanislas Lacroix.

Pour 2026, le responsable espère "un marché du neuf plus soutenu, un marché en rénovation clarifié et un marché tertiaire qui continue à progresser avec une rénovation plus marquée".


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