L'électrification "à marche forcée" crée de l'injustice sociale, selon cette association

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 6 novembre 2026
© iStock/welcomia
Illustration d'un technicien intervenant sur une pompe à chaleur.
ÉCONOMIE. Cet acteur estime que la fin annoncée de plusieurs programmes d'accompagnement à la rénovation énergétique et de lutte contre la précarité énergétique financés par les certificats d'économies d'énergie va laisser des ménages et collectivités sur le côté.

Attention à ne pas laisser une partie de la population sur le côté en voulant électrifier le pays. Voici en substance l'avertissement lancé par l'association Négawatt, qui réagit à la fin annoncée de plusieurs programmes d'accompagnement à la rénovation énergétique et de lutte contre la précarité énergétique financés par les CEE (certificats d'économies d'énergie).

Rejoignant ainsi le constat et la mise en garde d'autres acteurs, Négawatt – qui promeut la sobriété et l'efficacité énergétique ainsi que les énergies renouvelables – s'interroge plus largement sur la logique de l'actuelle politique publique de décarbonation.

"Avec les baisses de soutien aux ENR des derniers mois et les coupes budgétaires annoncées pour la transition énergétique, ces choix signent l'échec d'un 'quinquennat qui sera[it] écologique ou ne sera[it] pas'", cingle l'association, renvoyant aux propos d'Emmanuel Macron lors de sa réélection à la présidence de la République en 2022.

Pas de conjugaison entre l'électron et la rénovation

Elle regrette notamment que l'État se soit lancé, d'après elle, dans une électrification "à marche forcée" qui s'opposerait à l'efficacité énergétique "au lieu de les conjuguer", en faisant du nucléaire "le socle" et des ENR, "la variable d'ajustement". Sa réaction intervient quelques jours après une autre annonce, qui a tout autant fait réagir : la suspension jusqu'à nouvel ordre du Fonds chaleur, dispositif piloté par l'Ademe (Agence de la transition écologique) qui finance des projets de chaleur renouvelable.

L'arrêt de programmes comme Toits d'abord (soutien à la construction et la rénovation de logements très sociaux), Territoires zéro exclusion énergétique (accompagnement de ménages très modestes dans la rénovation de leur logement et formation de professionnels), Slime (identification et aide aux ménages en difficulté) ou encore ACTEE (Action des collectivités territoriales pour l'efficacité énergétique) a effectivement suscité l'incompréhension de nombreux professionnels du bâtiment.

Ceux-ci ont mis en avant les bons résultats qu'ils auraient pourtant produits. Négawatt s'émeut pour sa part "des centaines d'emplois, porteurs de sens et de résultats concrets" qui risquent d'être supprimés, laissant ainsi ménages et collectivités sans soutien.

L'inconfort thermique, une "indignité"

"Au poids de cette facture s'ajoute l'indignité des pics de froid hivernaux et des étés caniculaires subis dans des passoires thermiques. Dans la lignée des changements de règles sur le DPE (diagnostic de performance énergétique) et des coups de rabot continus sur MaPrimeRénov', la non reconduction de ces programmes CEE confirme le renoncement du Gouvernement à protéger les plus fragiles", fustige l'association.

Sans mesures de sobriété énergétique et de réhabilitation de l'habitat, elle considère que cette trajectoire ne pourra déboucher que sur de l'injustice sociale, en alourdissant la facture des collectivités et des ménages les plus précaires. "Une autre politique énergétique, qui répare les fractures de la société et protège les citoyens, est possible", assure Négawatt, donnant rendez-vous début décembre pour la présentation de son prochain scénario de décarbonation.


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