L'électricité renouvelable a battu un record de production en 2025
Records battus pour les énergies renouvelables électriques de l'Hexagone en 2025 : leur production comme leur puissance raccordée n'ont jamais été aussi élevées, selon l'édition 2025 du baromètre réalisé par l'Observatoire des énergies renouvelables (Observ'ER), la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR) et l'Agence de la transition écologique (Ademe). Déjà en 2024, la production électrique renouvelable de la France avait atteint le score impressionnant de 155 térawattheures, couvrant ainsi 31,3 % de la consommation électrique du pays.
En 2025, 7 gigawatts supplémentaires ont été branchés au réseau, ce qui amène les auteurs de l'étude à tabler sur un parc de 89,1 GW à la fin de l'exercice, et sur une consommation nationale couverte à 32,5 % par l'électricité renouvelable. Sur le plan économique, les entreprises spécialisées dans les ENR électriques employaient 83.000 salariés et ont réalisé un chiffre d'affaires de 40,5 millions d'euros en 2024, des indicateurs enregistrant respectivement -1,1 % et +27,6 % en un an.
Le photovoltaïque au zénith, la géothermie clouée au sol
Avec 30,7 GW, le solaire photovoltaïque s'impose désormais comme la première filière en termes de puissance installée, devançant l'hydroélectricité (26 GW) et laissant la biomasse au bord de la route (2,3 GW). Qualifié de "véritable moteur de l'électricité renouvelable en France" par le baromètre, sa progression s'avère fulgurante au fil des années : de 12.515 mégawatts raccordés entre 2015 et 2020, il a grimpé à 29.375 MW nouveaux branchements entre 2021 et 2025.
En comparaison à la domination du photovoltaïque, les autres filières en lien avec le bâtiment affichent une progression plus modeste mais néanmoins très encourageante. C'est notamment le cas de la biomasse solide, qui, avec 888 MW à fin 2025, a déjà dépassé ses objectifs fixés par la deuxième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour 2028 (800 MW).
La méthanisation est également en passe de réussir son pari : au 30 septembre 2025, sa puissance installée était de 310 MW, soit seulement 30 MW de moins que son objectif "bas" pour 2028, bien que la marche vers son objectif "haut" (410 MW) reste encore un peu haute. La géothermie, qui a atteint 16,4 MW de puissance fin 2025, ne parvient pas en revanche à déployer ses ailes malgré ses atouts : l'objectif qui lui a été assigné par la PPE, à 69 MW en 2028, semble encore bien lointain.
Planification locale
Le baromètre invite cependant le photovoltaïque à ne pas se reposer sur ses lauriers : les objectifs de la PPE 3, certes toujours pas publiée, lui fixent comme seuils indicatifs 54 GW en 2030, puis 65 GW (objectif bas), voire 95 GW (objectif haut) cinq ans plus tard. Or, si la tendance actuelle se poursuit, Observ'ER estime que le parc n'atteindra que 75,3 GW d'ici à neuf ans. Plus largement, ce sont les perspectives de développement de l'ensemble des filières ENR électriques qui sont conditionnées en ce début 2026 à de nombreuses incertitudes sur la politique de transition énergétique.
Les auteurs considèrent ainsi que, au vu "de son potentiel et de la structuration de ses filières industrielles, la France pourrait faire davantage en matière de production électrique renouvelable". Ils rejoignent les très nombreux acteurs du secteur qui considèrent que "l'absence de publication de la nouvelle PPE prive les filières d'une visibilité claire et officielle sur les objectifs à l'horizon 2030 et 2035", d'autant que "la stagnation de la consommation d'électricité pourrait inciter les pouvoirs publics à ralentir volontairement le développement des renouvelables, afin d'éviter des excédents d'électricité difficiles à absorber par le système électrique".
Une alarme que le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a lui aussi sonnée lors de sa conférence de rentrée, son président Jules Nyssen rappelant que "le seul moyen de réussir la transition énergétique, c'est la planification".
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