Renouvelables : ce que la filière européenne de la géothermie a demandé à Bruxelles

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 23 janvier 2026
© iStock/Astrid860
Illustration d'un forage géothermique.
POLITIQUE. Le Conseil européen de l'énergie géothermique a envoyé une missive également signée par 140 entreprises et organisations à la Commission européenne.

Une stratégie et un plan d'action : voilà ce qu'a demandé, dans une lettre rendue publique en décembre 2025, le Conseil européen de l'énergie géothermique (Egec sous son acronyme anglais), l'association réunissant les principaux syndicats professionnels de la géothermie du Vieux Continent, à la Commission européenne.

La missive est adressée à plusieurs hauts responsables de Bruxelles : Teresa Ribera, vice-présidente exécutive "pour une transition propre, juste et compétitive" ; Stéphane Séjourné, vice-président exécutif "pour la prospérité et la stratégie industrielle" ; le commissaire à l'énergie et au logement Dan Jørgensen ; son collègue Wopke Hoekstra, chargé du climat, de la neutralité carbone et de la croissance "propre" ; ainsi que plusieurs directeurs généraux de l'administration communautaire en lien avec les dossiers énergie-climat.

Risque d'un "déficit énergétique"

Dans son document, l'Egec commence par interpeller l'exécutif bruxellois sur le fait que les perspectives de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) "prévoient un quadruplement de la production d'énergie géothermique à l'échelle mondiale – sauf en Europe", ce qu'elle juge "impensable, surtout pour une technologie née et développée en Europe".

Un tel "déficit énergétique" pourrait s'avérer "critique" pour la souveraineté industrielle et technologique de l'Union européenne d'après le Conseil, qui prévoit des conséquences économiques, sociales et environnementales compliquant l'atteinte de la neutralité carbone d'ici à 2050.

Afin de lever les freins et d'inciter aux investissements dans les installations géothermiques, l'Egec rappelle qu'un plan stratégique consacré à l'ensemble des systèmes et applications géothermiques a été conjointement demandé par le Parlement européen, les ministres de l'Énergie des Vingt-Sept, le Comité européen des régions (l'assemblée des représentants locaux de l'UE au sein des institutions européennes) ainsi que le Comité économique et social européen (un organe consultatif composé de partenaires économiques et d'acteurs sociaux).

Production d'électricité, chauffage et rafraîchissement

Ce plan d'action doit concerner aussi bien la production d'électricité que le chauffage, sans oublier le rafraîchissement. Mais les professionnels considèrent que le "vaste potentiel" de la géothermie, présentée comme une énergie renouvelable et locale, ne pourra être libéré qu'avec un "engagement politique clair", qui devra se traduire par "le soutien à l'innovation, la simplification des procédures d'autorisation, les instruments financiers pour mobiliser les capitaux privés et le partage des connaissances".

Ce faisant, l'Egec espère ainsi déployer les installations géothermiques auprès de clients particuliers comme professionnels, dans le résidentiel comme dans le tertiaire : fournisseurs d'électricité, gestionnaires de réseaux, opérateurs de chauffage urbain, bailleurs sociaux ou encore centres de données sont notamment évoqués dans la lettre envoyée à la Commission européenne.

Pas moins de 140 entreprises et organisations ont signé la missive du Conseil, dont, pour la France, l'AFPG (Association française des professionnels de la géothermie), l'opérateur Accenta – qui a récemment conclu un partenariat avec Nexity pour déployer la géothermie dans le logement collectif –, Engie Solutions ou Veolia. Des associations de consommateurs, des chercheurs ainsi que des agences publiques font également partie des signataires. Toujours en France, la Cour des comptes vient elle aussi de consacrer un rapport au développement de cette technologie avec des recommandations à la clé.


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