Consommation, entretien, satisfaction : ce que les Français pensent vraiment de la PAC

Par   Corentin PATRIGEON

Actualités
Publié le 5 juin 2026
© iStock/Lazy_Bear
Un technicien entretient l'unité extérieure d'une pompe à chaleur.
EN CHIFFRES. Une étude Ipsos-BVA réalisée pour le Synasav (Syndicat national des entreprises de maintenance en génie climatique) a interrogé 2.600 ménages sur leur rapport à la pompe à chaleur. Voici ce qu'il faut en retenir.

Quel regard les Français portent-ils sur la pompe à chaleur ? C'est l'objet d'une étude Ipsos-BVA réalisée en mars 2026 auprès de 2.600 foyers pour le compte du Synasav (Syndicat national des entreprises de maintenance en génie climatique), qui tenait hier son congrès à Paris et a proclamé à cette occasion son refus du "prosélytisme énergétique", tout en appelant la filière CVC à s'unir.

Au moment où les pouvoirs publics font le pari de l'électrification des usages et de la massification de la PAC, cette enquête apporte un éclairage complémentaire sur les attentes, les choix et les constats de nos compatriotes. En voici les principaux enseignements.

38 % des Français suivent leur consommation d'énergie chaque semaine

D'après l'étude Ipsos-BVA, la part des Français qui déclarent suivre leur consommation énergétique s'élève à 92 %. Sur ce total, 49 % le font via leur compte client chez leur fournisseur d'énergie, 37 % via leurs factures, à un rythme d'environ 1 à 2 fois par mois pour 41 % d'entre eux, et d'au moins une fois par semaine pour 38 %.

29 % souhaitent changer leur système de chauffage

La proportion de nos compatriotes qui envisagent de changer de système de chauffage n'atteint que 29 %. Parmi ceux-ci, 56 % feraient le choix d'une PAC : 23 % pour une unité air/air, 14 % pour un modèle air/eau, 10 % pour une installation géothermique et 9 % pour un système hybride.

"C'est la preuve d'un marché en accélération avec des opportunités commerciales majeures pour la filière", analyse Cyril Radici, directeur général du Synasav. "Le passage à l'acte va dépendre des conseils, de la confiance apportée par les installateurs à leurs clients."

Les radiateurs électriques demeurent le premier mode de chauffe

La pompe à chaleur s'avère déjà bien implantée dans le paysage du chauffage en résidentiel puisque 31 % des sondés vivant en maison individuelle en sont équipés.

Cela dit, si la PAC progresse incontestablement, "elle reste minoritaire" face aux autres systèmes : les radiateurs électriques cumulent 33 % des réponses, la chaudière à gaz 29 %, les cheminées/poêles/inserts à bois 27 %.

"Le CVC est un écosystème sans monoculture : il n'y a pas de système unique, il faut une complémentarité des énergies", rebondit Cyril Radici.

La baisse des factures d'énergie joue à 60 % dans le choix d'une PAC

Toujours selon l'enquête Ipsos-BVA, la principale motivation pour installer une PAC serait la réduction des factures d'énergie, à 60 %, bien loin devant des considérations environnementales ou de confort. Pourtant, 57 % des personnes interrogées considèrent dans le même temps la PAC comme une solution écologique. "Il sera donc important de combiner l'argument écologique à l'argument économique pour toucher davantage de clients", relève le directeur général du Synasav.

Des PAC surtout installées chez les cadres et les jeunes

L'étude met en lumière que les profils de Français les plus concernés par l'installation de PAC sont les CSP+ (les catégories socio-professionnelles supérieures, comme les cadres) et les 18-34 ans, ce qui représente "un risque de fracture sociale" aux yeux des installateurs et mainteneurs. Pour ces derniers, l'enjeu consiste par conséquent à "élargir le marché à d'autres catégories".

88 % des particuliers suivent les conseils d'entretien des installateurs

Les conseils des professionnels en matière d'entretien sont suivis à 88 % par les particuliers, signe de la "légitimité forte" de la filière. Pour autant, nos compatriotes ne connaissent pas toujours le type de PAC qu'ils font installer à leur domicile. "Cela témoigne d'un marché qui va assez vite mais sans accompagnement suffisant. Il y a donc un besoin massif de pédagogie dans la durée", souligne Cyril Radici.

92 % sont satisfaits de leur PAC...

Quarante-six pour cent des utilisateurs de PAC disent constater une baisse réelle de leur consommation d'énergie. "La promesse est donc tenue mais l'enjeu est de maintenir ce niveau de performance et d'améliorer la durabilité des équipements." Le niveau de satisfaction de ces mêmes utilisateurs culmine par ailleurs à 92 %, signe que "la technologie semble répondre à leurs attentes initiales".

... mais 60 % ont néanmoins subi des dysfonctionnements

Malgré tout, 60 % des sondés expliquent avoir rencontré des problèmes avec leur pompe à chaleur. Les dysfonctionnements les plus fréquents sont le bruit (16 %) et la mauvaise répartition de la chaleur (15 %). "C'est pourquoi nous poussons vers un certificat de conformité de l'installation", insiste Cyril Radici.

8 Français sur 10 ignorent que l'entretien d'une PAC tous les deux ans est obligatoire

La part de Français se déclarant précisément favorable à un entretien annuel obligatoire des PAC grimpe à 65 %. Sur ce panel, 84 % entretiennent déjà leur pompe à chaleur au moins une fois tous les deux ans. Les trois quarts font intervenir un professionnel et la moitié d'entre eux ont souscrit un contrat d'entretien. À noter toutefois : seulement 2 personnes sur 10 ont connaissance de l'obligation réglementaire d'entretenir la PAC tous les deux ans !

41 % jugent que la PAC n'est qu'une solution temporaire

Le sondage d'Ipsos-BVA s'est également penché sur la manière dont les ménages financent leur PAC : 43 % assurent l'avoir financé par leurs propres moyens, quand 36 % disent avoir bénéficié de subventions de l'État. Dernier enseignement sur la perception de la pompe à chaleur : 35 % des sondés la voient comme une solution d'avenir, mais 41 % comme une simple solution de transition.

"Le génie climatique restera multi-énergies"

"La PAC progresse mais n'est pas encore dominante. Elle est tirée par l'économie mais pas par l'écologie. La filière est centrale dans la décision, les clients sont satisfaits mais mal informés, l'entretien est donc un point de bascule stratégique et la profession s'avère légitime pour demander son annualisation", synthétise Cyril Radici.

"Plus largement, le génie climatique restera multi-énergies. La PAC ne remplacera donc pas tout, son efficacité dans la durée dépend des installateurs, de leur capacité à convaincre que l'entretien n'est pas une option mais une condition de réussite de la transition énergétique. Il faut adapter nos discours commerciaux pour expliquer qu'une bonne installation est une installation bien dimensionnée, bien installée et bien entretenue", conclut le directeur général du Synasav.


Actualités

Sélection produits