À Lyon, Open Énergies veut repenser les systèmes solaires

Par   Yousra GOUJA

Actualités
Publié le 11 mars 2026
© Yousra Gouja pour XPair
La troisième édition du salon dédié aux ENR et aux flexibilités énergétiques s'est tenue dans un contexte marqué par la publication de la PPE 3 et la préparation du plan d'électrification des usages.
ENJEUX. La troisième édition du salon dédié aux ENR et aux flexibilités énergétiques s'est tenue dans un contexte marqué par la publication de la PPE 3 et la préparation du plan d'électrification des usages. XPair a pris le pouls dans les allées.

À Eurexpo Lyon, la troisième édition d’Open Energies confirme son positionnement singulier. Le salon, qui se tient ces 10 et 11 mars 2026, se veut un lieu de rencontres ciblées. Dans un contexte marqué par la publication récente de la PPE 3 (Programmation pluriannuelle de l'énergie) et dans l'attente du plan d'électrification, les acteurs de la filière viennent confronter leurs visions, leurs innovations et leurs modèles économiques.

À taille humaine et centré sur les usages, l'évènement propose aux professionnels de découvrir des projets concrets et de repartir avec des idées applicables, avec pour objectif d’atteindre entre 650 et 693 térawattheures d’électricité décarbonée d’ici à 2035. Certaines marques viennent par exemple exposer leurs solutions pour relier plusieurs segments de l’énergie.

TCL SunPower : la rencontre de deux marques complémentaires

Steven Beaufrère, directeur commercial de SunPower France (à droite), et Etnik Halili, responsable chauffage et climatisation chez TCL France, travaillent désormais en étroite collaboration. © Yousra Gouja pour XPair

C’est le cas de TCL SunPower, né en 2025 après le rachat global de SunPower par le Groupe TCL. "C’est la première fois qu’on fait un stand commun sur ce salon", explique Steven Beaufrère, directeur commercial de SunPower France. La stratégie repose sur la complémentarité des deux marques : SunPower, positionnée sur le marché premium résidentiel, et TCL SunPower, qui s'adresse pour sa part au milieu de gamme. "On vend des panneaux solaires et des solutions de batteries, mais aussi des systèmes de climatisation", détaille le responsable.

"Le marché n’est pas facile. Avec moins de subventions et moins de tarifs d’achat garantis, on essaie de privilégier des centrales où les clients autoconsomment leur énergie."

- Leslie Rivat, directrice commerciale de Serfim ENR

Pour Etnik Halili, responsable chauffage et climatisation chez TCL France, cette convergence correspond aussi à une évolution du métier d’installateur"Les installateurs ont de plus en plus la casquette énergies renouvelables : un photovoltaïcien va se diversifier vers la climatisation et inversement." Le groupe présente notamment deux nouvelles gammes de panneaux : SunPower P8, orientée résidentiel, et TCL T5 Pro, destinée au marché commercial, ainsi qu’une nouvelle génération de batteries de stockage.

FSI : l’expérience industrielle franco-asiatique

Christophe Kassoyan, directeur associé chez FSI, devant la clôture solaire commercialisée par la marque. © Yousra Gouja pour XPair

À quelques mètres de là, la société FSI raconte une autre trajectoire industrielle, entamée dès les années 1990. Mais l’arrêt des subventions photovoltaïques dans les années 2010 a poussé l’entreprise à regarder ailleurs. Depuis 2012, FSI possède un bureau d’études à Hong Kong.

"La démarche était simple : nous voulions être proche des usines, sachant que nous sommes en Chine depuis 20 ans", indique Christophe Kassoyan, directeur associé chez FSI. L’entreprise revendique néanmoins une identité française. "Sur l’aspect conceptuel, nous déposons nos brevets en France et nous nous présentons comme un fabricant français. Il faut toujours raconter d’où l'on vient !"

Revenue sur le marché tricolore il y a trois ans, la société affiche désormais une croissance à deux chiffres, autour de 15 %. Parmi ses nouveautés : une clôture solaire, ainsi que des structures photovoltaïques pensées comme des ombrières.

Serfim ENR : changer le modèle de construction des centrales

Une centrale solaire photovoltaïque au sol installée par Serfim ENR. © Serfim ENR

D’autres acteurs se rendent sur Open Énergies avec des projets d’infrastructures à grande échelle. C’est le cas de Serfim ENR, filiale du groupe lyonnais Serfim, une entreprise familiale de travaux publics et d’aménagement du territoire qui compte environ 3.000 salariés. "Nous avons une offre de construction de centrales photovoltaïques et nous pouvons également proposer une offre de contractant général", explique Leslie Rivat, directrice commerciale de Serfim ENR.

Mais le modèle du solaire évolue rapidement. "Le marché n’est pas facile. Avec moins de subventions et moins de tarifs d’achat garantis, on essaie de privilégier des centrales où les clients autoconsomment leur énergie." Cette évolution pousse la filière à intégrer davantage de solutions de stockage et à adapter les projets. "C’est maintenant qu’il faut prendre ce virage", insiste-t-elle.

À rebours des grands salons généralistes, Open Énergies assume ce positionnement spécifique : un lieu où les professionnels viennent moins pour voir que pour comprendre, et parfois repartir avec l’idée qui permettra de lancer le prochain projet énergétique sur leur territoire.


Actualités

Sélection produits