Photovoltaïque : la Chine impose ses standards, l’Europe tente de réagir
En matière de solaire photovoltaïque, la Chine impose ses standards et l’Europe suit... à moins qu'elle ne tente, enfin, de réagir ?
"Le low-cost ne signifie pas non qualitatif. Le modèle économique est différent, mais le produit remplit sa fonction."
- Jérôme Teste, président du GMPV-FFB
Contrairement aux idées reçues, le bas coût ne rime pas avec sous-performance. "Les modules chinois affichent aujourd’hui des densités de puissance au mètre carré élevées, issues d’une R&D (recherche et développement) très active. On observe une montée en gamme technologique continue : cellules plus efficaces, formats agrandis, ingénierie maîtrisée..."
Selon lui, il n’existe pas de signal faible indiquant une sinistralité spécifique liée à l’origine des panneaux : "Le low-cost ne signifie pas non qualitatif. Comme dans l’aérien, le modèle économique est différent, mais le produit remplit sa fonction." La compétitivité chinoise repose sur plusieurs leviers bien identifiés : subventions à l’export, volumes industriels massifs, standardisation des formats et logistique optimisée.
Un marché qui va mécaniquement se rééquilibrer
"Les fabricants chinois représentent près de 90 % du marché mondial, ce sont eux qui fixent aujourd’hui les standards dimensionnels et électriques", souligne Jérôme Teste. Les systèmes de raccordement sont désormais précâblés selon les normes européennes, même s'ils viennent de Chine, et ne présentent pas de complexité particulière pour les installateurs.
"L’industrie chinoise ne peut pas rester durablement déficitaire. Elle doit reconstituer ses marges."
- Richard Loyen, délégué général d’Enerplan
Et le contexte économique chinois évolue rapidement : la suppression, au 1er avril 2026, du crédit d’impôt à l’exportation des panneaux solaires, combinée à un plan gouvernemental visant à réduire la surcapacité industrielle, devrait entraîner une concentration du secteur – notamment sur la production de silicium – et une hausse modérée des prix. "L’industrie chinoise ne peut pas rester durablement déficitaire. Elle doit reconstituer ses marges", précise Richard Loyen.
La réindustrialisation, une course contre la montre
Sur le terrain, les installateurs restent prudents. "Le choix du matériel dépendra toujours du client, du financement et du niveau de risque accepté", conclut Richard Loyen. "Les modules low-cost existent, mais au vu des écarts de prix désormais réduits, beaucoup privilégieront des solutions premium." À court terme, la Chine domine. À moyen terme, l’enjeu européen est clair : absorber le différentiel de compétitivité industrielle pour sécuriser une véritable souveraineté énergétique.
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