Solaire, géothermie : les régions sont-elles "au rendez-vous" des objectifs de la PPE 3 ?

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 5 novembre 2026
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Une centrale solaire photovoltaïque.
RENOUVELABLES. Les travaux de concertation engagés dans le cadre des Comités régionaux de l'énergie permettent d'avancer dans la concrétisation des objectifs fixés par la programmation nationale. Mais toutes les filières ne bénéficient pas de cette dynamique.

La déclinaison des objectifs de la PPE 3 en région est en bonne voie. Selon le SER (Syndicat des énergies renouvelables), les travaux de concertation engagés dans le cadre des Comités régionaux de l'énergie (CRé) a visiblement permis d'avancer dans la concrétisation des objectifs fixés par la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie. "Dans plusieurs régions, les propositions d'objectifs de développent des ENR traduisent une ambition forte, parfois supérieure aux objectifs nationaux à l'horizon 2035", indique l'organisation.

Les élus et acteurs locaux semblent donc avoir enclenché une bonne dynamique, "conscients des potentiels importants dont ils disposent" dans leurs collectivités respectives. Concernant le solaire photovoltaïque, l'addition des objectifs proposés par les CRé dépasse par exemple de plus de 3 GW, et de 0,5 à près de 9 GW, les objectifs initialement fixés pour les échéances respectives de 2030 et 2035. Pour le SER, "les territoires ont démontré leur volontarisme pour développer cette filière compétitive et indispensable à la décarbonation de notre mix énergétique".

Des objectifs timorés en géothermie et biogaz

En revanche, les CRé sont plus timorés en matière de géothermie. En géothermie profonde, leurs objectifs proposés atteignent 6,43 GW, et entre 9,26 et 10,27 GW pour 2030 et 2035, là où le texte de la PPE 3 fixe respectivement 6 GW, et entre 8 et 10 GW. En géothermie de surface, les ambitions sont encore plus timides : les CRé proposent 7,97 GW pour 2030, alors que la PPE demande 10 GW, et entre 11,92 et 14,84 GW pour 2035, là où le document initial attend entre 15 et 18 GW.

Idem pour les gaz renouvelables, où les instances locales sont encore loin du compte fixé par l'État : les CRé cumulent pour l'instant 36,91 GW d'objectifs pour 2030, et entre 51,7 et 67,68 GW pour 2035. Les cibles fixées par la PPE sont respectivement de 44 GW, et entre 47 et 82 GW pour ces deux échéances.

Si, au global, les résultats "confirment l'importance d'une planification territoriale qui s'appuie sur les réalités locales, les projets identifiés et le dialogue entre les élus, les services de l'État, les gestionnaires de réseaux et les filières renouvelables", le SER admet que "des ajustements sont nécessaires" pour les filières géothermie et biogaz.

En attendant le décret de régionalisation

Citant l'exemple du biométhane injecté, le syndicat souligne qu'en dépit d'une "dynamique régionale très significative", qui se traduit par la "volonté de multiplier par 3,3 à 4,3 la production en moins de 10 ans", les objectifs des CRé "sont encore loin des objectifs de la PPE et des potentiels régionaux".

Mais les professionnels attendent surtout la publication du décret de régionalisation de la programmation nationale, en espérant que les pouvoirs publics retiennent "des objectifs à la hauteur des potentiels régionaux" et garantissent que "leur cumul permette l'atteinte des objectifs nationaux, notamment pour le biométhane et la géothermie".

Jules Nyssen, le président du SER, résume : "Il appartient désormais à l'État de donner toute sa portée à cette dynamique et de faire de la régionalisation un levier de réussite de la PPE 3", évoquant au passage le besoin "d'une visibilité de long terme", l'actionnement de leviers "pour soutenir les projets" et "accompagner le développement des infrastructures énergétiques", et enfin la levée de contraintes "qui brident certains potentiels de développement".


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