Pourquoi les jeunes ont une "exigence de transparence" envers la filière électro-numérique

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 21 janvier 2026
© iStock/monkeybusinessimages
Formation d'un apprenti en génie climatique.
FORMATION. Le Syndicat des entreprises de la transition énergétique et numérique a réalisé une étude inédite sur l'attractivité des métiers liés à l’électrification et aux bâtiments connectés. Le secteur estime devoir recruter 50.000 salariés supplémentaires d’ici à 2030.

Préparer la génération de demain à la révolution électrique, tel est l’objectif d’une étude inédite menée en 2025 par l’agence Néno et Ipsos-BVA pour le compte du Serce, le Syndicat des entreprises de la transition énergétique et numérique. Pas moins de 500 jeunes, stagiaires ou apprentis au sein des adhérents de l’organisation mais aussi demandeurs d’emploi, ont été interrogés dans toute la France pour savoir comment rendre plus attractifs les métiers de la filière.

L’idée était aussi de connaître leurs canaux d’information privilégiés ainsi que leurs attentes vis-à-vis du monde de l’entreprise. L’enquête, qui s’est particulièrement penchée sur les postes de chef de chantier, technicien de maintenance, monteur électricien et technicien de bureau d’études, a identifié "trois piliers essentiels" de la transmission des savoirs : le tutorat, le compagnonnage et la formation continue.

50 % des sondés mal informés sur les métiers de la filière

Environ 4 salariés sur 5 des entreprises adhérentes au Serce bénéficieraient à ce titre d’au moins une formation de 25 heures par personne et par an, sachant que la moyenne nationale s’élève à 41 %. "De quoi rassurer les jeunes qui sont 72 % à juger la formation continue attractive, et 64 % à estimer qu’un bon métier est celui où l’on apprend toute sa vie", avance le syndicat. Ainsi que les 31 % qui n’envisagent pas a priori de se diriger vers ces métiers parce qu’ils considèrent ne pas disposer des compétences requises.

Car la moitié des sondés déclare être mal informée et 58 % des 15-17 ans sollicités estiment que les professions de la filière souffrent d’un déficit d’image. "Les jeunes générations rejettent les formats institutionnels, jugés trop publicitaires et réclament des approches sincères, incarnées par leurs pairs", analyse l’étude.

Ajoutant : "Ils attendent des témoignages terrain, des vidéos ‘caméra embarquée’ montrant le quotidien des métiers, des ateliers d’immersion sur les chantiers ainsi que des échanges directs avec des professionnels. Cette exigence de transparence reflète le besoin de comprendre la réalité des métiers avant de s’engager."

Modernisation des réseaux et infrastructures

Il y a pourtant urgence à mobiliser les forces vives : le secteur estime avoir besoin de recruter 50.000 salariés supplémentaires d’ici à quatre ans pour répondre à la hausse de la demande en modernisation des réseaux et infrastructures, notamment électriques, pour des applications aussi diverses que la ville connectée, les bâtiments intelligents, les centres de données ou encore les énergies renouvelables.

L’automne dernier, le Serce a lancé à cette fin une campagne de communication grand public sur les réseaux sociaux et a organisé un "Forum virtuel" qui a rassemblé 250 jeunes et une cinquantaine de professionnels. "Ces métiers ancrés dans le quotidien prouvent chaque jour leur impact réel, et leur valeur pour la décarbonation et la réindustrialisation de notre pays", assure le président du syndicat, Jean de Vauxclairs, appelant à les mettre "en lumière pour les révéler au plus grand nombre".


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