Les PAC air-eau présenteraient "d'excellentes performances" en zone H1, avance cette étude

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 9 juin 2026
© iStock/StockSeller_ukr
L'unité extérieure d'une pompe à chaleur équipant une maison dans une région froide.
ANALYSE. Cette enquête, réalisée par un fabricant et un installateur, a épluché les SCOP chauffage, ECS et global d'une centaine d'unités monobloc installées en rénovation dans des maisons anciennes. Les résultats semblent être au rendez-vous... sous certaines conditions.

Alors que les acteurs du bâtiment parlent beaucoup en ce moment de mesure de la performance énergétique réelle, Panasonic Heating & Cooling Solutions et Domosolaris viennent de publier une étude inédite sur les conditions réelles de fonctionnement des pompes à chaleur. Celle-ci tend à démontrer l'efficacité de la solution PAC en zone H1 (regroupant les départements de l'Isère, de la Savoie, de la Haute-Savoie et de la Drôme, où la température moyenne est d'environ -11° C), soit l'une des zones climatiques les plus froides de France... mais sous certaines conditions.

L'industriel japonais et le concepteur-installateur de solutions de rénovation énergétique ont réalisé cette enquête entre l'hiver 2024 et le printemps 2025 auprès de 113 unités Aquarea air-eau monobloc au R32, commercialisées par la marque nippone et installées lors de la rénovation de maisons anciennes d'une surface chauffée moyenne de 130 m², en remplacement d'une chaudière gaz ou fioul. La plupart des installations considérées produisent chauffage et eau chaude sanitaire, avec un ballon moyen de 200 litres.

"Chaque machine a fait l'objet d'un relevé complet lors d'une visite d'entretien annuelle (énergie consommée, énergie restituée, températures de fonctionnement), permettant de calculer trois indicateurs saisonniers essentiels : le SCOP chauffage (rendement moyen saisonnier du circuit de chauffage), le SCOP ECS (rendement moyen pour la production d'ECS) et le SCOP global (rendement de l'ensemble chauffage + ECS)", expliquent les deux acteurs. La publication de cette étude intervient a fortiori dans un contexte politique et industriel qui consacre la PAC comme solution de référence de l'électrification et de la décarbonation du bâtiment, ce que semblent a priori confirmer les résultats obtenus.

Du rôle de l'émetteur

Ces derniers indiquent en effet que l'ensemble des PAC analysées ont enregistré "d'excellentes performances" avec un SCOP chauffage moyen de 4.00, un SCOP ECS de 3.67 et un SCOP global de 3.93.

L'étude met aussi en exergue le rôle de l'émetteur (radiateur ou plancher chauffant) sur l'efficacité de la pompe à chaleur : une vingtaine de maisons où la PAC est reliée à un radiateur de moyenne température (régime d'eau de type 45-55 °C) ont ainsi affiché un SCOP compris entre 3.3 et 3.5.

Une dizaine d'autres habitations où la PAC est branchée à un plancher chauffant (régime d'eau de type 30-35 °C) ont présenté un SCOP autour de 4.8 ou 5.0. Pour Panasonic et Domosolaris, "atteindre ces performances en zone climatique H1 démontre sans appel qu'une pompe à chaleur bien dimensionnée, bien installée et bien suivie conserve d'excellentes performances, même en climat froid".

Le SCOP ECS, "un problème de réglage" ?

S'agissant du SCOP ECS, la moyenne de la flotte atteint 3.67. Une partie des appareils ne dépasse toutefois pas les 3.0, les auteurs de l'étude justifiant cette situation par "la présence de pertes continues, ce qui oblige la PAC à reprendre la production régulièrement", surtout si les consommations d'eau chaude ne sont pas élevées.

De même, une consigne de ballon à 55 ou 60 °C, voire plus encore, peut altérer le fonctionnement d'une PAC, dont le rendement est altéré au-dessus de 55 °C. Une consigne autour de 52 °C est par conséquent recommandée.

L'activation du mode anti-légionelle, qui consiste à pousser le ballon au-delà de 60 °C au moins une fois par semaine grâce à des résistances d'appoint, peut également impacter les performances. Tout comme un ballon surdimensionné et une consommation trop faible. Ce qui fait dire aux deux marques que "le SCOP ECS n'est pas un problème de matériel, c'est un problème de réglage".

La performance ne serait pas "une question de climat"

D'après elles, la conclusion de l'enquête ne souffre d'aucune ambiguïté : les pompes à chaleur peuvent fonctionner dans des conditions climatiques froides, sous réserve qu'un "matériel de qualité" soit installé par un installateur aux "bonnes pratiques", ce qui inclut "le dimensionnement, la pose et le suivi".

"Cette étude menée par Domosolaris prouve, et ceci sans appel, que la technologie de la PAC est la réponse permettant d'avoir un système de chauffage efficace, rentable et décarboné", tranche Thierry Ronat, responsable France de Panasonic Heating & Cooling Solutions.

La performance ne serait donc pas "une question de climat ni de chance", selon le responsable du développement commercial de Domosolaris, Arnaud Gabel : "Elle se construit projet après projet, par un calcul de déperditions rigoureux, une installation conforme aux règles de l'art et un suivi à distance qui permet d'agir avant qu'un dysfonctionnement ne dégrade le confort ou la facture du client".


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