Le recul des élèves ingénieurs inquiète les représentants de la filière
La France va-t-elle manquer d'ingénieurs ? C'est en tout cas ce que redoute Syntec Ingénierie, qui tire la sonnette d'alarme sur la baisse des effectifs constatée dans les formations dédiées. Relayant une note flash publiée en juin par le SIES, le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur, la fédération souligne que 157.600 étudiants étaient inscrits dans ces cycles à la rentrée 2025, ce qui représente une baisse de 0,6 % en un an, et une timide progression de 2 % en cinq ans.
Et ce, "alors que l’économie française réclame, selon l’OPIIEC (Observatoire prospectif des métiers et des qualifications), 50.000 à 60.000 nouveaux ingénieurs par an, pour 46.500 diplômés en 2023", met en garde Syntec Ingénierie. Aux yeux de l'organisation professionnelle, "ces chiffres sont inquiétants" car "l’orientation des lycéens vers l’ingénierie conditionne la capacité du pays à mener à bien ses grandes transformations, de la transition écologique à la souveraineté technologique".
Ce recul tombe d'autant plus mal que 6 sociétés d'ingénierie sur 10 affirment déjà être confrontées à des difficultés de recrutement. D'après Syntec, la profession peut compter sur un vivier de 362.000 salariés travaillant dans 31.500 entreprises qui réalisent un chiffre d'affaires de 62 milliards d’euros. Une situation jugée néanmoins insuffisante, "alors que décarboner l’énergie, adapter les infrastructures au changement climatique ou réindustrialiser les territoires suppose de former puis de recruter toujours plus d’ingénieurs et de techniciens".
Pour Michel Kahan, à la tête de la fédération, la filière doit "mieux faire connaître les métiers de l’ingénierie, susciter davantage de vocations et ouvrir plus largement l’ingénierie à tous les talents, notamment aux jeunes femmes". Le secteur demande en outre aux pouvoirs publics et au monde de l'enseignement de promouvoir ses métiers et ses cursus "dès le lycée", en espérant que les vocations, "notamment féminines", soient à l'avenir considérées comme "une véritable priorité nationale".
