Le Cerema veut aider les collectivités à développer leurs réseaux de chaleur et froid
Connaître le potentiel national de développement des énergies renouvelables thermiques mais rapporté à l'échelle de chaque bâtiment, c'est l'objectif du projet BatENR porté par le Cerema (Centre d'études et d'expertise sur les risques, l'environnement, la mobilité et l'aménagement) avec le soutien de l'Ademe (Agence de la transition écologique) et de la DGEC (Direction générale de l'énergie et du climat). Lancée début 2025, l'initiative marche dans les pas du projet ENRezo, dont le but était déjà d'identifier les pistes de croissance des réseaux de chaleur et de froid.
Avec BatENR, l'idée est cette fois de "déterminer les solutions d'ENR thermiques possibles à l'échelle de chaque bâtiment résidentiel et tertiaire de France : réseau de chaleur, réseau de froid, géothermie sur nappes, géothermie sur sondes, solaire thermique, bois-énergie et pompe à chaleur aérothermique (chauffage/climatisation)", explique le centre d'études et d'expertise sur son site dédié aux réseaux de chaleur.
Ajoutant que "chaque représentant des différentes filières ENR considérées a été concerté sur les hypothèses retenues dans le projet", à savoir la Fedene (Fédération des entreprises de services énergie et environnement), Énerplan (syndicat des professionnels de l'énergie solaire), l'AFPG (Association française des professionnels de la géothermie), le Cibe (Comité interprofessionnel du bois-énergie), le SER (Syndicat des énergies renouvelables), l'Afpac (Association française pour la pompe à chaleur) et Uniclima (Groupement français des industries thermiques, aérauliques et frigorifiques).
Quatre modules cartographiques
Dans les faits, BatENR s'appuie sur la Base de données nationale des bâtiments (BDNB) éditée par le CSTB (Centre scientifique et technique du bâtiment), en l'enrichissant d'indicateurs en lien avec les ENR thermiques et de modules cartographiques, le tout mis gratuitement à disposition des collectivités pour leur permettre de visualiser l'ensemble des données énergétiques des bâtiments implantés sur leur territoire et ainsi localiser, en fonction de leurs propres critères, les potentiels de développement en ENR thermiques.
Dans le détail, quatre modules cartographiques ont donc été élaborés par les porteurs du projet BatENR. D'abord, le module éponyme permet de "visualiser simplement les bâtiments selon leurs caractéristiques et potentiels ENR thermiques ainsi que des données territoriales relatives à différentes ressources d'ENR thermiques". Ensuite, BatENR Expert offre aux professionnels la possibilité de "visualiser les bâtiments selon des critères choisis par l'utilisateur" avec une vue "synthétique à l'échelle d'une commune ou d'un EPCI (établissement public de coopération intercommunale)".
Le module BatENR 2050 est quant à lui directement intégré à BatENR Expert et caractérise "des potentiels ENR au regard de besoins énergétiques prospectifs, calculés selon les scénarios Transition(s) 2050 de l'Ademe". Enfin, BatENR Drom (pour départements et régions d'outre-mer) propose "une méthodologie adaptée aux territoires d'outre-mer pour l'estimation des besoins en froid".
Réalisation de plans locaux de chaleur et de froid
Au-delà d'ENRezo, le projet BatENR s'inscrit dans un écosystème d'outils et de bases de données sur le bâtiment et l'énergie, à l'image de la plateforme France Chaleur Urbaine, rattachée à l'Ademe, de l'outil GoRénov' opéré par le CSTB ou encore du projet Life Escalate, dont Aura-EE (Auvergne-Rhône-Alpes Énergie Environnement) est partie prenante.
BatENR et ENRezo nourrissent par ailleurs les données du Portail cartographique ENR, dont le rôle est d'épauler "les communes dans l'identification de zones potentiellement propices à l'implantation d'ENR sur leur territoire, notamment pour définir les zones d'accélération prévues par l'article 15 de la loi relative à l'accélération de la production d'ENR (Aper)".
À son seul niveau, l'initiative du Cerema veut aider les collectivités à dresser un état des lieux pour construire "une vision partagée du territoire", puis "une approche prospective pour planifier la décarbonation des usages de chaleur et du froid du territoire", et particulièrement pour réaliser des plans locaux de chaleur et de froid, comme l'impose l'article 25 de la directive efficacité énergétique (DEE).
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