"La PAC hybride a été très bien accueillie par les installateurs et les clients", selon PG

Par   Corentin PATRIGEON

Actualités
Publié le 2 octobre 2026
© Corentin Patrigeon pour XPair
Romain Ruillard, directeur général de l'association Professionnels du Gaz.
ÉNERGIES. Aux côtés des acteurs de la molécule, l'association Professionnels du Gaz disposait d'un stand imposant sur Interclima pour présenter les innovations de la filière en matière de décarbonation. XPair a rencontré son directeur général, Romain Ruillard.

XPair : Pouvez-vous commencer par rappeler le rôle de PG ?

Romain Ruillard : L'association des Professionnels du Gaz réunit 13.500 installateurs artisans du gaz partout en France. Elle est gérée par les organisations professionnelles du génie climatique, Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment), FFB (Fédération française du bâtiment) et Synasav (Syndicat national des entreprises de maintenance en génie climatique).

Malgré la conjoncture assez défavorable pour le gaz, vous étiez présents sur l'édition 2026 d'Interclima. Pourquoi ?

R. R. : Je confirme qu'aujourd'hui la situation est défavorable pour le gaz, mais c'est justement parce qu'elle est défavorable que nous devions être présents sur ce salon. Ce sont nos installateurs qui installeront durablement et maintiendront durablement des appareils gaz, car il ne faut jamais oublier que derrière les équipements, il y a des enjeux de qualité et de sécurité.

C'est pourquoi nous devons répondre aux professionnels sur toutes ces interrogations. Il faut aussi pouvoir leur répondre sur l'avenir du gaz, qui, même si le contexte est défavorable, suit une trajectoire pour aller vers 100 % de gaz vert d'ici à 2050.

De nombreuses voix s'élèvent pour dire que l'hybridation est une solution qui ne doit pas être écartée, et qu'il faudrait donc arrêter de pousser systématiquement la pompe à chaleur. Où en est-on aujourd'hui dans le développement de ces technologies hybrides ?

R. R. : La PAC hybride, sur laquelle l'ensemble de la filière gaz a communiqué depuis 2 à 3 ans, a reçu un accueil très favorable des installateurs, mais aussi des clients, pour des vraies raisons : celles d'utiliser la bonne énergie au bon moment, et de faire des économies sur la facture du client.

"La filière veut injecter du sang neuf dans ces métiers afin que les consommateurs ne pensent pas qu'électricité, que pompe à chaleur, mais qu'ils pensent génie climatique au sens large."

Malheureusement, le contexte actuel et la pénalité que nous avons sur la TVA réduisent le positionnement de cette technologie, alors qu'elle a des fondements très importants, notamment sur l'économie et le système énergétique national : elle vient utiliser le bon électron au bon moment, et donc la molécule en soutien de l'électron, surtout lors des pointes hivernales.

Cela évite des investissements supplémentaires pour ces infrastructures énergétiques qui sont déjà colossales. J'espère qu'un jour ces arguments, qui ont tous beaucoup de sens, seront remis sur la table pour être entendus. Mais pour l'instant, nous sommes vraiment déçus de ce bouleversement sur la TVA.

Les technologies sont là, les bio-combustibles aussi, avec l'augmentation de la production de biométhane en France. Reste la question du nombre de bras pour installer ces équipements. Alors que 30.000 recrutements sont prévus dans le CVC au cours des prochaines années, comment la filière gaz s'organise-t-elle pour continuer à attirer et à former les futurs installateurs ?

R. R. : C'est évidemment un sujet, c'est même un enjeu. Au cours des prochaines années, nous tablons effectivement sur plusieurs centaines de milliers d'entreprises qui vont être transmises, voire s'arrêter si elles n'ont pas de repreneurs car leurs dirigeants actuels sont en fin de carrière.

La filière veut donc évidemment injecter du sang neuf dans ces métiers afin que les consommateurs ne pensent pas qu'électricité, que pompe à chaleur, mais qu'ils pensent génie climatique au sens large. Les professionnels doivent pouvoir installer des PAC air/eau, mais aussi des systèmes hybrides et des chaudières, et pouvoir entretenir toutes ces technologies.

C'est pourquoi nous travaillons avec le CCCA-BTP (Comité de concertation et de coordination de l’apprentissage du bâtiment et des travaux publics) pour promouvoir nos métiers auprès des jeunes, pour faire en sorte que les cursus professionnels réservent une part au vecteur eau, mais aussi au gaz. Cela doit permettre aux futurs installateurs de se dire qu'il existe un marché d'installation et d'entretien, qu'ils peuvent y aller, et qu'on saura les accueillir.


Actualités

Sélection produits