Interclima : le bois-énergie revendique "le bon produit au bon endroit"

Par   Yousra GOUJA

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Publié le 1 octobre 2026
© Yousra Gouja pour XPair
Nicolas Willerval, co-président du SFCB (à gauche), et Éric Vial, délégué général de Propellet, sur Interclima 2026.
RENOUVELABLES. Les chaudiéristes biomasse et les professionnels du granulé ont défendu sur Interclima le caractère local de leur énergie, complémentaire de l’électricité et particulièrement adapté à certains territoires. Les dernières orientations en matière d’aides publiques inquiètent la filière.

Le bois-énergie peut-il être écarté d’une stratégie française de souveraineté énergétique ? Pour les représentants de la filière réunis à Interclima lors d’une conférence ce jeudi 1er octobre, la réponse ne fait guère de doute.

La France dispose de ressources forestières importantes sur son territoire et le bois-énergie constituerait à ce titre l'une de ses premières énergies renouvelables. "Le bois-énergie, qui est par essence local, ne peut pas être écarté", insiste Nicolas Willerval, co-président du SFCB (Syndicat français des chaudiéristes biomasse). Un argument qui prend une dimension particulière lorsqu’il s’agit de produire de la chaleur, qui représente une part majeure de la consommation énergétique française.

Pour les professionnels, la souveraineté ne se limite pas à l’origine du combustible. Elle renvoie également à toute une économie territoriale : exploitants forestiers, entreprises de transformation, chauffagistes et installateurs. "Dans un collège au fin fond du Massif Central, le bois peut être exploité localement, par des gens qui travaillent sur le territoire, venant de secteurs à l’abandon", illustre Nicolas Willerval.

"Ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier"

La filière s’inquiète surtout d’une politique énergétique qu’elle juge de plus en plus tournée vers l’électrification. "On ne peut pas mettre tous ses œufs dans le même panier", prévient Éric Vial, délégué général de Propellet. Nicolas Willerval refuse, lui aussi, d’opposer bois et nucléaire : "La production de l’énergie ne peut pas être idéologique. Il faut mettre le bon produit au bon endroit."

Une chaudière biomasse n’a ainsi pas vocation à être installée partout. Mais les professionnels défendent son intérêt dans les bâtiments ayant d’importants besoins de chaleur ou dans des territoires où les alternatives sont moins adaptées. Ils citent notamment les établissements scolaires ruraux ou certains logements sociaux qui ne peuvent pas être raccordés à un réseau de chaleur.

"On en oublie la réalité du terrain", regrette Éric Vial. Pour lui, certains bâtiments resteront confrontés à des contraintes très concrètes : besoin important de chaleur, climat rigoureux ou absence de réseau. Dans ces situations, écarter le bois peut conduire à maintenir plus longtemps des installations au fioul. Les deux représentants s’inquiètent également du recul du soutien public au chauffage au bois.

"Les aides pour le bois sont écartées", résume Éric Vial, qui constate aussi un ralentissement de l’activité chez les installateurs. Là où certains professionnels pouvaient installer "15 à 20 chaudières" par an en 2022, les volumes sont aujourd’hui nettement plus faibles, selon lui.

Une ressource locale issue de plusieurs usages

Reste un point sensible : utiliser du bois-énergie ne signifie pas couper des arbres dans le seul but de les brûler. "Quand on coupe un arbre, ce n’est jamais uniquement pour faire du bois-énergie", rappelle Éric Vial.

Le bois d’œuvre reste destiné aux usages à plus forte valeur, tandis que d’autres fractions peuvent alimenter la fabrication de panneaux, de papier ou la production d’énergie. Les coupes d’éclaircie, les coupes sanitaires ou certains bois dégradés trouvent ainsi un débouché énergétique.

"Nous avons de la chance d’avoir de la forêt car cela veut dire que nous avons du bois", insiste Éric Vial. Pour Nicolas Willerval, cet ancrage territorial reste l’un des principaux arguments du bois-énergie : ainsi, "je reviens au territoire".

Au-delà de la production de chaleur, la filière revendique donc un modèle associant ressource française, emplois locaux et moindre dépendance aux énergies importées. Avec une ligne directrice : ne pas opposer les solutions, mais choisir "le bon produit au bon endroit".


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