Interclima : le biofioul F55 s'imposera partout fin 2027
Ce 29 septembre sur Interclima, Hicham Ossman, docteur ingénieur en mécanique des milieux fluides au CETIAT (Centre technique des industries aérauliques et thermiques) et Frédéric Plan, délégué général de la FF3C (Fédération française des combustibles, carburants et chauffage), ont présenté l’avancement de la commercialisation du biofioul en France.
Cette organisation représente les professionnels de la distribution des énergies hors réseaux – fioul domestique, gazole non routier, gazole vrac, bois-énergie, GPL... – ainsi que des stations-service indépendantes. Il représente également des entreprises de services associés au chauffage (installation, entretien, maintenance) et compte au total plus de 1000 membres.
En marche vers le F55
Lors de cette présentation, Frédéric Plan a rappelé que depuis un arrêté du 23 septembre 2022, les nouvelles chaudières sont obligatoirement compatibles avec le biofioul F30, contenant jusqu'à 30 % d'Emag. Les spécifications des combustibles de type F30 font l’objet de la norme expérimentale XP M15-040.

© Pascal Poggi pour XPair
Hicham Ossman a détaillé les avantages du biofioul. Il contribue d’abord à la sécurisation des approvisionnements énergétiques, puisqu’il est produit localement. Il génère aussi emplois locaux et croissance économique. Ensuite, il réduit les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 26 % avec du F30, de 32 % avec du F55 et de 58 % avec du F100.
Enfin, il est compatible avec le décret n° 2022-8 du 05 janvier 2022, publié le 06 janvier 2022, qui interdit depuis le 1er juillet 2022 l’installation, dans les bâtiments à usage d’habitation ou à usage professionnel, neufs et existants, de systèmes de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire consommant à titre principal des combustibles dont les émissions de gaz à effet de serre sont supérieures ou égales à 300 gCO2eq/kWh PCI, y compris en remplacement d’appareils existants.
Le fioul domestique se situe à 320 gCO2eq/kWh PCI, tandis que le biofioul F30 culmine à 274 gCO2eq/kWh PCI. L’étude du CETIAT prépare la prochaine étape : le passage à des combustibles majoritairement biosourcés F55, puis F100. Pour y parvenir, son travail a porté sur plusieurs aspects.
La stabilité du F100 en stockage dormant sur 12 mois a commencé en décembre 2023. Des essais d’endurance sur quatre chaudières fonctionnant au F100 durant 120 jours se sont terminés en décembre 2024. À la demande du BN ELIP (Bureau de normalisation des énergies liquides et des infrastructures de production), qui agit par délégation de l’AFNOR, le CETIAT a également décrit les spécifications techniques précises du F55 et du F100, dans le but de lancer leur production.
Vingt installations en conditions réelles

Selon Frédéric Plan, le calendrier à venir est maintenant fixé : les conditions de succès de l’emploi du F55 ont été établies par l’étude du CETIAT. Une fois les caractéristiques du F55 et du F100 publiée par le BN ELIP, un décret devrait être publié fin 2027, demandant que toutes les chaudières fioul neuves soient compatibles avec le F55. Le but de la FF3C n’est pas de commercialiser simultanément du F30 et du F55, mais de remplacer entièrement le F30 par le F55 fin 2027.
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