Interclima : le biofioul F55 s'imposera partout fin 2027

Par   Pascal POGGI

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Publié le 30 septembre 2026
© Pascal Poggi pour XPair
Ce 29 septembre sur Interclima, Hicham Ossman, docteur ingénieur en mécanique des milieux fluides au CETIAT (Centre technique des industries aérauliques et thermiques) et Frédéric Plan, délégué général de la FF3C (Fédération française des combustibles, carburants et chauffage), ont présenté l’avancement de la commercialisation du biofioul en France.
FOCUS. Le CETIAT et la FF3C ont présenté l’avancement de la commercialisation du biofioul en France, ainsi que les résultats de suivi d'une vingtaine d'installations en conditions réelles de fonctionnement, réparties dans deux zones climatiques.

Ce 29 septembre sur Interclima, Hicham Ossman, docteur ingénieur en mécanique des milieux fluides au CETIAT (Centre technique des industries aérauliques et thermiques) et Frédéric Plan, délégué général de la FF3C (Fédération française des combustibles, carburants et chauffage), ont présenté l’avancement de la commercialisation du biofioul en France.

Cette organisation représente les professionnels de la distribution des énergies hors réseaux – fioul domestique, gazole non routier, gazole vrac, bois-énergie, GPL... – ainsi que des stations-service indépendantes. Il représente également des entreprises de services associés au chauffage (installation, entretien, maintenance) et compte au total plus de 1000 membres.

En marche vers le F55

Le biofioul est une énergie nouvelle, composée de fioul domestique auquel on ajoute une part croissante d’ester méthylique d’acide gras (Emag), prioritairement issu de colza cultivé en France. Le biocombustible liquide ainsi obtenu est immédiatement substituable au fioul fossile.

Lors de cette présentation, Frédéric Plan a rappelé que depuis un arrêté du 23 septembre 2022, les nouvelles chaudières sont obligatoirement compatibles avec le biofioul F30, contenant jusqu'à 30 % d'Emag. Les spécifications des combustibles de type F30 font l’objet de la norme expérimentale XP M15-040.

À la demande de la FF3C, d’Uniclima, de Biofioul et de plusieurs industriels, le CETIAT a entamé en 2023 une étude approfondie sur le comportement des chaudières avec le biofioul F55. Cette étude s’est terminée à l’automne 2025 et ses conclusions constituent une première marche vers la généralisation du F55, puis du F100.

© Pascal Poggi pour XPair

Hicham Ossman a détaillé les avantages du biofioul. Il contribue d’abord à la sécurisation des approvisionnements énergétiques, puisqu’il est produit localement. Il génère aussi emplois locaux et croissance économique. Ensuite, il réduit les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 26 % avec du F30, de 32 % avec du F55 et de 58 % avec du F100.

Enfin, il est compatible avec le décret n° 2022-8 du 05 janvier 2022, publié le 06 janvier 2022, qui interdit depuis le 1er juillet 2022 l’installation, dans les bâtiments à usage d’habitation ou à usage professionnel, neufs et existants, de systèmes de chauffage ou de production d’eau chaude sanitaire consommant à titre principal des combustibles dont les émissions de gaz à effet de serre sont supérieures ou égales à 300 gCO2eq/kWh PCI, y compris en remplacement d’appareils existants.

Le fioul domestique se situe à 320 gCO2eq/kWh PCI, tandis que le biofioul F30 culmine à 274 gCO2eq/kWh PCI. L’étude du CETIAT prépare la prochaine étape : le passage à des combustibles majoritairement biosourcés F55, puis F100. Pour y parvenir, son travail a porté sur plusieurs aspects.

La stabilité du F100 en stockage dormant sur 12 mois a commencé en décembre 2023. Des essais d’endurance sur quatre chaudières fonctionnant au F100 durant 120 jours se sont terminés en décembre 2024. À la demande du BN ELIP (Bureau de normalisation des énergies liquides et des infrastructures de production), qui agit par délégation de l’AFNOR, le CETIAT a également décrit les spécifications techniques précises du F55 et du F100, dans le but de lancer leur production.

Vingt installations en conditions réelles

Le centre a suivi 20 installations en conditions réelles de fonctionnement, réparties dans deux zones climatiques : H1c (froide) et H2d (tempérée). L’étude a porté sur cinq chaudières avec du F55, et deux avec du F100 en zone H2d ; ainsi que sur six chaudières avec du F55, et sept avec du F100 en zone H1c. Avec, lors de chaque visite, la vérification des paramètres de combustion : CO2, températures de fumées, émissions de NOx, de CO et indice de noircissement, ainsi qu’une inspection visuelle des composants du brûleur et du corps de chauffe.

Résultat des 20 sites suivis par le CETIAT : 64 % des sites ne présentaient pas d’encrassement gênant, mais 46 % montraient un encrassement important. Le centre a donc approfondi son analyse et s’est rendu compte que ce phénomène était lié à la cokéfaction des résidus de combustion, ce qui requiert une adaptation des brûleurs en généralisant les systèmes anti-goutte pour limiter les gouttes résiduelles lors des phases d’arrêt et de préchauffe.

© Pascal Poggi pour XPair

Selon Frédéric Plan, le calendrier à venir est maintenant fixé : les conditions de succès de l’emploi du F55 ont été établies par l’étude du CETIAT. Une fois les caractéristiques du F55 et du F100 publiée par le BN ELIP, un décret devrait être publié fin 2027, demandant que toutes les chaudières fioul neuves soient compatibles avec le F55. Le but de la FF3C n’est pas de commercialiser simultanément du F30 et du F55, mais de remplacer entièrement le F30 par le F55 fin 2027.


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