La filière solaire craint que la dynamique "prometteuse" du photovoltaïque ne "s'enraye"

Jusqu'à quand le photovoltaïque va-t-il surfer sur sa dynamique "prometteuse" ? C'est l'interrogation soulevée par la dernière édition de l'Observatoire de l'énergie solaire photovoltaïque, publiée par le groupe de réflexion France Territoire Solaire et qui s'intéresse aux chiffres du marché pour le 4ᵉ trimestre 2024.
Une période qui a enregistré un volume de raccordement en hausse, totalisant 1.586 mégawatts après 1.351 MW sur les trois mois précédents. Sur l'année, la capacité totale raccordée au réseau s'élève à 4.914 MW, ce qui permet à la France d'atteindre "23 GW de capacité installée totale", souligne le nouveau président de France Territoire Solaire, Hadrien Clément.
"Record absolu" sur le segment des grandes toitures
Dans le détail des segments, l'autoconsommation, qu'elle soit totale ou partielle, baisse légèrement avec environ 59.540 installations raccordées, quand les installations domestiques d'une puissance inférieure à 36 kilowatts augmentent timidement, avec 317 MW raccordés.
En ayant branché 61 MW, le segment des moyennes toitures (entre 36 et 100 kW) est en recul. À l'inverse, les grandes toitures (100 à 500 kW) enregistrent une "très forte hausse" avec un volume raccordé de 595 MW, "ce qui constitue un record absolu" d'après l'observatoire.
Les très grandes toitures (500 kW à 1 MW) sont également à la peine, en n'ayant branché que 14 MW au réseau entre octobre et décembre 2024. Enfin, le segment des grandes installations (500 kW et plus) est en progression, avec 614 MW nouvellement raccordés (hors données de RTE). Des résultats néanmoins mitigés qui appellent la filière à la prudence.
Plus de 25 GW de projets en file d'attente
"Cette dynamique, qui correspond à la trajectoire basse de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE, 54 GW en 2030), pourrait toutefois s'enrayer dans les années qui viennent, en conséquence des fortes incertitudes qui pèsent sur le secteur, et en particulier sur ses deux segments les plus pourvoyeurs de volumes : les toitures de 100 à 500 kilowatts-crête, confrontées à la suppression du guichet tarifaire, et les centrales solaires au sol, dont une partie significative du gisement de projets pourrait se voir amputer en cas d'adoption de la proposition de loi du député Pascal Lecamp, actuellement en cours d'examen à l'Assemblée nationale", déroule Hadrien Clément.
Le texte déposé par le parlementaire "vise à compléter les sujets non traités dans la loi Aper (loi d'accélération de la production d'énergies renouvelables), le précédent décret et à mieux encadrer l’agrivoltaïsme, notamment sur le volet foncier et le partage de la valeur". Une proposition de loi qui inquiète donc les professionnels, déjà refroidis par la révision de l'arrêté tarifaire pour le segment S21.
Fin 2024, la part d'électricité PV dans la consommation brute d'électricité en France a atteint 4,9%. La file d'attente sur le réseau de distribution s'est toutefois encore allongée : au 31 décembre dernier, le stock de projets cumulait 25,35 gigawatts, signe que les investisseurs demeurent confiants dans cette source d'énergie.
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