ETAP parie sur le jumeau numérique pour accompagner l’essor des data centers

Par   Yousra GOUJA

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Publié le 28 mai 2026
© Yousra Gouja pour XPair
Le défi consiste, selon Tanuj Khandelwal, président-directeur général d'ETAP, à "collecter toutes les data" alors qu’elles sont souvent "réparties dans plusieurs espaces".
TECHNOLOGIE. La filiale de Schneider Electric fonde son approche sur un jumeau numérique électrique unifié, destiné à optimiser la conception, l’exploitation et la performance énergétique des "usines à IA", dont la puissance installée ne devrait cesser de croître.

Les data centers auront besoin du jumeau numérique pour se déployer. C'est du moins ce que pense ETAP, la filiale de Schneider Electric spécialisée dans les solutions logicielles et systèmes électriques. À l’occasion d’une conférence de presse organisée ce 28 mai à Paris, l’entreprise, qui renforce sa présence en France avec une expertise dédiée aux data centers et aux "AI factories" (infrastructures dédiées à la puissance de calcul de l'intelligence artificielle), a présenté son approche fondée sur un jumeau numérique électrique unifié, destiné à optimiser la conception, l’exploitation et la performance énergétique de ces sites.

ETAP revendique 40 ans d’existence, 25.000 clients dans le monde et un siège en Californie. Détenue par Schneider Electric depuis 2018, la société a lancé la marque ETAP en avril 2023. En France, elle compte 200 collaborateurs et 15.000 clients. Au cœur de la stratégie d’ETAP figure le jumeau numérique électrique, le défi consistant, selon Tanuj Khandelwal, président-directeur général de la société, à "collecter toutes les data" alors qu’elles sont souvent "réparties dans plusieurs espaces".

L’objectif est donc de faire travailler tous les acteurs sur une même base : "Les mêmes informations sont transportées d’un département à un autre, ils travaillent tous sur le même jumeau numérique". ETAP parle d’un jumeau numérique unique qui accompagne tout le cycle de vie d’un projet : conception, construction, ingénierie, opération, maintenance et optimisation. Cette solution "multidimensionnelle, augmentée par l’IA" repose sur des données opérationnelles en temps réel, des modèles de simulation et d’analyse, des configurations, des visualisations graphiques et l’historique des révisions.

Des data centers sous pression énergétique

Pour Guillaume Horreard, vice-président chargé de la réussite client (VP Customer Success), les AI factories posent deux défis majeurs : "l’accès à l’énergie" et la capacité à "gérer des pics de demandes". Selon les éléments présentés, la consommation électrique des serveurs d’IA devrait croître de 30 % par an d’ici à 2030, contre +9 % pour les serveurs traditionnels. "À chaque niveau critique, le jumeau numérique électrique devient essentiel", a-t-il souligné.

Cette approche doit notamment permettre d’éviter "un arrêt complet du data center" grâce à la maintenance prédictive. ETAP met aussi en avant son partenariat avec Nvidia. Son jumeau numérique intègre en effet Nvidia Omniverse, plateforme de jumeau numérique 3D, pour proposer une approche plus précise, "du réseau à la puce". L’objectif est d’obtenir davantage de granularité : "Avant, on avait des infos au niveau du rack ; maintenant, on a des infos à un niveau beaucoup plus fin".

Panneaux photovoltaïques et courant continu

Dans ce contexte, l’IA est aussi appelée à assister les utilisateurs, notamment avec des fonctions d’"auto-complete" pour le dessin de l’architecture électrique ou l’assistance à la conception. En France, la puissance installée nationale des data centers atteignait 714 mégawatts en 2024. Mais les AI factories changent d’échelle : Yohann Riffard, directeur France d'ETAP, a évoqué l’exemple d’une infrastructure pouvant atteindre 1 GW.

L’entreprise a aussi cité des cas d’usage français autour de la stratégie des data centers, de l’efficacité énergétique à l’ajout de panneaux photovoltaïques en passant par le suivi d’indicateurs comme le PUE (Power Usage Effectiveness, ou indicateur d'efficacité énergétique) et le DCIE (Data Center Infrastructure Efficiency, ou indicateur d'efficacité énergétique des centres de données).

Guillaume Horreard identifie pour sa part trois tendances : "Aller davantage vers le courant continu, réduire l’empreinte carbone et intégrer l’IA dans le jumeau numérique électrique". Pour Tanuj Khandelwal, le jumeau numérique permet surtout de "réduire les erreurs et omissions" et de vérifier les données à chaque étape. "Plus vite nous serons en mesure d'anticiper, plus nous pourrons réaliser des économies", a-t-il résumé.


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