Auvergne-Rhône-Alpes : avec son AMI, le CEPAC espère bien faire des émules
Bientôt des appels à manifestation d'intérêt (AMI) sur la pompe à chaleur partout en France ? Le CEPAC (Centre d'expertise de la pompe à chaleur), émanation de l'AFPAC (Association française pour la pompe à chaleur), veut y croire. À l'occasion de l'édition 2026 d'EnerJ-Meeting Lyon, la Journée de l'efficacité énergétique et environnementale du bâtiment organisée par Batiactu Groupe (propriétaire d'XPair) au Palais de la Bourse de la Capitale des Gaules, ses représentants ont explicité leur feuille de route.
"La PAC est aujourd'hui portée et accompagnée par les pouvoirs publics, mais il y a un verrou à lever autour de sa prescription pour accélérer la décarbonation du bâtiment, la baisse des consommations d'énergie et les gains de pouvoir d'achat pour les ménages comme pour les entreprises."
- Arnaud Kautzmann, délégué général du CEPAC
"Le CEPAC fait partie des bras armés de la filière pour déployer les prescriptions de PAC dans tous les marchés du bâtiment", a déclaré Arnaud Kautzmann, son délégué général. Créé en mars dernier et comptant parmi ses membres fondateurs le CETIAT (Centre technique des industries aérauliques et thermiques) ou encore le groupement d'industriels Uniclima, le centre espère surfer sur l'annonce par le Gouvernement des 109 territoires d'électrification – dont la métropole de Lyon fait partie – pour déclencher un certain nombre d'installations dans les mois à venir.
Avec une activité très centrée sur les projets de rénovation, les spécialistes de la structure constatent pourtant que la pompe à chaleur "n'est très souvent pas étudiée" dans le cadre des réhabilitations. Et ce n'est pas le seul angle mort qui persiste. "Il faut trouver des chemins, notamment pour le logement collectif. L'objectif est d'avoir des solutions 100 % PAC à horizon 2050", affirme Arnaud Kautzmann.
Déverrouiller le logement collectif
La filière peut certes déjà compter sur quatre guides axés sur le résidentiel collectif publiés par l'AFPAC au cours des dernières années. Une autre publication, cette fois consacrée à l'intégration architecturale des PAC, devrait voir le jour à la fin du mois à l'occasion d'Interclima.
En mobilisant ainsi l'écosystème, le CEPAC fait le pari de l'intelligence collective pour lever les freins. "Quand elle est techniquement faisable et performante, on essaye de faire en sorte que la PAC soit prescrite", insiste Arnaud Kautzmann. "Notre projet n'est pas de réaliser la massification mais de la déclencher."
Pour atteindre son but, le centre mène d'autres initiatives. En région Auvergne-Rhône-Alpes (AURA), c'est le cas d'un démonstrateur, consistant en réalité en une sorte de collectif régional visant à partager les retours d'expérience et les bonnes pratiques. En Île-de-France, le CEPAC discute actuellement avec l'ALEC (Agence locale de l'énergie et du climat) de Paris pour accompagner, sur le même modèle, des copropriétés dans l'installation de PAC.
Financer l'instrumentation et réaliser le suivi des performances
Mais pourquoi avoir commencé par AURA ? "C'est l'une des régions les plus matures en matière de transition écologique et énergétique du bâtiment, avec de nombreux acteurs (fabricants de PAC, panneaux solaires photovoltaïques…) présents sur son territoire", répond Florian Remond, responsable des Boosters ENR&R et Réemploi.
"L'idée est de fédérer les donneurs d'ordre en travaillant sur les questions qui fâchent, les contre-références… On crée une animation locale en se retrouvant régulièrement avec les acteurs lors de réunions techniques où ils partagent leurs expériences, leurs expertises, et on déploie des contenus techniques, comme des guides ou une hotline."
- Florian Remond, responsable des Boosters ENR&R et Réemploi.
Le CEPAC a aussi l'ambition de cartographier les réalisations locales, sur le principe de "la démonstration par la preuve", et organise une remise de trophées pour saluer les projets exemplaires. Autre outil : le lancement d'un AMI opéré par ses soins pour déployer des projets de manière sécurisée et partager les bonnes pratiques.
"L'appel s'adresse aux bailleurs sociaux publics et privés basés en AURA pour des projets intégrant le recours à une ou plusieurs PAC, de tous types, dans le cadre d'une opération de rénovation, pour tous types d'usages…"
"Le marché repart"
Toujours selon Florian Remond, l'accompagnement des projets est sur-mesure et le jury, indépendant et représentatif de la filière. "Il est évident qu'on va aller chercher des projets sur lesquels on peut avoir de la généralisation et de la reproductibilité. On ne veut pas non plus avoir de projets trop avancés, car l'idée est bien de financer la partie instrumentation et de réaliser le suivi des performances."
Une première étape avant une éventuelle généralisation du dispositif ? "L'AMI a vocation à voir comment le marché répond, et oui, éventuellement à être étendu à d'autres territoires", indique Arnaud Kautzmann auprès d'XPair. "La dynamique est là, le marché repart, certes de bas, mais il repart. La technologie est mature et la filière est organisée ! Depuis l'annonce du plan d'électrification et le lancement du CEPAC, on constate une hausse de l'activité."
D'après son délégué général, le CEPAC a donc de beaux jours devant lui. "Il y a un vrai potentiel sur le logement collectif, même s'il reste des freins psychologiques et techniques à lever. Les dernières mises à jour réglementaires poussent clairement la PAC comme solution de décarbonation à la place du gaz, qui n'est plus compétitif aujourd'hui."
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