À "un point de bascule", la distribution du CVC cherche à "adapter ses modèles"
"Impact". C'est le terme choisi par Coédis, la fédération des distributeurs d'équipements et solutions électriques, génie climatique, plomberie et sanitaires, comme fil directeur de son congrès 2026, qui s'est tenu ce 21 mai à Paris.
Son président,
Considérant que son "rôle pivot" est parfois oublié dans les discussions stratégiques entre la filière et les pouvoirs publics, il a rappelé le poids économique de la fédération : 40.000 personnes employés dans 400 entreprises – indépendants comme grands groupes – réalisant un chiffre d'affaires de 15 milliards d'euros et approvisionnant quelque 200.000 professionnels du bâtiment en produits et services sur les segments résidentiel, tertiaire et industriel. "Notre force est notre maillage territorial exceptionnel", appuie José Pretot.
"Les choses ont changé"
Mais quatre ans après la naissance de Coédis, résultant de la fusion entre la FDME (Fédération des distributeurs de matériel électrique et génie climatique) et la Fnas (Fédération des négociants en appareils sanitaires, chauffage, climatisation et canalisation), "les choses ont changé".
"Il faut comprendre ces changements et adapter nos modèles, transformer nos efforts en ambitions car notre place dans la chaîne de valeur, notre capacité à transmettre cette valeur à nos clients installateurs, est en jeu."
- José Pretot, président de Coédis
Covid, guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient, perturbations des chaînes mondiales d'approvisionnement, crise énergétique, instabilité politique et réglementaire française, urgence climatique, révolution numérique... Le contexte international et national plombe l'activité du secteur. "Le momentum que nous traversons est une transformation structurelle de notre marché, c'est un point de bascule", insiste le dirigeant de Coédis.
"Tout bouge et s'accélère, et cela remet en cause les fondamentaux de nos métiers. Il faut comprendre ces changements et adapter nos modèles, transformer nos efforts en ambitions car notre place dans la chaîne de valeur, notre capacité à transmettre cette valeur à nos clients installateurs, est en jeu. Le danger n'est pas le changement, mais de ne pas voir ce changement", déroule-t-il.
Scepticisme autour de la "bifurcation" électrique
La solution ? "Bien exécuter les transformations" nécessaires.
"Nous avons un atout, c'est notre électricité. Nous sommes aujourd'hui dans un vécu thermique et nous devons aller vers un vécu électrique ; c'est une bifurcation", a commenté Serge Papin, le ministre des PME, du Commerce et de l'Artisanat, dans une allocution vidéo diffusée pendant le congrès.
Un discours officiel qui ne convainc visiblement pas tout le monde. "Il y a un espèce de vide dans le débat public, sur l'économie d'une manière générale, et sur l'entreprise en particulier", tacle Patrick Martin, président du Medef, également invité à l'évènement. "Si nous ne occupons pas de nous-mêmes, personne d'autre ne le fera à notre place. Nous devons occuper le terrain."
Vers un "déclassement" de la France ?
Celui qui est aussi à la tête de l'ETI familiale Martin Belaysoud Expansion, spécialisée dans la distribution industrielle et le bâtiment, déplore "une déconnexion globale de la France" sur les plans technologique et économique au vu de la course du monde, et particulièrement de celle de la Chine. Les réponses apportées par le gouvernement français dans ce contexte ne lui paraissent pas suffisantes.
"Il y a un espèce de vide dans le débat public, sur l'économie d'une manière générale, et sur l'entreprise en particulier."
- Patrick Martin, président du Medef
"Sur le logement, on s'est battu et on a obtenu le dispositif Jeanbrun (issu du plan Relance logement, il permet, sous conditions, aux propriétaires bailleurs dans le collectif de déduire de leurs revenus locatifs une partie du prix d'achat du bien et l'intégralité des charges locatives, NDLR), mais on est obligé de convenir qu'il a un peu de retard à l'allumage, notamment parce qu'il a été télescopé par la hausse des taux d'intérêt", poursuit-il.
Le patron des patrons se dit donc "inquiet" de la situation actuelle et du "déclassement" de l'Hexagone, en partie imputable selon lui à "la méconnaissance de nos responsables politiques sur l'économie et le monde de l'entreprise". Sur le plan énergétique, Patrick Martin reconnaît certes que la France "ne peut pas ne pas aller vers l'électrification".
Pour autant, "nos modèles économiques sont condamnés – je ne sais pas à quel horizon, mais ils sont condamnés". Et d'appeler à une mobilisation du monde entrepreneurial et à un sursaut de la classe politique pour tenter de (re)prendre en marche le train de la mondialisation.
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