"Relance logement" : comment le Gouvernement compte redynamiser la rénovation

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 26 janvier 2026
© Capture d'écran X Gouvernement
De gauche à droite : le ministre du Logement Vincent Jeanbrun, le Premier ministre Sébastien Lecornu et la porte-parole du Gouvernement Maud Bregeon.
POLITIQUE. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un plan censé apporter un nouveau souffle à la rénovation énergétique comme à la construction neuve.

Les acteurs du bâtiment n'y croyaient plus. Lors d'un déplacement le 23 janvier à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le lancement du plan "Relance logement" censé remettre l'activité du secteur sur les rails de la croissance.

Il faut dire que nombre de professionnels n'ont eu de cesse de tirer la sonnette d'alarme depuis des mois : plombées par les répercussions de la crise du Covid, par la flambée des prix des matières premières et des taux d'intérêt, ou encore par les incertitudes persistantes autour du financement de la rénovation énergétique, les entreprises de la filière ont cumulé les difficultés économiques depuis plusieurs années, ce qui a logiquement fait chuter le nombre de logements disponibles.

D'après l'exécutif, les mises en chantier de logements ont ainsi dégringolé de 22 % entre décembre 2024 et novembre 2025 en comparaison à la moyenne des cinq années précédentes. Face à ce constat, le plan d'action des pouvoirs publics est pour le moins ambitieux.

500 millions et un statut du bailleur privé pour inciter à rénover davantage

"Je ne doute pas que nous serons surveillés dans notre capacité collective, avec la profession, à réussir et être capables de sortir 2 millions de logements d'ici à 2030", a déclaré Sébastien Lecornu, soit "400.000 logements par an", un chiffre qu'il a lui-même reconnu comme étant "absolument colossal". Actuellement, moins de 300.000 sortent de terre chaque année. L'État vise en parallèle 50.000 nouveaux logements locatifs par an dans le parc privé (contre 10.000 en 2025), et ce dès cette année, et veut construire ou rénover 125.000 logements du parc social chaque année (contre 112.000 l'année dernière).

Considérant que le logement est l'une "des grandes urgences" qui "ne pourront pas attendre le grand débat" de l'élection présidentielle de 2027, le chef du Gouvernement estime que le plan "Relance logement" est l'un des "plus radicaux" puisqu'il consacre une augmentation des moyens "inédite depuis neuf ans" dans l'optique de "relancer massivement la construction et la rénovation".

Pour y parvenir, l'État va donc allouer 500 millions d'euros supplémentaires aux budgets de 700 bailleurs sociaux pour les inciter à rénover davantage. Il instaure également le tant espéré statut du bailleur privé, un dispositif fiscal de soutien à l'investissement immobilier disponible sur l'ensemble du territoire et sans condition de zonage. La mesure s'appliquera aux logements neufs comme anciens, sous réserve pour ces derniers d'effectuer des travaux de rénovation d'un montant d'au moins 30 % de la valeur du bien. Dans tous les cas, les loyers des logements qui en bénéficieront seront plafonnés.

Le retour de la simplification

Le serpent de mer de la simplification a aussi refait surface à cette occasion. Une batterie de mesures normatives devrait ainsi entrer en vigueur au cours des prochains mois afin de faciliter les projets immobiliers des acteurs locaux, à l'image des futures "zones à bâtir d'urgence" au sein desquelles les maires des communes concernées feront l'objet d'une "pause normative à titre dérogatoire, exceptionnel et transitoire".

En complément, le futur projet de loi de décentralisation et de réforme de l'État sera doté d'un "titre logement" afin de transférer la compétence en matière d'autorisations d'urbanisme aux maires et de "conforter très significativement le bloc communal dans la gestion des aides au logement". La signature d'une "charte d'engagement" constituera la prochaine étape du plan de relance du logement : ce document censé matérialiser cet "acte de confiance" entre les autorités et les acteurs du bâtiment devrait notamment être paraphé par la Fédération française du bâtiment (FFB) ou l'Union sociale pour l'habitat (USH).


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