La rénovation énergétique poursuit son recul et plombe l'activité des artisans
Pour les artisans du bâtiment, le 1er trimestre 2026 est à l'image de l'ensemble de l'année 2025 : dégradé. Selon la dernière note de conjoncture de la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment), l'activité enregistrée au cours des trois premiers mois de l'année n'a pas permis de compenser la flambée des coûts subie en parallèle par les installateurs, notamment à cause de la crise énergétique engendrée par la guerre en Iran.
"Les dernières données conjoncturelles montrent que nous sommes à un point de bascule. L'activité, déjà orientée à la baisse depuis des mois, est fortement pénalisée par la réalité des coûts qui repartent fortement à la hausse. Avec les tensions actuelles au Moyen-Orient, nos entreprises subissent un nouveau choc qu'elles ne peuvent plus absorber. C'est la crise de trop", commente le président de la confédération, Jean-Christophe Repon.
80 jours de carnets de commandes
En un an, l'activité des entreprises artisanales du bâtiment a effectivement reculé de 1,5 % entre janvier et mars. La baisse est de 1 % pour l'entretien-amélioration et s'enfonce jusqu'à 2,5 % dans le neuf, pour des carnets de commandes allant jusqu'à 80 jours. En encaissant -1,5 %, les travaux de rénovation énergétique diminuent pour le 6e trimestre consécutif.
Dans le même temps, un tiers des artisans interrogés par la Capeb déclare constater un impact important, voire très important de la hausse des prix du pétrole : dans 85 % des cas, les déplacements vers les chantiers sont les plus affectés ; dans 44 % des cas, l'inflation se diffuse à travers les fournisseurs, les coûts de transport et les matériaux.
Craintes sur l'emploi
La Capeb, qui rappelle que la guerre en Ukraine avait déjà provoqué en 2022 une augmentation de 30 % des prix en moyenne, demande par conséquent aux pouvoirs publics de réagir "immédiatement pour éviter l'enlisement des entreprises artisanales du bâtiment dans le marasme économique". Son enquête de conjoncture met en évidence une chute à -18 points du solde d'opinion des entrepreneurs sur leur trésorerie : un quart d'entre eux fait désormais part d'un besoin de financement de 24.000 € en moyenne, quand 19 % déplorent une réduction de leurs marges.
Dans les deux tiers des cas, l'inflation des matériaux et des énergies serait la cause directe de cette situation financière tendue. Jean-Christophe Repon dit ainsi attendre "des mesures concrètes et efficaces" de l'exécutif pour limiter la casse, surtout sur le front de l'emploi. Fin 2025, quelque 12.200 postes avaient déjà été supprimés sur un an dans les entreprises de moins de 10 salariés. D'après la Capeb, "les perspectives restent orientées à la baisse, avec davantage d'entreprises envisageant de réduire leurs effectifs que d'en recruter".
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