Sébastien Lecornu va enfin signer le décret de la PPE 3, la filière ENR soulagée

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 9 février 2026
© iStock/anatoliy_gleb
Un installateur pose des panneaux solaires photovoltaïques sur le toit d'une maison.
POLITIQUE. Le Premier ministre devrait ratifier le texte tant attendu d'ici au 13 février. Les syndicats représentatifs des énergies renouvelables saluent les dernières orientations gouvernementales.

Conclusion en vue pour le feuilleton de la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) ! En discussion depuis deux ans et demi, le décret désespérément attendu par les professionnels de l'énergie mais aussi du bâtiment va enfin être signé et présenté par le Premier ministre "en fin de semaine", d'après le compte X de Sébastien Lecornu.

"Décarboner le pays passe par la relance de la production électrique. Six nouveaux réacteurs nucléaires sont déjà en construction, avec la possibilité d’en construire huit de plus. Toutes les énergies renouvelables continueront leur développement. Aucun moratoire ne les touchera", a détaillé le locataire de Matignon. Les organisations représentatives des ENR se sont évidemment félicitées de ce dernier point, après avoir été reçues vendredi dernier par le chef du Gouvernement et le ministre de l'Économie et de la Souveraineté énergétique, Roland Lescure.

Dans un communiqué commun, l'association France Renouvelables (dédiée aux ENR électriques et aux solutions de stockage), le Syndicat des énergies renouvelables (SER) et le syndicat des professionnels de l'énergie solaire Énerplan assurent avoir obtenu "des garanties du Premier ministre sur la relance des appels d'offres", l'exécutif ayant visiblement aussi reconnu "un sentiment d'urgence (...) lié au contexte géopolitique international".

La PPE 3 visera 60 % de consommation d'énergie décarbonée en 2030

Les acteurs se disent prêts à "prendre [leur] part" mais demandent à faire partie d'une "véritable 'équipe de France des énergies' alignée sur des objectifs clairs et ambitieux". Du côté de Matignon, on réaffirme qu'opposer "nucléaire et renouvelables est une impasse", jugeant que "la vraie bataille, c’est sortir du carbone et réduire notre dépendance aux importations" et fixant un objectif "assumé : 60 % de notre consommation d’énergie d’origine décarbonée en 2030 et des prix stables, parmi les moins chers d’Europe".

La route est en effet encore longue : selon le SDES (Service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique), la consommation d'énergie primaire de la France s'est établie à 2.575 térawattheures en 2024, avec un bouquet composé de 41 % de nucléaire, 28 % de pétrole, 12 % de gaz naturel, 17 % d'énergies renouvelables et déchets, et 2 % de charbon, soit 42 % de combustibles fossiles au total.

"La PPE 3 doit être un cadre opérationnel, lisible et crédible, pour permettre de déclencher des investissements en faveur de l'industrie, des territoires et de l'emploi", concluent France Renouvelables, le SER et Énerplan, assurant souhaiter "le succès de ce plan d'électrification". En décembre déjà, Sébastien Lecornu avait reconnu que l'énergie était "un thème important qui ne peut pas attendre l’élection présidentielle de 2027". La PPE 3 doit définir la trajectoire énergétique de la France jusqu'en 2035.


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