Les chauffagistes au bois estiment que la PPE 3 "fragilise" le système énergétique français

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 16 mars 2026
© iStock/Rafa Jodar
Illustration du remplissage d'une chaudière biomasse avec des granulés de bois.
RENOUVELABLES. La filière du granulé de bois et pellet met en garde sur l'illusion du "tout-électrique" véhiculée, selon elle, par la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie. Elle appelle à rééquilibrer le bouquet énergétique en faveur des ENR locales.

Il vaut mieux ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Propellet, l'association des professionnels du chauffage au granulé de bois et pellet, a repris à son compte le vieil adage pour qualifier la troisième Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 3) qui, si elle a le mérite de fixer enfin le cap attendu par le secteur de l'énergie depuis deux ans et demi, consacre "un basculement" pouvant s'avérer néfaste.

"Miser quasi-exclusivement sur l'électrification revient à fragiliser notre système énergétique", juge Éric Vial, le délégué général de l'organisation professionnelle, allant jusqu'à parler d'une "erreur stratégique". Selon lui, la pertinence de solutions alternatives au tout-électrique ne doit pas être négligée, particulièrement sur le plan des performances et du retour sur investissement.

Pas de concurrence entre les usages du bois

"Le chauffage au bois moderne est une énergie renouvelable locale, pilotable et performante, qui soulage le réseau électrique au lieu de le surcharger", ajoute-t-il. Il présenterait aussi l'intérêt de ne pas contribuer aux pics de consommations électriques hivernaux tout en contribuant à la souveraineté énergétique de l'Hexagone grâce à une ressource produite sur le territoire national.

Les inquiétudes relatives au bouclage de la biomasse sont également balayées : Propellet rappelle que le bois-énergie, et notamment le granulé, "est majoritairement issu de sous-produits de la filière forêt-bois (sciures, copeaux, connexes de scieries) et non de coupes dédiées", ce qui l'empêcherait de fait de se retrouver "en concurrence avec les usages les plus nobles du bois".

Hausse du nombre d'appareils, baisse de leur consommation de combustible

En parallèle, le parc d'appareils de chauffage au bois se modernise. L'amélioration des performances permet ainsi aux nouveaux équipements de réduire leurs besoins en combustible : l'association affirme que la consommation de bois pour le chauffage domestique a chuté de 38 % entre 2000 et 2020, tandis que le nombre de foyers chauffés au bois a bondi de 25 % dans le même laps de temps.

L'orientation de la PPE 3 ne satisfait donc pas les chauffagistes au bois, qui estiment que "la transition énergétique ne se gagnera pas en concentrant les efforts sur une seule technologie" mais, au contraire, "par la diversification, la complémentarité et la reconnaissance de toutes les ENR performantes".

D'après les chiffres de Propellet, la filière du chauffage au granulé de bois et pellet produit 2 millions de tonnes de combustibles par an dans ses 75 usines, de quoi alimenter plus de 2 millions de foyers équipés de poêles et chaudières.


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