Inconfort d'été : "L'isolation, c'est la base, et cela marche très bien", Édouard Bastien (GCCP)
XPair : En ce début d'été 2026, comment se portent les entreprises adhérentes du GCCP ?
Édouard Bastien : Le GCCP est le syndicat des artisans et entreprises de génie climatique et couverture-plomberie du Grand Paris, rattaché à la FFB (Fédération française du bâtiment) pour son maillage régional, complémentaire au maillage national de l'UMGCCP pour l'ensemble du territoire national. Le GCCP a élu à sa tête un nouveau président en avril, Éric Simar. Je porte ici la parole du syndicat en ma qualité d'ancien président.
Pour répondre à votre question, le marché francilien est en demi-teinte. Nous subissons depuis la dissolution de juin 2024 un coup de frein de la part de nos clients particuliers, comme les syndics de copropriétés, qui ne voient pas de perspectives et restent dans l'attentisme. Il y a eu certes un effet Jeux Olympiques, puis une reprise timide à l'automne 2025, mais de nouveau un coup d'arrêt début 2026 avec le blocage du détroit d'Ormuz.
Nous sommes dans une période mi-figue mi-raisin, avec des particuliers qui attendent de voir à quelle sauce ils vont être mangés. La clientèle du Grand Paris guette sans doute la véritable fin du conflit en Iran mais je crains qu'il faille en réalité attendre l'élection présidentielle de 2027 pour observer un véritable retournement dans l'attitude de nos compatriotes franciliens. S'ils ont confiance, ils construiront, rénoveront, financeront… Mais pour l'instant, on sent davantage un phénomène de retrait.
Comment votre syndicat a-t-il réagi au plan d’électrification du bâtiment et à la fin annoncée des systèmes au gaz dans le neuf ?
É. B. : Le GCCP plaide pour un mix énergétique : nous sommes d'accord pour ne plus avoir de combustibles fossiles mais le gaz vert peut être une alternative. Il est préférable d'avoir un bouquet de productions énergétiques car on risque d'avoir un problème si l'on met tous nos œufs dans le même panier.
La France bénéficie d'une électricité pas chère et décarbonée grâce au nucléaire et à l'hydroélectrique, cependant il faut garder le gaz pour certains usages, notamment industriels. À Paris, un propriétaire qui possède une chaudière à gaz depuis 30 ans ne va pas forcément changer de système de chauffage "simplement" à cause de la guerre en Iran...
La France en est déjà à son troisième épisode de canicule depuis la fin mai 2026, avec un ressenti encore plus étouffant dans les grandes villes. Comment les technologies CVC peuvent-elles permettre de vivre sous les toits ?
É. B. :
"Dès qu'il est envisageable d'installer des protections solaires, nos entreprises le font. C'est ensuite aux usagers du bâtiment de faire preuve de bon sens."
Quand on refait aujourd'hui une toiture parisienne, il faut prévoir l'isolation des combles. En termes de solutions, il existe aujourd'hui des isolants multicouches assez minces qui permettent d'atteindre un R (coefficient d'isolation) de 4 à 7, sachant que le PLU (plan local d'urbanisme) bioclimatique fixe comme objectif de tendre vers le 10. Cela apporte à la fois du confort d'été comme du confort d'hiver. L'isolation, c'est la base ! Et cela marche très bien.
Le phénomène de déphasage doit aussi être pris en compte, autrement dit le temps que la chaleur va mettre pour pénétrer le matériau. Nos professionnels savent faire : le geste des couvreurs-ornemanistes a été classé à l'Unesco (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) en novembre 2025. Le zinc chauffe plus vite mais il refroidit plus vite aussi, donc son inertie est très bonne la nuit, contrairement à la tuile. Et la ventilation nocturne joue aussi un rôle très important.
On parle beaucoup également de protections solaires...
É. B. : Il existe déjà des stores intérieurs comme extérieurs, des stores bannes, des brise-soleil, des volets... Dès qu'il est envisageable d'installer des protections solaires, nos entreprises le font. C'est ensuite aux usagers du bâtiment de faire preuve de bon sens : quand il fait très chaud en journée, il faut fermer les volets et les rouvrir le soir venu afin de permettre la ventilation nocturne.
Le raccordement aux réseaux de froid peut-il être une bonne alternative à la climatisation ?
É. B. : Se brancher à un réseau de froid comme ceux de Fraîcheur de Paris ou de CPCU (Compagnie parisienne de chauffage urbain) peut effectivement être une solution évitant de recourir à la climatisation. Dans Paris, la complexité peut néanmoins éventuellement résider dans le fait de savoir où placer les unités extérieures et comment gérer les contraintes de vue et de bruit.
Mais nos entreprises de génie climatique et couverture-plomberie qui interviennent s
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