Inconfort d'été : 19 millions de Français ont déjà dû s'absenter de leur logement
L'été 2026 aura été infernal pour une écrasante majorité de Français, qui ont déjà changé leurs habitudes et ont mis en œuvre des solutions spécifiques. C'est ce que confirme la première enquête de l'Observatoire Leroy Merlin réalisée par Leroy Merlin Source (une structure d'étude réunissant des chercheurs, des architectes ou encore des ingénieurs) et l'institut Ifop auprès de 6.000 de nos compatriotes au mois de juin dernier. Voici les principaux chiffres qu'il faut en retenir.
92 % des moins de 30 ans ont vécu l'inconfort d'été dans leur logement
Si les personnes âgées cristallisent les inquiétudes sanitaires, 57 % des personnes de moins de 30 ans indiquent avoir déjà dû quitter leur logement temporairement à cause des canicules. Soixante-dix pour cent d'entre eux assurent avoir vu un impact sur leur santé physique ou mentale, à tel point qu'ils sont 65 % à envisager de déménager.
"La vulnérabilité des jeunes adultes n'est pas physiologique, mais liée aux conditions de leur habitat. Souvent locataires de petits appartements urbains très exposés, ils subissent une double peine : une forte exposition couplée à l'absence de pièce de répit climatique pour récupérer", décrypte la responsable de Leroy Merlin Source, Claire Letertre.
36 % des Français envisagent de déménager à cause de la surchauffe estivale
Une proportion qui monte à 42 % en région parisienne, et même 61 % parmi les occupants de logements très mal isolés. Les trois quarts des sondés déclarent avoir été confrontés à au moins un problème en lien avec les aléas climatiques dans leur logement au cours des deux dernières années : 41 % d'entre eux citent les fortes chaleurs, 21 % l'humidité et 20 % le froid. Ils sont par ailleurs 43 % à avoir du mal à dormir pendant les canicules.
"Nous n'avons pas une culture de la chaleur en été aussi riche que celle qui consiste à passer l'hiver bien au chaud. Une approche qui part des corps et agit à l'échelle de l'aménagement redonne des leviers d'action aux occupants, même locataires."
- Lucile Sauzet, chercheuse partenaire de Leroy Merlin Source
Trois Français sur dix considèrent en outre que leur logement risque de devenir inhabitable en prévision des futures vagues de chaleur, appelées à se multiplier du fait du changement climatique. Là aussi, cette part grimpe à 43 % parmi les habitants de l'Île-de-France.
Claire Letertre parle de "délocalisation estivale" pour qualifier ce phénomène qui a déjà concerné 19 millions de nos compatriotes et qui prend de l'ampleur. "Fuyant des logements invivables, certains habitants cherchent un refuge temporaire à la campagne ou en bord de mer", analyse-t-elle, relevant toutefois au passage une forme de "fracture sociale" entre ceux ayant les moyens de se le permettre, et les autres. Sur ce point, 39 % des locataires déclarent vivre dans un logement inconfortable l'été, et 58 % d'entre eux estiment ne pas pouvoir (ré)agir face à cette situation.
32 % jugent que l'amélioration de l'isolation est efficace
Sans surprise, l'étude de l'Observatoire Leroy Merlin met également en lumière que les logements très mal isolés sont les premiers à souffrir de la hausse du mercure. Essentiellement construites entre 1946 et 1970, ces habitations sont perçues comme étant les plus difficiles à vivre l'été pour plus de la moitié (52 %) des répondants. Ces derniers sont 32 % à juger que l'amélioration de l'isolation fait partie des solutions les plus efficaces.
Le constat varie néanmoins selon la région. La géographie du confort d'été ne suit visiblement pas celle des températures, si l'on en croit l'enquête : alors que 34 % des Franciliens trouvent leur logement inconfortable lors des vagues de chaleur et qu'un habitant sur deux des Hauts-de-France voit ses nuits raccourcies lors des canicules, seulement 18 % des Bretons dressent ce même constat. De même, les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur, Corse et Occitanie "apparaissent plus avancées dans l'adaptation des logements".
25 % ont installé une climatisation, 18 % des protections solaires extérieures
Malgré tout, l'Observatoire Leroy Merlin souligne que nos compatriotes ne restent pas les bras croisés et cherchent au contraire des solutions pour améliorer leur bien-être. Neuf personnes sur dix interrogées dans le cadre de cette étude disent avoir changé au moins une habitude pour surmonter les fortes chaleurs : fermer les volets et fenêtres durant la journée (pour 63 % d'entre eux), aérer la nuit (61 %) et limiter l'utilisation d'appareils générant de la chaleur (35 %).
Ils sont aussi 63 % à avoir investi dans des équipements : l'installation d'une climatisation arrive en tête des réponses (25 %), suivie par la réalisation de travaux d'isolation (21 %) et la pose de protections solaires extérieures (18 %).
Pour Lucile Sauzet, chercheuse partenaire de Leroy Merlin Source, "nous n'avons pas une culture de la chaleur en été aussi riche que celle qui consiste à passer l'hiver bien au chaud. Une approche qui part des corps et agit à l'échelle de l'aménagement redonne des leviers d'action aux occupants, même locataires." Selon elle, "l'enjeu est autant culturel que technique : de la 'thermoéducation populaire' pourrait permettre à toutes et tous de retrouver une capacité d'action sur son environnement".
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