Des salariés des ENR demandent une planification énergétique "à la hauteur des enjeux"

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 17 septembre 2026
© iStock/Eva Blanco
Un technicien installant des panneaux solaires photovoltaïques sur le toit d'une maison.
EMPLOI. Après avoir déjà battu le pavé en février dernier, ce collectif s'apprête de nouveau à descendre dans la rue. Ses membres espèrent conserver leurs emplois dans un contexte difficile pour la filière et appellent à "l'électrification rapide du pays".

Ils s'apprêtent de nouveau à descendre dans la rue. Un collectif apolitique de salariés (techniciens, développeurs, ingénieurs, chefs de projets, exploitants...) de la filière des énergies renouvelables, qui a reçu le soutien des centrales syndicales et dont XPair avait interviewé le porte-parole à l'issue de leur première mobilisation en février dernier, annonce vouloir encore battre le pavé à Paris (à l'occasion du colloque du SER – Syndicat des énergies renouvelables) et Montpellier le 29 septembre. Alors que les volumes manquent, le solaire photovoltaïque cristallise les inquiétudes des installateurs, qui craignent pour leurs emplois.

Dans un communiqué, les membres du collectif demandent ainsi "une trajectoire claire et stable pour les ENR, permettant aux entreprises, aux collectivités et surtout aux salariés de se projeter sur le long terme", refusant que la transition énergétique serve "des intérêts politiques court-termistes". En vue de l'élection présidentielle de 2027, ces salariés exigent "une politique énergétique à la hauteur des enjeux climatiques, sociaux et environnementaux, pour donner une chance aux citoyens d'aujourd'hui et de demain de vivre dans un monde habitable".

La première mobilisation, qui avait réuni un millier de personnes, épinglait déjà une PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie) "tout à fait insatisfaisante, avec des appels d'offres revus à la baisse, des investissements ralentis et une casse sociale qui s'accélère avec déjà plus d'une dizaine de milliers d'emplois directs et indirects supprimés depuis 2025", font-ils encore valoir. Ils pointent les "plans de sauvegarde de l'emploi (PSE), ruptures conventionnelles collectives, licenciements, suppressions de postes, gels des embauches et départs non remplacés" impactant des entreprises du secteur telles que "Urbasolar, Valorem, Boralex, Elements, Voltalia, RWE, Iberdrola, Okwind, Tenergie, Lhyfe".

Une politique énergétique "guidée par les prix de marché"

Fustigeant "les revirements politiques du Gouvernement en place, encouragés par de nombreux partis, ainsi que la politique énergétique guidée par les prix de marché, décorrélés des coûts de production", le collectif rejoint malgré tout la ligne de l'exécutif – et d'une majorité d'industriels du génie climatique et des ENR – en reconnaissant qu'il "faudra électrifier (...) le chauffage (...) et en conséquence développer les ENR, les réseaux ainsi que le stockage, tout en allant vers plus de sobriété".

Selon lui, le recul des appels d'offres et des mécanismes de soutien pour les installations photovoltaïques en toitures et ombrières plombe néanmoins cette ambition, tout comme la dégradation du prix de rachat de l'électricité et le ralentissement des délivrances d'autorisations. "Comme le rappelle RTE dans son dernier bilan prévisionnel, l'électrification rapide du pays est la clef d'une sortie des fossiles. Pourtant, aujourd'hui, l'électrification avance trop lentement tandis que la filière renouvelable est brutalement freinée", conclut-il.


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