Des collectivités demandent à Matignon de faire monter en puissance le Fonds chaleur

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 29 mai 2026
© iStock/Eric Bascol
Une centrale de cogénération de chauffage urbain.
ENR. Des dizaines d'élus locaux ont adressé une lettre ouverte au Premier ministre Sébastien Lecornu pour souligner le rôle du dispositif dans la transition énergétique des territoires, et réclamer au passage son renforcement.

Le Fonds chaleur doit être maintenu, et même renforcé. C'est le message adressé par des dizaines d'élus locaux, adhérents de l'association Amorce, dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu. Ces représentants de collectivités locales y insistent sur le rôle du dispositif piloté par l'Ademe (Agence de la transition écologique) dans la décarbonation des territoires, et réclament au passage son renforcement.

Rappelant que "plus d'un millier de réseaux de chaleur ont été développés dans les territoires urbains comme ruraux (...) grâce au Fonds chaleur" pour alimenter "déjà près de trois millions d'équivalent logements grâce à des énergies locales, renouvelables, décarbonées et à coûts maîtrisés", les signataires soulignent "son rapport coût-bénéfice" favorable à la sortie des combustibles fossiles mais aussi aux finances publiques.

Selon eux, 2,6 milliards d'euros d'importations de gaz seront économisés chaque année en concrétisant les projets soutenus par le Fonds chaleur sur l'exercice 2025, ce dernier ayant également l'intérêt d'être "l'un des dispositifs publics les plus efficaces" d'après la Cour des comptes et l'Inspection générale des Finances. La DGEC (Direction générale de l'énergie et du climat) et l'Ademe sont d'ailleurs en train de plancher sur une manière "d'optimiser le fonctionnement" du dispositif.

"Complémentarité" entre électrification et chaleur renouvelable

Reste que les projets actuellement dans les tuyaux des collectivités nécessitent 1,5 milliard d'euros de subventions supplémentaires et qu'une éventuelle "inflexion" des pouvoirs publics sur le Fonds chaleur "reviendrait à freiner des dynamiques territoriales déjà engagées, solides et efficaces".

C'est pourquoi les élus d'Amorce demandent "à maintenir et renforcer l'ambition" du dispositif "à la hauteur des objectifs fixés dans la PPE (Programmation pluriannuelle de l'énergie), afin d'atteindre le développement attendu des réseaux de chaleur renouvelable d'ici à 2035".

Les signataires refusent en outre d'opposer l'électrification à la chaleur renouvelable et de récupération, jugeant que "ces deux piliers de la transition énergétique doivent être conduits conjointement, avec un même niveau d'ambition et dans une logique de complémentarité", sur la base de "moyens publics (...) cohérents et non concurrents".


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