Après le plan d'électrification, bientôt un plan en faveur de la chaleur renouvelable ?
Les réseaux de chaleur et de froid confirment leur intérêt économique pour les territoires. L'édition 2025 de l'enquête qui leur est consacrée chaque année par la Fedene (Fédération des entreprises de services en énergie et environnement) et Amorce (association de collectivités engagées dans la transition énergétique), sous la supervision du SDES (Service des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique), indique en effet une certaine stabilité de leurs prix en comparaison à la forte volatilité des marchés énergétiques engendrée notamment par la guerre en Iran.
En 2024, la chaleur livrée par les 1.041 réseaux de chaleur de l'Hexagone a ainsi bondi de 9,3 % par rapport à 2023, cumulant 32,3 térawattheures. D'après l'enquête, le bouquet énergétique de ces infrastructures a atteint un taux d'énergies renouvelables et de récupération de 67 %, conséquence selon les professionnels du secteur de "la poursuite des investissements réalisés par les collectivités dans ces solutions locales et durables".
Avantage compétitif sur le coût global
Pour rappel, 42 % de l'énergie consommée en France servent à se chauffer, pour une production reposant encore essentiellement sur des combustibles fossiles importés. À ce titre, l'intégration croissante d'ENR&R dans les réseaux de chaleur permettrait donc de protéger davantage les territoires des fluctuations tarifaires. "En 2024, le prix moyen de la chaleur distribuée par les réseaux s'est ainsi établi à 104,7 € HT/MWh, en baisse de 3 % par rapport à 2023", souligne-t-on chez Amorce.
Et ce, alors que les tarifs des fossiles et de l'électricité reculaient dans le même laps de temps. "Depuis 2019, l'avantage économique des réseaux de chaleur pour les consommateurs résidentiels s'est significativement renforcé. Le prix moyen des réseaux a en effet progressé de 40 %, contre respectivement 59 % pour le gaz et 57 % pour l'électricité."
Un comparateur de solutions de chauffage développé par l'association et le service de l'État France Chaleur Urbaine insiste par ailleurs sur la pertinence du réseau de chaleur en coût global, c'est-à-dire en cumulant les dépenses d'investissement, d'exploitation et de maintenance, pour le budget chaleur d'un ménage standard : en 2024, celui-ci s'élevait à 1.275 € TTC/an pour un réseau de chaleur, contre 1.420 € TTC/an pour une chaudière gaz collective.
Augmenter le Fonds chaleur
Les acteurs estiment donc qu'il est nécessaire de continuer à développer le maillage des réseaux de chaleur dans l'optique d'atteindre au moins les 54,5 TWh d'ENR par an fixés par la PPE 3 (Programmation pluriannuelle de l'énergie) à horizon 2035. "Dans cette perspective, le renforcement des dispositifs d'accompagnement apparaît indispensable, tant sur le plan technique que financier", affirme Amorce, défendant en particulier une hausse du Fonds chaleur à 1,5 milliard d'euros, contre 800 millions actuellement.
Un plan pluriannuel de financements serait par ailleurs le bienvenu afin de donner de la visibilité aux collectivités. De même, le secteur de la chaleur renouvelable demande aux pouvoirs publics de créer "un groupe de travail national dédié à la chaleur pour définir des actions immédiates et à moyen terme", sur le modèle, et en complément, du plan d'électrification du bâtiment.
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