De Dietrich accélère dans la thermodynamique et élargit son offre aux fortes puissances
De Dietrich veut changer d’échelle sur le marché de la thermodynamique. Historiquement très présente dans le chauffage et la chaudière, la marque entend désormais reproduire dans la pompe à chaleur la position qu’elle occupe sur ses marchés traditionnels.
"Nous sommes un acteur majeur du chauffage. Notre ambition est d’avoir, sur la thermodynamique, la même place que celle que nous avons historiquement sur le marché de la chaudière", explique Jordi Mestres, président de BDR Thermea France. Dans le résidentiel, le groupe entend capitaliser sur un parc de plus de quatre millions de foyers équipés et sur son réseau d’installateurs.
"Nous avons environ 2.000 installateurs partenaires très loyaux à la marque. Notre objectif est aussi de développer des produits adaptés à leurs besoins et de faciliter la vie de l’installateur", poursuit-il. Cette stratégie s’appuie notamment sur le centre de compétences de Mertzwiller, en Alsace, où plus de 200 ingénieurs travaillent sur les technologies du groupe. Le site dispose d’environ 3.000 m² de laboratoires de R&D et de plusieurs chambres climatiques permettant de tester les équipements thermodynamiques dans différentes conditions de fonctionnement.

Le laboratoire de R&D de De Dietrich à Mertzwiller, en Alsace. © De Dietrich
Changement d'échelle
Mais l’un des principaux relais de croissance se situe désormais dans le collectif, le tertiaire et l’industrie. L’acquisition de G.I. Holding par BDR Thermea lui donne accès à Clint, spécialiste des équipements CVC de moyenne et forte puissance. "Clint nous permet véritablement de changer d’échelle", souligne Jordi Mestres. "Nous pouvons désormais électrifier tous types de bâtiments et intervenir sur des niveaux de puissance très différents."
L’offre commercialisée en France doit ainsi couvrir des besoins allant d’environ 4 kW à plusieurs mégawatts, de la maison individuelle aux hôtels, établissements de santé, bâtiments tertiaires ou sites industriels. Le rachat d’Eurevia en 2023 complète cette stratégie. La société, spécialisée dans les systèmes de chauffage, de climatisation et de rafraîchissement par vecteur air, équipe notamment des navires de croisière.
BDR Thermea veut désormais transposer cette expertise aux bâtiments terrestres. Le confort d’été devient parallèlement un axe stratégique. "La canicule de cet été est un phénomène important, mais elle consolide surtout une tendance climatique. Nous devons nous adapter à court terme", estime Jordi Mestres.
Une montée en puissance de la PAC suspendue à la stabilité réglementaire
"Après les annonces du Gouvernement sur le plan d’électrification, nous avons l’espoir et la confiance que le marché va se développer", affirme Jordi Mestres. À une condition : offrir davantage de visibilité aux industriels et aux professionnels. "Ce dont nous avons surtout besoin, c’est de stabilité : stabilité des règles et stabilité des aides", insiste-t-il.
"Depuis le mois de mai, nous observons de notre côté une tendance plus positive", voyant dans les orientations annoncées jusqu’à 2050 "une vraie volonté d’électrifier". La conséquence devrait être un profond rééquilibrage du portefeuille de la marque. "Si ce plan d’électrification se poursuit, oui, nous pensons que la pompe à chaleur va devenir le produit phare", affirme-t-il.

L’acquisition de G.I. Holding par BDR Thermea lui donne accès à Clint, spécialiste des équipements CVC de moyenne et forte puissance. © De Dietrich
"Nous voulons rester neutres technologiquement"
À terme, la thermodynamique pourrait même devenir majoritaire dans le chiffre d’affaires français de l’entreprise. "Nous ne sommes pas encore prêts à donner un chiffre précis, mais l’activité liée à la thermodynamique devrait devenir majoritaire. La vitesse à laquelle cela arrivera dépendra évidemment du marché."
De Dietrich ne prévoit cependant pas de basculer vers un modèle exclusivement électrique. "Nous voulons rester neutres technologiquement. Nous devons pouvoir agir sur tous les types de bâtiments", insiste Jordi Mestres. Le groupe conserve donc notamment des systèmes hybrides et estime que le gaz renouvelable pourra encore constituer une alternative pour certains usages. Cette transformation passe enfin par une approche plus globale du bâtiment.
"À moyen et long terme, nous allons vers davantage d’électricité, mais aussi davantage de connectivité et d’intelligence dans les systèmes", explique le dirigeant. De Dietrich développe pour cela ses propres logiciels afin de piloter ses équipements sans dépendre uniquement de fournisseurs extérieurs. "L’enjeu est de construire un écosystème global", résume Jordi Mestres.
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