Chauffage : le bois n'arrive pas à se démarquer dans un marché tourmenté
Comment s'est porté le marché des appareils domestiques de chauffage au bois en 2025 ? C'est pour répondre à cette question que l'Observatoire des énergies renouvelables (Observ'ER) vient de publier une étude réalisée avec le soutien financier de l'Ademe (Agence de la transition écologique), et basée sur les données de ventes de poêles à bois, foyers fermés et inserts, chaudières individuelles de moins de 36 kilowatts et cuisinières collectées auprès de 138 fabricants et importateurs entre janvier et février 2026.
Il s'avère que le marché des appareils domestiques de chauffage au bois s'en sort mieux en 2025, avec un petit recul de 2,3 % de son activité, qu'en 2024, où elle avait plongé de 30 %. Si 290.510 unités se sont écoulées l'an dernier (dont 79 % de poêles, 16 % de foyers fermés et inserts, 4 % de chaudières et 1 % de cuisinières), cette tendance reste nettement inférieure à celle de 2020, un exercice pourtant marqué par la pandémie de Covid et les confinements sanitaires. Depuis 2022, le marché a perdu 43 % de son activité, soit plus de 222.000 appareils. La filière affiche même globalement son plus faible niveau d'activité depuis 14 ans pour chaque segment de marché.
Le contexte économique n'a évidemment pas aidé. "Les incertitudes économiques et politiques sur l'avenir n'ont pas incité les particuliers à investir. Les ménages qui avaient un équipement de chauffage vieillissant mais encore fonctionnel ont plutôt reporté l'achat d'un nouvel appareil", analyse Observ'ER. "Le dispositif MaPrimeRénov' a vu ses barèmes d'aides être diminués en début d'année et, pour la mesure des rénovations globales, a été suspendu pendant plusieurs mois. Enfin, le secteur du chauffage au bois a vu se poursuivre une communication négative associant le chauffage au bois, dans son ensemble, aux pics d'émissions de particules."
Les bûches souffrent, les granulés résistent
Observ'ER relève d'autres phénomènes à l'œuvre. Le marché tend par exemple à se déséquilibrer entre appareils manuels (donc à bûches) et appareils automatiques (à granulés) : les ventes des deux catégories se répartissaient à peu près de manière égale entre 2019 et 2022, mais les manuels ont depuis pris l'ascendant, bien que leur part de marché se rétrécisse au fil du temps.
En 2025, ils représentaient ainsi 57 % des ventes (à comparer aux 65 % de 2024), soit 164.990 appareils, contre 43 % pour les automatiques (par rapport aux 35 % de 2024), soit 125.520 appareils. Le baromètre souligne d'ailleurs que "malgré deux années consécutives de croissance, les volumes d'appareils à granulés écoulés ne représentent que 49 % de ceux de 2022".
Dans le détail des segments, 229.990 poêles ont été vendus en 2025, en quasi-stagnation (+0,3 %) par rapport à 2024. Les poêles automatiques à granulés renouent avec la croissance qu'ils avaient connue au début des années 2020 tandis que les poêles manuels ont vu leurs ventes être divisées par plus de deux en seulement deux ans. Alors qu'un phénomène de stocks avait pu expliquer cette situation en 2024, cela n'était plus valable en 2025 d'après Observ'ER, qui estime que "la diminution du marché des poêles à bûches est pleinement due à une baisse de la demande".
Petite progression des chaudières
Eux aussi profondément ancrés dans l'usage de la bûche, les foyers fermés et inserts ont de même connu un nouveau recul de leur marché l'an dernier. En atteignant péniblement les 46.750 unités, ce segment enregistre une perte de plus de 35.000 ventes en deux ans, soit une dégringolade de 43 %.
Certes, les appareils à granulés ont été logés à une meilleure enseigne : avec 5.550 unités, ils ont vu leur activité s'envoler de 62,3 %. "Ce bon résultat est uniquement dû aux inserts à granulés, mais globalement, ces sous-segments restent toujours des marchés de niche", tempère cependant le baromètre.
Les chaudières sont quant à elles parvenues à faire un peu progresser leur activité en 2025, avec 11.020 appareils vendus, ce qui représente une hausse de 2 %. "Le bon résultat d'ensemble est le fruit du rebond des ventes de chaudières à granulés, qui progresse de près de 17 % en 2025 (8.060 unités)", précise Observ'ER, soit leur première croissance depuis 2022.
"A contrario, dans un contexte global de consommation des ménages en berne, les chaudières à bûches ont enregistré une chute de 27,5 % de leur activité." Une contre-performance qui se traduit par seulement 2.500 unités écoulées, soit leur plus bas niveau d'activité depuis 2012.
Les pompes à chaleur font toujours la course en tête
Historiquement un marché de niche, les cuisinières à bois ont malgré cela subi "une année 2025 noire" avec un plongeon de 42,1 % de leurs ventes, pour finir à 2.750 unités. Le baromètre précise que "tous les sous-segments sont en baisse dans un domaine où les appareils à granulés sont très minoritaires par rapport à ceux de bûches".
En élargissant la focale au marché des systèmes de chauffage central individuel (environ 1,38 million d'unités en 2025), Observ'ER constate que les pompes à chaleur air/air font toujours la course en tête : après avoir représenté 45,5 % des ventes en 2022, elles sont passées à 55,1 % en 2025. Les PAC aérothermiques dans leur globalité, donc les modèles air/eau et air/air, totalisent 68,3 % des équipements de chauffage central individuel écoulés en 2025.
Dans ce panorama, "les chaudières bois sont une niche représentant moins de 1 % du marché de 2025", alors que cette part était de 2,8 % en 2022, "son niveau le plus haut au cours des huit dernières années", conclut le baromètre d'Observ'ER.
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