Chahuté en 2025, le Cetiat se projette sur deux chantiers majeurs en 2026
Le Cetiat veut tourner la page en 2026. Le bilan 2025 du Centre technique des industries aérauliques et thermiques, année de son soixante-cinquième anniversaire, a été affecté par la conjoncture déjà morose de la filière CVC. Basé à Villeurbanne, dans le Rhône, la structure a elle aussi fait les frais d'un marché de la construction neuve qui a enregistré un record historiquement faible de mises en chantier. Le sursaut qu'a connu celui de la rénovation en fin d'exercice n'a pas suffi à compenser cette perte d'activité.
"En matière de politique publique, les aides MaPrimeRénov' ont connu 14 versions en deux ans. Cette instabilité créé une véritable difficulté de compréhension pour les usagers et freine les décisions d'investissement", analyse le président du Cetiat, Yves Fanton d'Andon. Une "bonne nouvelle" malgré tout : "Les pouvoirs publics envisagent de réorienter le Coup de pouce des CEE (Certificats d'économies d'énergie) vers les pompes à chaleur hydrauliques". Car le marché des PAC air/eau n'a écoulé que 180.000 unités l'année dernière, à comparer aux 355.000 vendues en 2022.
Développement des PAC collectives et hybrides
Dans ces conditions, le chiffre d'affaires du centre technique a reculé pour atteindre 13,5 millions d'euros. La collecte de la taxe fiscale affectée (TFA) s'est quant à elle stabilisée à 4,7 millions d'euros, de quoi rassurer les professionnels après la chute de 14 % enregistrée en 2023. Grâce notamment aux études collectives, le Cetiat assure avoir dépassé ses objectifs fixés dans le cadre de son COP, le Contrat d'objectifs et de performance, dans les domaines de la décarbonation, de la sobriété énergétique et de l'économie circulaire (1,8 million d'euros consacré), ainsi qu'en matière de confort, de santé et de sécurité.
Ses recherches sur la performance énergétique et environnementale du résidentiel collectif et du tertiaire se focalisent actuellement sur le développement des PAC collectives et hybrides, plus précisément sur la manière de lever les freins (coûts, intégration, durabilité...) qui pénalisent aujourd'hui leur croissance. Les équipes du centre se penchent aussi sur les biocombustibles (liquides à base d'EMAG, biométhane et biopropane rDME), pour lesquels elles caractérisent les propriétés physicochimiques, évaluent leur impact sur le fonctionnement des installations et envisagent leur déploiement en France.
Dans son bilan 2025, le Cetiat totalise 8,5 millions de prestations, avec toutefois des évolutions diverses selon les catégories. Si ses activités d'étalonnage progressent, son activité formation s'effondre en revanche de 33 %. Une situation qu'il explique par "la baisse des formations dédiées aux installateurs pour l'obtention du label RGE (Reconnu garant de l'environnement)", qui concernerait surtout les installateurs de panneaux solaires photovoltaïques. Pour le reste, les essais stagnent autour de 2,2 millions d'euros et les études sont en retrait, essentiellement sur la décarbonation des processus industriels.
Modernisation des moyens d'essais
"La trajectoire de décarbonation est en panne. Le contexte économique et les incertitudes géopolitiques ont conduit de nombreux industriels à reporter leurs projets d'investissement", décrypte Pierre Claudel, directeur général du centre technique. "Nous devons néanmoins rester mobilisés pour accompagner la transition énergétique de la filière." Ce qui passe par plusieurs projets innovants, comme les essais terrain qui ont été menés sur le biofioul F100 dans le résidentiel.
Malgré ces temps difficiles, le Cetiat a aussi investi 900.000 € en 2025 pour renforcer ses capacités de production. Parmi eux, "la sécurisation des plateformes d'essais dédiés aux PAC utilisant des nouveaux fluides frigorigènes inflammables a constitué un axe structurant, ouvrant la possibilité de tester un très large éventail de configurations de PAC". La moitié des investissements a en outre servi à moderniser les moyens d'essais, par exemple en renouvelant les analyseurs acoustiques et les étalons en métrologie.
Évaluation des CEE dans l'industrie
La tendance actuelle permet au Cetiat d'envisager un chiffre d'affaires de 13,8 M€ pour l'exercice 2026, réparti entre les actions collectives (4,9 M€) et les prestations (8,9 M€), tandis qu'un million serait fléché vers les investissements. La structure se positionne surtout sur deux projets majeurs en lien avec les politiques publiques. Dans le cadre du programme Prodicee (Programme d'information du dispositif des certificats d'économies d'énergie), il interviendra tout d'abord auprès des industriels pour évaluer l'efficacité des CEE, et le cas échéant formuler des propositions pour les améliorer.
Il apportera ensuite sa pierre à l'édifice de l'électrification du bâtiment en participant aux travaux du Cepac, le Centre d'expertise dédié aux pompes à chaleur, dont il fait partie des fondateurs aux côtés de l'Afpac (Association française pour les pompes à chaleur), la société de gestion Domofinance, EDF et le groupement Uniclima. Alors que cette nouvelle entité a vocation à promouvoir les PAC auprès de l'ensemble des acteurs du CVC, le Cetiat "apportera son expertise en performance thermique et acoustique des installations de PAC".
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