Pourquoi l'État est accusé de placer la filière biométhane "dans une impasse"
"Le biométhane est prêt à accélérer son développement, à condition que l’État adresse rapidement un signal politique clair et concret." C'est l'appel lancé conjointement par France Gaz, l'Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AMMF), France Gaz Renouvelables, le réseau Biogaz Vallée et le Syndicat des énergies renouvelables (SER).
Leur principal grief ? Que la consultation publique sur la trajectoire post-2028 des certificats de production de biogaz (CPB) soit, pour l'heure, restée sans suite. "Avec plus de 800 installations de production de biométhane raccordées aux réseaux gaziers et près de 16 térawattheures de capacités annuelles d’injection, et autant de sites produisant du biogaz pour la cogénération, la filière des gaz renouvelables est aujourd’hui pleinement lancée", assurent-ils.
Or, l'absence de décision de l'exécutif sur l'avenir des CPB, et plus largement sur la visibilité nécessaire aux producteurs de molécules renouvelables, paralyserait "plus d'un milliard d'euros d'investissements" fléchés vers des projets "matures".
La France, championne d'Europe du biométhane
Une réunion du Groupe national d'échanges biogaz, initialement prévue ce 12 juin sous l'égide notamment du ministère de l'Énergie, a été reportée sine die, laissant les acteurs perplexes au moment où la guerre en Iran amène les pouvoirs publics à vouloir électrifier tous azimuts, particulièrement à l'aide de la pompe à chaleur, pour contrebalancer les importations de gaz fossile.
"Nous ne pouvons plus attendre. Les porteurs de projets ont besoin de visibilité dès maintenant, qu’il s’agisse de sécuriser le développement de nouveaux sites ou d’accompagner l’évolution des installations existantes, notamment les unités de cogénération arrivant en fin de contrat, tant en matière de conversion vers l’injection que de solutions pérennes aux plus petites installations", affirment les cinq signataires.
Rappelant que l'Hexagone occupe aujourd'hui la première place européenne en matière de production de biométhane, ils estiment que "chaque mois perdu retarde des investissements, des emplois et des volumes de gaz renouvelable indispensables à l’atteinte des objectifs climatiques et énergétiques de la France". La filière demande donc logiquement au Gouvernement de publier "rapidement" les textes fixant la trajectoire des CPB pour l'après-2028.
