"Relance logement" : le projet de révision du CEP/CEF de l'électricité fait grincer des dents
Certains acteurs du bâtiment ne veulent pas entendre parler d'une nouvelle baisse du coefficient d'énergie primaire et d'énergie finale (CEP/CEF) de l'électricité, mais c'est pourtant l'une des mesures du projet de loi "relance logement" que le Gouvernement a récemment présenté. "Stable pendant 45 ans, de 1976 à 2021, ce coefficient, censé traduire une réalité physique, a fait l'objet de multiples modifications contestables depuis quelques années : de 2,58 à 2,3 en 2021, puis de 2,3 à 1,9 au 1er janvier 2026, et demain potentiellement de 1,9 à 1,7", épingle ainsi Coénove.
D'après l'association promouvant la complémentarité des énergies dans le bâtiment, "la nouvelle baisse envisagée modifierait, une fois encore, les règles du diagnostic de performance énergétique (DPE) et risquerait d'aggraver la précarité énergétique en améliorant artificiellement les étiquettes de nombreux logements, majoritairement les passoires énergétiques et bouilloires thermiques, sans travaux, sans baisse des consommations d'énergie et sans amélioration du confort ou des factures des ménages".
260.000 passoires thermiques de moins ?
Pour rappel, la baisse de 2,3 à 1,9 du CEP/CEF au 1er janvier 2026 a déjà eu pour conséquence de sortir environ 700.000 logements du statut de passoire thermique. Coénove estime qu'une nouvelle diminution à 1,7 conduirait 260.000 logements supplémentaires à ne plus être considérés comme des habitations énergivores.
L'association, qui plaide depuis toujours pour laisser une place au gaz dans le mix énergétique du bâtiment, y voit une manière de privilégier les systèmes à "effet Joule" et équipements de climatisation d'origine asiatique, et donc d'électrifier "à outrance" le parc tout en aggravant la "pointe électrique" hivernale.
"Jusqu'où ira cette aberration ? À force de modifier les indicateurs scientifiques pour améliorer les statistiques, on finit par perdre de vue l'objectif principal : rénover réellement les logements", fustige son président, Jean-Charles Colas-Roy. Selon lui, "changer artificiellement un coefficient ne réduit ni les consommations, ni les factures, ni la précarité énergétique. Ce n'est pas le CEP/CEF qu'il faut modifier, ce sont les bâtiments qu'il faut rénover."
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