Les Accompagnateurs rénov' paient le prix fort de l'incertitude autour de MaPrimeRénov'

Par   Corentin PATRIGEON

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Publié le 13 janvier 2026
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Illustration d'un projet de rénovation énergétique visant à améliorer le DPE d'un logement.
ANALYSE. La suspension du guichet à l'été 2025 et les modifications de forfaits qui ont suivi ont eu des impacts sur la trésorerie des opérateurs de la rénovation énergétique. L'Anah est pointée du doigt.

Mon accompagnateur rénov' (Mar) fait aussi les frais de l'instabilité de MaPrimeRénov' (MPR). C'est en tout cas ce qu'affirme l'association Rénomar dans une étude réalisée fin 2025 auprès de ses adhérents afin de mesurer l'impact économique de la suspension du guichet en juin dernier et des modifications de forfaits qui ont suivi. Les fameux "stop and go" sur la rénovation d'ampleur tant décriés par les acteurs de la filière semblent donc bien avoir mis en difficulté les opérateurs consultés dans le cadre de cette enquête.

Il ressort en effet de celle-ci qu'environ 9 Accompagnateurs rénov' sur 10 (86 %) ont rencontré des problèmes de trésorerie dans la foulée de la suspension de MPR, décidée à l'époque pour traiter les demandes déjà reçues et préparer la réponse contre la fraude. Parmi les principales difficultés opérationnelles rencontrées par les opérateurs de Rénomar, les délais d'octroi et de solde, ainsi que la disparité des modalités d'instruction sur le territoire du côté de l'Anah (Agence nationale de l'habitat) arrivent en première position.

L'objectif national atteint à moitié seulement

D'après l'association, qui déplore "en ce sens un manque de moyens alloués à l'Anah", cela pousserait "de nombreux ménages à se détourner du dispositif". L'acquisition de nouveaux clients s'avèrerait également problématique, allant jusqu'à "[vider] les carnets de commandes". La même enquête avance que plus de la moitié (55 %) des Accompagnateurs rénov' sondés ont par conséquent dû procéder à des licenciements et ont demandé du chômage partiel (27 %). Ils sont 28 % à envisager de prendre des mesures similaires dans le courant de l'année 2026.

Rénomar estime que cela représenterait environ 200 emplois supprimés, soit une baisse de 20 % par rapport aux effectifs existants avant la pause estivale de MPR, et jusqu'à 250 postes qui ne seraient finalement pas créés en comparaison aux prévisions initiales de ses adhérents. "À l'échelle de la filière Mar, cela représente près de 1.500 emplois menacés", ajoute son étude.

En décembre, l'association indiquait que "la situation n'[avait] pas évolué favorablement depuis octobre 2025" et que "la filière [était] presque à l'arrêt, comme en [témoignait] la non atteinte de la jauge de 13.000 dossiers prévue par le Gouvernement pour la période septembre-décembre 2025" : au 26 novembre 2025 à minuit, le site de l'Anah affichait que 6.625 dossiers avaient été déposés, soit 51 % de l'objectif fixé au niveau national pour le guichet MPR Parcours accompagné.


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