RE2020, décret Bacs, carbone : comment Actierra fait le "trait d'union" entre les métiers d'Ingérop

Par   Yousra GOUJA

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Publié le 24 mars 2026
© Ingérop
Christophe Roquel, directeur bâtiment durable d'Actierra, filiale d'Ingérop spécialisée dans l'expertise environnementale.
STRATÉGIE. Le Groupe Ingérop a intégré les enjeux de transition écologique du bâtiment dans sa stratégie en y dédiant une filiale : Actierra. Son directeur bâtiment durable, Christophe Roquel, illustre auprès d'XPair la manière dont ses équipes articulent conception bioclimatique, génie climatique et performance énergétique.

Face à l’urgence climatique et à l'évolution des réglementations environnementales, les acteurs de l’ingénierie doivent repenser leurs méthodes et leurs priorités. Le Groupe Ingérop a fait le choix d’intégrer pleinement ces enjeux dans sa stratégie en structurant une filiale dédiée à l’expertise environnementale, Actierra.

Son directeur bâtiment durable, Christophe Roquel, détaille à XPair la manière dont ses équipes articulent conception bioclimatique, génie climatique et performance énergétique pour accompagner la transition du secteur du bâtiment.

XPair : Comment définissez-vous aujourd’hui le positionnement stratégique d’Ingérop ?

Christophe Roquel : Les enjeux climatiques et énergétiques occupent aujourd’hui une place centrale dans la stratégie du Groupe Ingérop. Cette évolution s’est notamment concrétisée par la création d’Actierra, une filiale dédiée à l'expertise environnementale. Depuis deux ans, nos quelque 300 spécialistes de ces sujets au sein du groupe ont été rassemblés dans cette structure.

"La RE2020 agit comme un garde-fou carbone et oblige toute la filière à se confronter à la question de l’impact environnemental des solutions qu’elle propose."

À l’échelle d'Ingérop, qui réunit environ 3.700 collaborateurs dans le monde, cette organisation permet de mettre en avant et de structurer une expertise environnementale de plus en plus stratégique. De même, les 30 % de croissance qu’Actierra a enregistré en deux ans participent au développement du groupe.

Notre filiale intervient comme un trait d’union entre les différentes disciplines de la conception et de la réalisation. Nous nous situons à l’interface entre l’architecture, les ingénieries techniques et notamment le génie climatique. L’objectif est de recréer un dialogue entre l’architecte et l’ingénieur CVC, qui travaillaient parfois de manière séquencée.

La RE2020 constitue-t-elle selon vous un véritable levier de transformation ?

C. R. : La Réglementation environnementale 2020 agit comme un garde-fou carbone et oblige toute la filière à se confronter à la question de l’impact environnemental des solutions qu’elle propose. Les textes réglementaires ont permis de faire émerger cette prise de conscience et de généraliser les analyses de cycle de vie.

La RE2020 a également marqué une rupture importante avec la fin progressive de la chaudière gaz dans le bâtiment neuf ainsi qu'une orientation vers des solutions majoritairement électriques et le recours aux énergies renouvelables. Ce changement a été relativement rapide pour la filière, mais il a aussi stimulé l’innovation et l’adaptation des pratiques.

Comment accompagnez-vous concrètement vos clients dans l’application du décret Bacs ?

C. R. : Nous intervenons en groupement avec d’autres filiales d'Ingérop afin d’apporter une expertise globale sur le décret Bacs.

"Nous travaillons notamment sur l’intégration de matériaux biosourcés (issus du réemploi) et sur la réduction de l’impact carbone des lots architecturaux et techniques, y compris dans le CVC."

La mission débute par un diagnostic du patrimoine : les ingénieurs CVC du groupe visitent les bâtiments pour analyser les installations, tandis que GLI (un autre bureau d’études techniques filiale d'Ingérop, spécialisé pour sa part notamment dans la régulation et le CVC, NDLR) intervient sur les courants faibles et la GTB.

À partir de cet état des lieux, nous définissons un programme de travaux et une trajectoire de mise en conformité. C’est notamment le cas sur la métropole de Strasbourg, où nous réalisons actuellement ce diagnostic avant d’en assurer la maîtrise d’œuvre et le commissionnement des installations pour garantir la performance réelle des systèmes.

Dans vos projets récents, quels sont les principaux leviers de décarbonation ?

C. R. : Nous travaillons notamment sur l’intégration de matériaux biosourcés (issus du réemploi) et sur la réduction de l’impact carbone des lots architecturaux et techniques, y compris dans le CVC. Les analyses de cycle de vie font désormais partie intégrante de notre démarche, même si nous réalisions déjà ce type d’études avant même l’émergence de la réglementation actuelle.

D'une manière générale, nous intervenons désormais dès le premier coup de crayon de l’architecte afin de rationaliser la conception du bâtiment : compacité, enveloppe thermique, choix des matériaux, optimisation bioclimatique. Par ailleurs, nous avons intégré davantage de compétences thermiques et énergétiques au sein d’Actierra afin de renforcer cette approche globale.


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